Métro, se refaire une virginité sur le Web

Métro

Ma première apparition suite à mon embauche chez Reputation Squad. Je me suis amusé le jour de la publication à faire un tour de magie à mon fils: dans le métro, sur une pile de journaux, j’en ai pris un, je l’ai ouvert rapidement, et je lui ai montré la photo de papa en pleine page, puis j’ai refermé le journal et je l’ai remis sur sa pile, en mode papa est cool, il a l’habitude d’être all over the news.

Pariactu parie sur de nouvelles interactions autour de l’information

En 2008, la Française des Jeux a généré un chiffre d’affaire de 630 millions d’euros sur les pronostiques sportifs (Côte & Match, Loto Foot,…). En 2009, en votant pour la libéralisation des paris sportifs, le Ministère du Budget comptait reprendre le contrôle sur les autres 2-3 milliards d’euros en paris sportifs et gains de poker générés en ligne et en France, somme qui échappait totalement à son contrôle jusqu’alors. Le Français aime pronostiquer et parier, et c’est dans ce contexte qu’a été créé un site qui vous permet de voter sur l’actualité: Pariactu.com. Pariactu a été lance Mardi dernier, avec à sa tête Mehdi Tahri, et pour parrain une célébrité de l’actualité, Patrick Poivre d’Arvor.

Participer à Pariactu n’est pas très compliqué. Le site se compose d’une série de questions sur lesquelles on peut parier: « Paris Hilton va-t-elle annoncer son mariage avant fin Mars? », « Parmi ces programmes diffusés Lundi prochain, lequel réunira le plus de spectateurs? », « Y’aura-t-il des voitures réservées aux femmes seules, le soir, dans les transports de banlieue en Île-de-France? ». Bref, tout ce qui constitue l’essentiel de l’information en France est là, avec à la une des news prêtes à fluctuer au gré de l’opinion des utilisateurs.

À l’encontre de la tendance qui se veut d’anticiper la libéralisation des paris sportifs et jeux de poker, Pariactu est un jeu gratuit sans obligation d’achat: La devise du site est la NEW$, et chaque joueur part avec une somme initiale de 2 000 NEW$. La mise maximale est de 500 NEW$. Vous pouvez gagner des NEW$ supplémentaires en invitant ou en défiant des amis (via email, Facebook). Pariactu récompense aussi chacune de vos visites avec un bonus de 50 NEW$. Cerise sur le gâteau, Pariactu offre des lots allant jusqu’a 1 000 euros aux plus férus de ses utilisateurs.

Mehdi Tahri a déjà quelques plans en tête pour rentabiliser sa plateforme de paris en ligne. Dans un premier temps, Pariactu est disponible en marque blanche. Tout titre de presse peut donc intégrer la technologie Pariactu à son site afin d’approfondir l’interaction avec son contenu et mieux fidéliser son audience. Voici ci-dessous l’exemple d’NRJ qui a cree NRJwin, un site Pariactu brandé NRJ. La mise en place d’un Pariactu cutomisé est très abordable, et Pariactu propose un modèle de partage des revenus publicitaires avec ses partenaires. Sur Pariactu.com, depuis son lancement, 15 à 20% des visiteurs se sont inscrits au service pour participer aux paris, des chiffres de conversion qui peuvent faire baver pas mal de titre de presse en ligne.

nrjwin

Pariactu apporte aussi un brin d’innovation sur le marché en proposant de parier via texto. Le concept est simple: Chaque utilisateur peut s’inscrire pour recevoir par texto des paris dont les gains se traduisent en euro (et non en NEW$). Chaque texto renvoyé à Pariactu est surtaxé, et Pariactu récupère une partie de ce bénéfice.

