Interview Lepost.fr

La semaine dernière, j’ai rencontre Dorothée Loffroy (@Dorothee_L), vidéo blogueuse a LePost.fr, pour une brève interview vidéo. La discussion tournait autour de l’expérience journalistique « huis clos sur le net« . En tant que rédacteur de TwitteRadar, je suis venu représenter l’opinion de la rédaction vis-à-vis de cette expérience.< J'éprouve effectivement le sentiment que ce n'est pas le plus croustillant de mon discours qui a été choisi dans l'édition de la vidéo, mais ca fait partie du jeu. Interessant choix de fond sonore, ce dit en passant...

Metro et Foursquare S’Assemblent Sur Nos Portables

Foursquare, le réseau social qui vous permet de check-in dans les endroits que vous fréquentez, et ainsi partager en temps réel vos déplacements avec vos contacts, est à la source d’un tout nouveau concept. C’est le journal canadien Metro qui, depuis Lundi, envoie aux utilisateurs Foursquare des revues sur leurs téléphones des commerces environnant (a condition de suivre Metro sur Foursquare bien sûr). Par exemple, si une personne passe devant un restaurant, et Metro a justement une revue sur ce restaurant dans sa base de données, alors la personne recevra via Foursquare un signal de Metro concernant ce restaurant, avec un lien pour accéder à une page d’information plus complète.

Tripant!

Il y a deux choses que je trouve particulièrement excitantes autour de cette news:

1. Readwriteweb nous offre sa vision derrière cet outil, et suggère que nous n’en sommes qu’au début de ce type de service hyper localisé. Un journal local pourrait envoyer des news liées à l’ endroit exact où nous nous trouvons, un site d’événements pourrait nous envoyer les dates de soirée dans le coin, Wikipedia pourrait nous envoyer des liens sur les lieux que nous traversons… L’hyper localisation est en route!

2. Metro est un titre international, et cela représente une opportunité exceptionnelle pour Foursquare. Voyez plutôt:

– 70 éditions différentes du journal Metro;
– Présent dans 21 pays, et 100 des principales villes européennes;
– Audience CSP+ et jeune;
– 23,1 millions de lecteurs chaque jour.
(source)

Si le partenariat entre Foursquare et Metro se déroule bien, Foursquare étendra probablement son partenariat Metro a d’autres villes internationales, ce qui garantirait pour le service de géolocation une courbe de croissance exceptionnelle pour l’année 2010. Cette poussée confirmerait aussi l’ampleur internationale que prend aujourd’hui la mode de la géolocalisation (et alors attention aux investissements dans ce secteur 🙂

(via All Points Blog)

Quand Twitter Dira Stop

twitter cigarettes

En début de semaine dernière, Fred Wilson constatait que l’activité de Twitter issue de ses applications tierces augmentait à vue d’oeil:

You can talk about Twitter.com and then you can talk about the Twitter ecosystem. One is a web site. The other is a fundamental part of the Internet infrastructure. And the latter is 3-5x bigger than the former and that delta is likely to grow even larger. (On parle de Twitter.com, et on parle de l’écosystème Twitter. Le premier est un site Web. Le second est un élément fondamental de la structure d’Internet. Ce second est 3 à 5 fois plus grand que ce premier, et cet écart est bien parti pour continuer à accroitre.)

Indéniablement, les applications Twitter permettent de moduler la plateforme technologique Twitter selon les besoins des utilisateurs. Exemple récent, Seesmic se positionne comme la porte d’entrée au monde de Twitter avec Seesmic Look. De plus, Twitter offre via ses APIs des services non-inclus dans Twitter.com (relocation), une aubaine pour les développeurs.

Cependant, la semaine dernière a été le grand retour de la Fail Whale sur Twitter, il convient d’analyser une fois de plus le potentiel de croissance de Twitter. Que Twitter.com soit touché par une rupture de courant, c’est courant 🙂 Par contre, la coupure de service a aussi affecté les API Twitter, et c’est a ce sujet que j’aimerais rebondir sur le billet de Fred Wilson.

Depuis ses débuts, Twitter a imposé une limite de 100 API calls/heure par utilisateur du réseau social. Sans limitation, Twitter s’exposerait au risque de devenir une plateforme inondée d’information tweetée automatiquement. Quoique frustrant, le concept de limitation par utilisateur est généralement bien accepté et surtout nécessaire.

