Génération FM, un idéal de liberté qui résonne

generation fm

Qu’est-il advenu de la génération FM ? Cette bande de geeks déjantés des années 1970 et surtout 1980 qui géraient la diffusion d’ondes radiophoniques et prenaient le micro – souvent la nuit – avec une liberté d’expression totale. Il fallait certes du matos à l’époque pour des périmètres de diffusion in fine assez limités, mais la génération derrière les micros de l’explosion de la FM avait une telle pêche qu’on se demande comment les « radios libres » ont pu en arriver là. La diffusion par les ondes doit-elle forcément mourir à petit feu ?

À l’époque, les animateurs fonctionnaient avec des plages horaires plutôt floues, ne dépendaient bien sûr pas de Mediamétrie et des régies pub, insultaient librement (et un peu lâchement car derrière un micro) les auditeurs masos qui osaient les appeler, affichaient un détachement complet vis-à-vis de la déontologie des médias car ils n’en faisaient à cette époque pas partie. La radio, c’était leur petit chez eux, et souvent cette ambiance bistro convenait très bien aux auditeurs locaux.

Cet esprit a perduré pendant les années 1990 mais s’est effrité jusqu’à ce que le paysage de la radio soit tombé entre les mains de quelques groupes qui ont homogénéisé le marché, un phénomène finalement néfaste pour le développement du média radio qui devient aujourd’hui un croisement hybride d’émission radio/vidéo accessible sous forme de bibliothèque de médias à la iTunes, et distribué principalement via web et mobile. La distribution sur les ondes est toujours présentes, mais son heure est comptée.

Internet ? c’est bon, on a compris le truc, ça marche partout, c’est intrusif à mourir, et finalement, à part nous-mêmes, génération sacrifiée qui nous jetons à bras ouverts dans ce média sans recul historique aucun (comme nos grands-parents avec la télévision, ou les Indiens avec l’alcool), les générations futures souhaiteront probablement des modèles médiatiques plus équilibrés. Des modèles où internet, finalement média d’oppression par excellence, ne jouera pas un rôle si étouffant dans l’accès à l’information et à la culture. Finalement la radio a cela de rassurant que c’est un média qui dépend d’une structure physique locale, et que les auditeurs restent anonymes. La radio a un aspect plus communautaire, et plus respectueux vis-à-vis de la vie privée, des critères qui vont redevenir prioritaires avec le temps.

Personnellement, je pense que nous assistons à la mise à mort de la radio dont le principe est de diffuser dans un périmètre géographique donné une onde perceptible par des dispositifs électroniques simplissimes (donc low-tech). Les radios font de la vidéo en simultané, grosse erreur car le casting devient aussi physique, et les quelques gueules cassées qui ont fait péter les ondes hier ne passeront plus aujourd’hui. La radio dépend également des chiffres d’audimat, ce qui est logique mais ce qui freine surtout l’innovation. On ne peut pas risquer de se faire blacklister par des annonceurs, les budgets sont trop serrés. Du coup on minimise les risques et donc la prise d’initiative.

Bien sûr, difficile de se documenter sur l’histoire de la radio sans faire un parallèle avec celle d’internet, cette liberté absolue qui, quand elle atteint son paroxysme, fait exploser les consciences, et surtout fait bouger les lignes. L’Histoire a démontré avec Radio Caroline que l’innovation émerge de l’autonomie complète des groupes de création. Hors de tout contrôle, cette radio a drivé l’explosion du rock au Royaume-Uni dans les années 1960-1970. Alors que les radios d’État bloquait tout contenu jugé inapproprié pour le grand public, Radio Caroline diffusait depuis un bateau qui avait posé l’ancre dans les eaux internationales et alimentait Londres et les autres grandes villes du pays avec la musique qui a rythmé la génération hippie. Le jour où les autorités ont voulu saisir le bateau illégalement, la radio a relayé l’altercation en direct, ce qui a provoqué un repli des forces marines déployées sur place. Radio Caroline fut ce havre de liberté qui alimenta ce moteur culturel sans précédent que les gens chérissent. Lorsque la radio meurt, c’est ce genre de liberté qui meurt avec.