Finalement, Mehdi Tahri identifie un autre canal de revenu non-exploité pour le moment: Aux côtés de chaque pari se trouve un lien vers un article de presse qui traite du sujet du pari en question, ce qui permet à tout joueur d’affiner sa connaissance d’un fait avant de voter. Si Pariactu.com gagne en popularité, ces liens commenceront à prendre une certaine importance, et Mehdi Tahri n’exclut pas que le choix de la source d’information pourrait se faire de manière financière, et non juste arbitraire. À suivre…

À premier abord, lorsque l’on pense à un système de vote sur l’actualité, Digg vient à l’esprit. Via son système de vote, Digg a créé une source d’information où le bruit est organiquement réduit par l’opinion collective. Si Pariactu parvient à développer une forte communauté d’utilisateurs, le même phénomène d’intelligence collective pourrait se produire. Cependant, Pariactu se base sur la dynamique toute particulière du pari pour créer une participation collective: bluff, contrôle des côtes, noyage, toute stratégie est bonne quand une récompense est à la clé. À travers le prisme du jeu, le reflet de l’actualité se déforme pour adopter les formes du gain, perdant ainsi son essence purement informationnelle.

Je ne catégoriserais donc pas Pariactu.com comme un site d’actualité, mais plutôt un site de divertissement autour de l’actualité. Dans l’écosystème du Web, Pariactu se positionne comme une simple composante sociale nichable au sein de tout site d’actualité cherchant des effets de levier pour faire d’une audience une communauté. Son activité principale se concentrera autour de sa marque blanche. L’agilité de sa plateforme sera un facteur déterminant dans la croissance de son chiffre d’affaires (de toute évidence, tous les titres de presse ne voudront pas intégrer Pariactu de la même manière). Pour le moment, l’objectif de Pariactu est de montrer aux titres de presse que son système de pari permet d’accroitre l’activité sur le site, ce qui se traduit pour le marketeur en potentiel source de revenus complémentaires.

Twitoaster, Rare Cru Twitter Made In France

twitoaster france

Avez-vous remarqué la lenteur d’arrivée en France de Twitter? Les stars l’ignorent, les entreprises créent des comptes et les laissent à l’abandon, et les journalistes jouent les singes savants avec.

Cependant, un groupe de développeurs français ne se laissent pas décourager par la mollesse flagrante de leurs compatriotes. Armés de quelques langages informatiques, d’un serveur, et d’une clé API pour accéder aux bases de données de Twitter, ces pros du développement conçoivent et réalisent des nouveaux outils qui viennent alimenter la richesse de l’écosystème Twitter.

La semaine dernière, je me suis entretenu avec Arnaud Meunier, créateur de Twitoaster, l’application qui tracke et analyse vos discussions sur Twitter.

Twitoaster a eu son premier coup de buzz sur ReadWriteWeb en Mai 2009: L’appli française fut la première à proposer un système qui repatche automatiquement les conversations Twitter sur un même fil de discussion. Twitoaster offre également des statistiques sur vos conversations, ainsi qu’une catégorisation par intérêts, pays et langue. Depuis peu, vous pouvez aussi embed partout sur le Web les discussions trackées sur Twitoaster .

Malgré son origine française, Twitoaster a connu un buzz largement plus généralisé aux Etats-Unis. Durant l’été 2009, le journaliste David Pogue a écrit sur le blog tech du NYT à quel point l’application Twitoaster lui a apporté une maitrise inégalée sur la gestion des @replies lui étant destinés. Twitoaster a su gagné en buzz à un moment où Quotably, une application similaire, fermait justement ses portes.

Le service est aussi fortement apprécié par l’équipe de développement Twitter, qui a accordé à Arnaud Meunier en Décembre 2009 un compte d’accès au firehose Twitter, celui-là même pour lequel Google et Microsoft payaient quelques millions au même moment pour y accéder.

À part le nom de son créateur, rien n’indique que Twitoaster est d’origine française: Le site est en anglais, a su attiré un public américain, et bénéficie même de privilèges d’accès. Comment Arnaud Meunier se positionne-t-il alors dans l’univers du développement français?

La première observation d’un développeur Twitter en France, c’est que les serveurs Twitter sont loin! Les temps de latence entre le France et les Etats-Unis ralentissent énormément les échanges avec la base de données Twitter, et donc la rapidité des opérations.

La deuxième, c’est que pour participer à une conférence intéressante sur Twitter et sa plateforme, il faut se rendre à l’étranger, surtout aux Etats-Unis. Le créateur de Twitoaster a déjà réservé sa place pour Chirp, la première conférence organisée par Twitter .