Cependant, début 2009, Twitter changea sas politique laisser-faire qu’elle avait toujours eu avec ses développeurs, et fixa le nombre de requêtes API à 20 000 par heure pour toute application, whitelistée ou non. Le mal se fit sentir:

Right now it takes 400 requests alone to get Robert
Scoble’s followers. It takes 350 requests to get Guy Kawasaki’s followers.
It takes similar to get Chris Pirillo’s followers. Does this mean we just
exclude allowing them on our apps now?
(Aujourd’hui il faut effectuer 400 requêtes juste pour obtenir la liste de followers de Robert Scoble. Il faut 350 pour obtenir la liste de followers de Guy Kawasaki, et pareil pour Chris Pirillo. Cela veut-il dire qu’il faille les exclure de nos applications pour le moment?)

En imposant cette limite aux développeurs, Twitter les força écrire des applications plus autonomes et plus économiques, où les informations tirées de l’API Twitter ne sont pas juste consommées et jetées, mais aussi triées et mises en cache. Ceci permit d’éclaircir les horizons du côté de l’API Twitter, ainsi que de garantir sa stabilité face au fort taux d’adoption de la plateforme de microblogging.

Et effectivement, 6 mois plus tard, Twitter annonce que le nombre d’accès autorisés à l’API pour les utilisateurs passe de 100 à 150 par heure. Ce fut une petite bouffée d’oxygène pour l’écosystème Twitter.

Encore plus fort, fin 2009, l’équipe Twitter annonce que ce chiffre de requêtes API par utilisateur va passer de 150 a 1 500! Wow! Non seulement ça, mais Twitter a aussi promis aux développeurs Twitter un accès illimité au firehose Twitter (pré-annoncé à LeWeb09), le même pour lequel Google a payé 15 millions en Décembre 2009. L’écosystème Twitter s’émule.

Aujourd’hui, fin Janvier 2010, les promesses de Décembre ne se sont pas encore concrétisées. Par contre, je lis a droite a gauche des histoires qui ne dressent pas un portrait aussi dynamique de l’API Twitter.

Début Janvier, c’est le site Getclicky, spécialisé dans l’analyse de trafic en temps réel, qui annonce ne plus tracker le nombre de followers de nos profils Twitter. L’équipe explique qu’elle utilisait l’API de Twittercounter pour connaitre le nombre de followers de chaque compte. Avec la limitation à 20 000 requêtes par heure, l’équipe Getclicky déplore que les données Twittercounter sont souvent vieilles d’un jour ou deux, ce qui rend le service complètement inutile pour leur produit d’analyse « temps réel ».

Dans le cas de TwitterCounter, les changements annoncés par Twitter fin 2009 devrait arranger le problème. Cependant, les limites de l’API Twitter ne seront plus technologiques, mais surtout politiques:

Une semaine après Getclicky, c’est SocialToo qui écrit pour annoncer que, sur demande écrite de Twitter, ils retiraient l’option auto-unfollow. Il ne s’agit pas ici d’une faiblesse de l’API Twitter (du moins pas officiellement), mais du fait que Twitter n’apprécie pas que SocialToo mette autant d’importance sur le nombre de followers dans son service. Twitter cherche à ce que la popularité des utilisateurs sur Twitter reflète la popularité de ces utilisateurs dans la vraie vie. Par exemple, en créant la SUL (Suggested User List), Twitter a repris le contrôle sur la tête de classement de ses utilisateurs les plus populaires, mettant ainsi au placard tout marketer ou personnalité indésirable. Aujourd’hui, les utilisateurs les plus populaires et les plus influents ont été prônés directement par la SUL de Twitter (lire Dave Weiner pour plus d’info sur la SUL).

Ainsi j’aimerais donc mettre en perspective l’enthousiasme de Fred Wilson vis-à-vis de l’écosystème Twitter et de son potentiel de développement: Certes Twitter a su surmonter ses challenges technologiques, et promet maintenant une augmentation hallucinante de leur performance, ce qui rend très optimiste face à l’avenir. Cependant, contrairement à Youtube, Twitter ne cherche pas à créer de nouvelles stars, mais plutôt à refléter la popularité de chacune d’elle sur sa plateforme. Ainsi toute application offrant aux utilisateurs des méthodes mécaniques d’accroissement d’audience seront maintenant traquées.