Je me permets de rapporter les propos extraits du documentaire diffusé sur Canal+ en 1992, 24h dans le milieu de la FM :

À la question, peut-on encore parler de radio libre aujourd’hui, on répond : « Il y a un vrai retour de la censure parce que maintenant c’est pénal. Avant y’avait le CSA qui donnait son avis, et maintenant c’est pénal. Moi je me suis battu à ma manière pour que les radios existent, pour qu’on puisse parler librement, je considère que c’est de salubrité publique quand on dit des conneries, de pouvoir faire sauter la soupape de la cocotte-minute. Aujourd’hui on veut remettre une chape de plomb comme ça, je trouve ça très dangereux, parce que il y aura toujours des fous, il y aura toujours des gens qui ont des choses à dire, c’est pas très grave. Les mots ne tuent pas, la liberté n’a jamais tué personne. Vouloir mettre un couvercle là-dessus, c’est très dangereux. »

Des propos qui résonnent encore aujourd’hui. Je recommande le visionnage complet de ce documentaire de 1992 où l’on voit Arthur, jeune, en compagnie de Stéphane Courbit, jeune lui aussi, affirmant « on fera un truc en béton armé ou on fera rien […] on veut une mécanique imparable, huilée. » Nous sommes en 1992…

Je recommande également le visionnage de la vidéo ci-dessous. Elle réunit les animateurs Max et Bob, des anciens de Fun Radio et Skyrock (avec François Deymier et Lionel Guiffant), qui se remémorent pendant 2 bonnes heures les anecdotes et l’esprit qui ont alimenté la génération FM :

Diversifier l’activité de son entreprise dès le début

graine entreprise

Il y a 10 ans, alors que je sortais tout juste de l’école, j’ai créé ma première entreprise. Côtoyant des entrepreneurs du milieu internet, je m’étais positionné comme professionnel de la communication sur le web 2.0. Bien que le créneau était porteur, l’entreprise n’a pas décollé. Cet échec, je l’attribue à une multitude de facteurs :

  • Inexpérience face au monde des affaires
  • Inexpérience dans l’administration d’une entreprise
  • Faible réseau professionnel
  • Instabilité familiale
  • Précarité financière
  • Activité peu diversifiée

Depuis, j’ai ajusté mes soucis familiaux, financiers, et je me suis plus familiarisé au monde des affaires et de l’entreprise de manière générale. J’ai également élargi mon réseau professionnel.

En ce qui concerne l’administration d’une entreprise, je me suis rendu compte que ça ne m’intéresse pas du tout, et que si je relançais une entreprise, il me faudrait de quoi payer des fournisseurs de services administratifs et légaux de confiance.

D’ailleurs, en contemplant l’idée de la création d’une nouvelle entreprise, je suis particulièrement intéressé par la manière de diversifier mon activité dès le début. Pourtant, beaucoup d’entrepreneurs ayant connu le succès diront que pour faire décoller son projet, il faut se concentrer sur une chose et l’exécuter à la perfection. Se diversifier serait comme éparpiller son esprit et ses ressources, réduisant les chances de réussite de chaque projet entrepris.

Mon expérience ne m’a pas enseigné exactement la même chose. Tout miser sur un produit a été la cause de mon premier échec. Tout d’abord, le service que je proposais était plutôt long à vendre (communication aux entreprises) mais je dépendais des revenus de l’entreprise pour vivre. Du coup, je mettais des grands coups d’accélérateurs, je travaillais d’arrache-pied pour faire connaître mon entreprise, mais je ne parvenais pas à casser le mur du temps qui me faisait face.

Avec le recul, je peux dire que j’ai inutilement consommé BEAUCOUP d’énergie pour rien. Cette énergie aurait dû être consommée pour d’autres projets qui auraient apporté les quelques revenus supplémentaires dont une entreprise a besoin pour vivre les premiers mois. D’autres projets auraient pu susciter plus d’intérêt que celui que je développais. J’ai abondamment arrosé une seule graine alors que j’aurai dû en arroser modérément plusieurs.

Je ne compte pas faire des croissants le matin et vendre des chauffages l’après-midi (encore que… écouter ce podcast). Des synergies doivent exister entre les projets entrepris pour centraliser leurs ressources, voir les fusionner si besoin est. Si certains projets ne prennent pas et ne suivent plus la logique de développement de l’entreprise, poubelle !

Ce n’est peut-être pas le conseil que l’on donne aux étudiants en école de commerce, mais je trouve l’entrepreneuriat beaucoup plus satisfaisant lorsque l’on peut s’aérer l’esprit en passant d’un projet à un autre.

Mybloglog et la disparition des communautés de blogueurs

mybloglog

À l’époque de l’avènement des blogs, les communautés de blogueurs cartonnaient. Mybloglog était le leader sur le marché. Le site offrait un widget qui permettait d’identifier les autres membres de la communauté qui venaient de visiter son blog, et surtout l’on pouvait soumettre le flux RSS de son blog afin de partager les nouveaux articles automatiquement avec la communauté. Technorati faisait aussi fureur, le site offrait un système de ranking des blogs, et cela permettait pour les professionnels de la comm online d’identifier les blogueurs influents.

En fait, il existait pléthore de communautés de blogueurs, et les rejoindre faisait partie des démarches SEO pour optimiser son blog et sa visibilité. Certains proposaient même de troquer du trafic : Je fais des points en visitant les blogs des autres membres de la communauté, et en échange les autres membres de la communauté visite mon blog à hauteur des points que j’ai accumulés. Certains services proposaient également un widget qui se positionnait à la fin des articles, et qui suggérait des contenus d’autres blogs en échange d’envoyer du trafic vers mon propre blog à hauteur du trafic que je donnais.