La troisième, c’est qu’il n’est pas très conseillé pour le développeur d’une application Twitter de cibler des utilisateurs purement franco-français, car le faible taux d’adoption de Twitter en France fait qu’une telle application ne décollera jamais assez pour devenir profitable.

Avec Arnaud, nous nous sommes pas mal creusés la tête dans le but d’identifier la raison pour laquelle Twitter tarde à venir en France. Ce qui est un fait, c’est que Twitter a connu une forte croissance aux Etats-Unis lorsque les célébrités ont commencé à publier des tweets. Certaines célébrités se sont même appuyées sur Twitter pour orchestrer leur come-back (ex: Shaq, MCHammer). Cependant, en France, personne ne s’y met, alors que c’est plutôt une occasion en or de se positionner en tête d’un nouveau mouvement.

Nous avons situé la cause du retard de Twitter en France autour du fait que ce média est encore bien anarchique, et donc dangereux au niveau du contrôle de l’information. La loi de la masse sur Twitter a été exemplifiée lors de l’éjection du service de Fréderic Lefebvre par les utilisateurs du réseau. Cet acte de vandalisme pousse probablement une bonne partie des personnalités en France à contourner Twitter afin d’éviter des problématiques de communication supplémentaires.

Du coup, aujourd’hui, Twitter en France est toujours un petit réseau social composé majoritairement de blogueurs, journalistes et marketers. Sans réel essor du service, les quelques développeurs français créateurs d’applis Twitter ne s’intéressent pas à faire du « Made for France« . Du coup, on manque de cerveaux Twitter en France. Sans expertise, les agences de communication n’arrivent pas à exploiter ce nouvel outil. Et lorsqu’une entreprise se lance agressivement dans l’aventure, c’est un désastre

Silentale, un conte qui pourrait faire du bruit

Il y a quelques mois, Readwriteweb a couvert le lancement de Silentale, un service qui vous permet d’agréger et d’archiver toutes vos conversations en ligne. En plus des fonctionnalités de backup et de recherche universelle, Silentale analyse aussi vos contacts et merge les doublons. Par exemple, si votre collègue de travail se nomme @mimi sur Twitter et midupond sur LinkedIn, Silentale va comprendre qu’il s’agit de la même personne, et va donc merger vos discussions sur Twitter et LinkedIn dans le même fil de conversation. En d’autres termes, nous dispatchons nos conversations en ligne, et Silentale nous les repatche automatiquement.

Agréger l’ensemble de nos discussions numériques sous un même toit est une idée qui a traversé l’esprit de plus d’une personne. Il convient donc de prêter un peu plus d’attention au réel potentiel de croissance de Silentale. Je suis allé m’entretenir avec son PDG, Laurent Fiéral-Pierssens, afin de pousser un peu plus loin la réflexion sur son entreprise.

En termes de confidentialité, il est bien précisé sur le site que ce qui se passe sur Silentale reste sur Silentale. Les connexions d’accès aux différents services de communication (email, Twitter…) se font via OAuth, ce qui nous évite de partager nos identifiants avec Silentale. Techniquement, une fois que toutes nos communications ont pris pour résidence secondaire Silentale, elles sont tout aussi sécurisées que sur Gmail ou Linkedin. Cependant, pour l’utilisateur non-technique, il faut plus qu’un OAuth (terme qu’il ne comprend pas) pour apaiser les peurs liées au partage de données confidentielles en ligne.

Pour illustrer cette problématique, je me permettrai de rapporter des propos que j’ai échangé avec Freddy Mini de Netvibes. Je lui avais demande ce qu’il pensait de PageOnce, le service qui vous donne accès a toutes vos activités financières sur une seule page: facture d’électricité, de téléphone, de carte de crédit, points ciel, compte bancaire… Le PDG de Netvibes applaudissait la réalisation technologique du produit (dont le concept d’utilisation est proche de celui de Netvibes), mais son two-cents était qu’un service nécessitant un partage de confidentialité ne peut provenir que d’une marque forte, en laquelle les utilisateurs ont confiance avant même de tester le service (comme Netvibes ;).