Twitter cherche à devenir un media d’information. La spécificité de Twitter, c’est que ce sont les utilisateurs qui sélectionnent en temps réel les infos importantes via le retweet. Le nombre de followers est un facteur important dans l’algorithme qui tracke les nouvelle fraiches. Twitter ne veut donc plus que les utilisateurs jouent au jeu du follower’s count, celui-ci même qui généra autant d’émulation autour de la plateforme de microblogging dans ses premières heures. Cependant, plus Twitter sera reconnu comme une source valide d’information, plus on tentera de manipuler son algorithme via des applications spécialisées, et plus Twitter se devra d’imposer de lourdes restrictions à ses développeurs, ce qui sera un frein certain a la croissance de son écosystème.

Un peu de patience, ce n’est pas le type de décision qui se prend lorsqu’une plateforme est en plein boom, mais cette nouvelle attitude ne devrait plus trop tarder à se faire ressentir.

Google Chrome Envahit Paris

Depuis 2010, Google Chrome fait sa com dans les lieux publics parisiens. De toute évidence, Google veut que tout le monde sache que Chrome est un navigateur Web qui ne crash (hem) jamais.

Alors que Google est connu en ligne pour ses petits encarts publicitaires discrets, la multinationale américaine va bientôt être plus connue pour ses grosses affiches envahissantes. Pour preuve la photo ci-dessus capturée dans la gare Montparnasse cette semaine.

Avec ca, si Chrome ne gagne pas vite en adoption, c’est vraiment que l’affichage ne sert à rien dans la guerre du Web.

Seesmic Look: Pour Les Masses Ou À La Ramasse?

seesmic raccoon tattoo

Depuis hier, Seesmic bénéficie d’une visibilité accrue via la campagne du Nexus One de Google, poussant certains à avancer que Google a Seesmic dans sa ligne de mire. Demain, Loic Le Meur annoncera le lancement d’un nouveau produit issu de la maison Seesmic: Seesmic Look. Pour Erick Schonfeld de Techcrunch, il s’agirait là d’une application Twitter extrêmement user-friendly qui permettrait peut-être de rendre Twitter plus accessible au commun des mortels.

Voila ce que Loic Le Meur nous confie dans son email:

We’re launching a new product, designed it to help Twitter go mainstream, a new experience that can be used by anyone.

Using Seesmic Look is very close to watching TV with a very rich and unique experience.

Avec l’achat récent de Ping.fm, et en considérant l’agilité de la technologie Seesmic, on peut facilement imaginer que Seesmic est parvenu a créer une interface unique et très visuelle qui permet de facilement interagir avec un grand nombre de réseaux sociaux. Cool!

À dire vrai, cela me fait aussi un peu peur. Lorsque Loic Le Meur a lancé Seesmic avec son concept de discussion vidéo, il faut avouer que l’idée était un peu perchée, et tout le monde le voyait. Le retournement avec l’achat de Thwirl était une vraie prouesse entrepreneuriale, et l’audace requise a été bien récompensée.

Pour l’anecdote: Autant je suis probablement l’une des premières personnes à avoir demande à Jack Dorsey avec une Flip Cam ce qu’était Twitter, autant je suis probablement le dernier à avoir demandé à Loic Le Meur avec une Flip Cam ce qu’il comptait faire de son service de discussion vidéo (oui, les deux vidéos ne sont pas de bonne qualité, je sais). Le mois qui suivit ma rencontre avec Loic, Seesmic annonçait le lancement de Seesmic desktop comme la nouvelle version de Thwirl, mettant officiellement la vidéo au placard.

Ce sont les mêmes personnes derrière Seesmic vidéo qui s’apprêtent aujourd’hui à lancer Seesmic Look. Donc ne nous emballons pas trop, et attendons de voir.

Pour ajouter mon grain de sel aux spéculations, en plus des opportunités qu’apporte l’acquisition de Ping.fm, je dirais que Seesmic Look intégrera Youtube dans son environnement, et probablement la fonction video response sera plus accessible. Ma prédiction ressemble à un retour en arrière pour Seesmic, mais ce qui me met sur cette piste, c’est simplement que dans les paramètres de l’application Seesmic sur Android, il y a une option pour entrer ses identifiants Youtube, sauf que cette option n’a pas encore été activée. Au moins, cela montre que Seesmic n’a pas vraiment abandonné la vidéo.

Enfin, du moment que Seesmic Look ne ressemble pas a cela, tout va bien.