Après que Yahoo! ait racheté et tué Mybloglog, il semblerait que la mode des communautés de blogueurs se soit évaporée. Les sites qui se disent communautés de blogueurs aujourd’hui ne sont en fait que des plateformes de publication de billets. Le contenu n’est plus sur notre blog, mais sur la plateforme communautaire. Ainsi, on ne peut plus faire de revenus pubs, et les retombées SEO sont hyper-limitées. Ces sites tentent d’attirer des rédacteurs en leur proposant de mettre en avant leur expertise, ce qui est beaucoup moins intéressant.

Certes les réseaux sociaux ont pris le relais pour relayer les articles de blog sur la toile. Certes un lien publié sur Twitter bénéficiera de plus de (potentiel de) visibilité. Cependant, impossible avec les réseaux sociaux de faire un ranking des meilleurs blogs dans une catégorie donnée. Impossible d’identifier les blogueurs qui partagent les mêmes centres d’intérêts (enfin ça demande des efforts, et on ne sait jamais si on a tout exploré ou non). De plus, avec les réseaux sociaux, la discussion a quitté les espaces de commentaires et s’est éclatée sur la multitude de réseaux sur lesquels les liens sont partagés.

Cette remarque concerne également les sites dits Digg-like (link-sharing) : Où est passée la multitude de sites Digg-like qui animaient autrefois le web ? Reddit subsiste en anglais, mais ne pèse pas grand chose pour le petit blogueur français. Le fondateur de Youtube a racheté Delicious (une autre communauté tuée par Yahoo!) mais n’est pas parvenu à le relancer.

Bien que les évolutions du web de l’information soient satisfaisantes, je ne comprends pas pourquoi il n’existe pas de nouveau Mybloglog, une communauté spécifiquement dédiée au blogging, au partage de contenu, et à la découverte d’autres blogueurs. Pas de business model ? Je suis sûr qu’avec les nouveaux modèles de monétisation, et la forte démocratisation qu’a connu le web ces dernières années, ce genre de sites pourrait faire fureur et ranimer l’envie d’avoir son propre blog.

Le web se meurt

vide

(Ceci est un billet d’humeur)

Lorsque le web est arrivé sur nos écrans d’ordi, c’était un vent de liberté qui souffla dans nos foyers. A la fin des années 90, alors en pleine adolescence, je découvrais les chatrooms de Yahoo, les premiers moteurs de recherche, l’email (avec Juno gratuit). Les connexions étaient lentes (surtout avec le 56K), mais il s’agissait d’un univers vierge et porteur de nouvelles possibilités. Aurevoir démineur et solitaire !

Début 2000, je passais mes soirées de weekend à jouer à Unreal Tournament en réseau en écoutant des nouveaux sons téléchargés sur Napster que je n’aurai jamais pensé à acheter en magasin. Là je commençais à vivre un vrai changement !

Puis vers 2005, Friendster, Myspace, puis Facebook ont ajouté une nouvelle dimension à l’outil, plus social ce coup-ci. On dépendait toujours d’un ordinateur pour se connecter, mais on était en contact avec sa liste d’amis, pour partager des photos et s’inviter aux soirées.

Le dernier souffle fut l’arrivée des smartphones, qui simplifia tout et rendit tout accessible. Du coup, alors que le web était encore une affaire de jeunes ou de geeks, il est devenu le principal média par lequel nous faisions tout. Les moins geeks d’entre nous sont devenus les plus accrocs à leur téléphone, renversant complètement la tendance des premiers jours. C’était l’ère du tout, partout, tout le temps.

Du coup, sans vouloir y croire jusqu’à la dernière seconde, nous sommes entrés dans l’ère du big brother, où nous partageons volontairement notre vie avec le Système que nos gouvernements administrent de mieux en mieux.

Seulement voilà, j’en viens à me fatiguer du web en général. Je dépends toujours du medium pour le travail, mais il ne me fait plus vibrer. Il n’y a plus d’innovation majeure. Le e-commerce est le même depuis 10 ans. Les moteurs de recherche aussi. Sans parler de Wikipédia qui semble n’avoir jamais changé de design depuis sa création. Facebook a avalé toutes les technos sociales pour devenir la plateforme officielle de l’ennui. Chaque nouvelle startup annoncée comme le game-changer n’est rien de plus qu’une nouvelle fonctionnalité dans ce grand web qui vieillit. La logique de marché qui domine le web l’a rendu inerte. Je recherche désespérément le divertissement avec 9gag et Netflix. Surtout, le web n’a rien arrangé : mon voisin est toujours cet inconnu avec qui j’échange un bonjour ou une discussion stérile de temps en temps alors que nous avons tellement en commun, les inégalités sociales sont toujours aussi fortes, et les guerres sont toujours le principal moteur de nos économies. Qu’avons-nous donc achevé avec ces bijoux de technologie que nous avons tous entre nos mains ?

Le web se meurt doucement mais sûrement. Au passage, nous avons abandonné tous nos savoirs-faires, toutes nos connaissances, parce qu’il suffit de les googler pour y accéder. Une coupure d’électricité et nous voilà tous retombés à l’âge de pierre. Je pense cependant qu’une nouvelle technologie va se développer, qui prendra en compte les risques inhérents au web pour les contourner. Une nouvelle technologie qui sera intrinsèquement conçue pour pallier aux problèmes les plus fondamentaux de nos sociétés. Une nouvelle technologie qui nous rendra plus fort, et vis-à-vis de laquelle nous pourrons rester indépendants. Du moins je l’espère.

Chromebook, le nouveau PC

1 an… 1 an que j’ai abandonné mon PC Windows qui croulait sous les bugs après 3 ans d’usage, et que j’ai fait le choix de Chromebook. L’ordinateur étant mon unique outil de travail, le choix de passer au Chromebook n’est pas sans conséquences : Fini les logiciels de montage photo, vidéo, musique. Fini également le choix infini de logiciels disponibles pour PC, édités par de grandes entreprises comme par de petits développeurs. Sur Chomebook, il n’y a qu’un logiciel qui tourne sur la machine : Chrome. Il y a bien sûr les extensions Chrome, mais celles-ci se limitent généralement à étendre les fonctionnalités du navigateur. De plus, mis à part quelques modèles qui sont aujourd’hui en rupture de stock, les Chromebook ne contiennent que très peu d’espace de stockage.

Pourquoi avoir fait le choix Chromebook :

  • Je suis un Google-boy, j’ai toujours été accroc à la suite de produits web offerts par le géant californien
  • Google offre une gamme complète d’outils bureautiques, d’outils pour webmaster, d’outils de communication, …
  • Un Chromebook est deux, voir trois fois moins cher qu’un PC Windows
  • La plupart des applications sont aujourd’hui web-based, accessibles depuis un navigateur
  • Je me suis dit qu’avec une seule application principale sur la machine, les bugs devaient être quasi-inexistants

Autant vous dire que je n’ai jamais regretté mon passage à Chromebook : la machine ne plante effectivement jamais. La suite bureautique liée à Google Drive est assez mature pour pouvoir travailler sans accrocs avec des personnes utilisant la suite bureautique Windows. Au niveau développement et écriture de code, les choix sont limités, et il est parfois compliqué d’ouvrir certains fichiers pour les éditer. De manière générale, je me suis rendu compte que tous les outils dont j’avais besoin proposent une version web-based, que le cloud a atteint un point de maturité, que l’informatique s’est en quelques années complètement détachée de sa dépendance à Windows. La puissance du cloud est incomparable à côté de celle d’un seul PC.

Le bénéfice de se tourner vers le cloud permet d’accéder à ses fichiers et services en ligne depuis n’importe quel appareil. Je ne suis plus du tout dépendant de mon poste de travail, je pourrais le perdre demain, m’en racheter un nouveau dans la foulée, et cela passerait complètement inaperçu dans mon workflow. In fine, Chromebook, c’est comme Android, il suffit de se connecter à son compte Google, et le reste suit tout seul.

De plus, Chromebook offre un système de gestion multicomptes Google, ce qui permet de créer des sessions par utilisateur, un grand plus pour mon organisation professionnelle.

Grâce à la légèreté du software et de l’OS (et du disque dur), le PC est hyper léger, démarre plus rapidement qu’un Mac, et la batterie affiche une autonomie que je n’avais plus connu depuis les PCs portables à écran noir et blanc.

Je possède tout de même un disque dur, mais je ne l’utilise que pour stocker et regarder des films récoltés dans les collections piratées des amis au fil des années. Je l’utilise rarement : Netflix et Youtube proposent un choix infini de films et autres vidéos, il y a toujours une perle à découvrir.

Je ne souhaite pas retourner à un PC Windows : la lenteur, les bugs, le spam, les multiples mises à jour interminables, des choses qui ont complètement disparu de mon quotidien. Ce ne sont pas que des détails, il m’est déjà arrivé de perdre des demi-journées de travail à cause d’un bug Windows. De fait, plus besoin d’anti-virus non plus, la machine n’est pas une passoire comme le sont les Windows.

Le choix du all-cloud est un stade à passer : celui-ci se détache complètement du paradigme du PC centralisateur d’applications et de données. J’avais personnellement peur de perdre certains outils de travail qui me paraissaient essentiels, et de saturer rapidement le disque dur, mais il n’en est rien.