Avec Silentale, il n’est pas question de partage de compte bancaire, mais il est possible que des infos tout aussi sensibles trainent sur un email ou un texto. Ceci démontre effectivement que Silentale fait face a une problématique de marque centrale a son développement…

Silentale a développé un système de permutation qui permet de repérer une même identité derrière différents profils sociaux. Au niveau de la concurrence, plusieurs autres applications apportent leurs solutions au problème, dont Xobni. Xobni est une application pour Outlook qui, tout comme Silentale, identifie les différents profils sociaux de vos interlocuteurs, et vous offrent une vision plus globale sur vos communications. Xobni a 3 millions d’utilisateurs (pour 100 millions d’utilisateurs Outlook), ce qui valide l’existence d’un marché demandeur. Laurent Fieral-Pierssens explique que l’énorme différenciateur entre Xobni et Silentale, c’est que son entreprise héberge ses données dans le cloud, ce qui multiplie exponentiellement le potentiel d’exploitation de ces données. Je me suis donc permis de contacter Matt Brezina, PDG de Xobni, en lui demandant si son entreprise avait préparé sa migration dans le cloud, et il m’a répondu « we haven’t announced yet » (bluff?). Leur première application mobile (pour Blackberry) est en alpha depuis presque un an.

Il se peut effectivement que Xobni n’entre jamais en compétition frontale avec Silentale, mais cet exemple illustre fort bien comment, dans ce marché en particulier, un produit indirectement concurrent représente tout de même une menace directe. C’est presque sûr que Xobni a migré vers le cloud puisque la plupart des spécialistes pouvaient anticiper que Microsoft les bougerait un jour de leur petit Outlook douillé…

Silentale met à disposition des développeurs une interface programmable (API) qui leur permet de développer des applications alimentées par les données de Silentale. Afin de lancer la mécanique, Silentale a développé deux extensions Firefox. Une des applications Firefox permet de reconnaitre vos contacts derrière n’importe quel profil social (LinkedIn, Plaxo, Friendfeed, Facebook, Salesforce…) sur lequel vous naviguez. Une fois le contact identifié, ses données s’affichent dans la sidebar du navigateur, suivi des dernières communications que vous avez eu avec cette personne. Cette extension est un bel exemple du potentiel derrière Silentale.

Une application mobile tourne en alpha sur les iPhone des membres de l’équipe Silentale, mais il n’y a pas de date de lancement officiel. La composante mobile est critique pour Silentale, car c’est celle-ci même qui va permettre d’intercepter et de storer nos sms (et probablement plus).

L’API Silentale est le relais d’échange le plus stratégique de la startup. Comme j’argumentais plus haut, Silentale fait face à une problématique de marque liée au partage de données confidentielles. Une solution à cela consiste à aller chercher des partenariats avec des grands fournisseurs de service déjà bien établi, et offrir d’intégrer Silentale à leurs solutions de communication. Pour garantir la mise en place de partenariats stratégiques, Laurent Fiéral-Pierssens a mis sur pied une équipe d’experts qui ont tous occupés des rôles directionnels au sein d’entreprises telles que Netscape, AOL ou Yahoo. Une telle stratégie s’inscrit dans la durée, et pour tenir, Silentale va avoir besoin de cash. En termes d’investissements, tout ce que le PDG de Silentale a voulu me confier est que le lancement de Silentale est financé par des business angels européens et nord-américains, et que l’entreprise est à l’œuvre pour organiser une nouvelle levée de fonds.

Il est aujourd’hui impossible de pronostiquer ce que l’avenir réserve pour Silentale. Son succès dépendra de sa flexibilité à répondre aux besoins et aux menaces du marché, aux types de partenariats que la startup réussira à concrétiser, ainsi qu’à la mise en évidence d’une plus-value dans l’écosystème du Web qui ne pourra être attribuable à personne d’autre que Silentale. Par exemple, avec les données hébergés chez Silentale, un commercial pourrait analyser le rôle qu’occupe chaque outil de communication dans son processus de vente. Silentale pourrait mettre en évidence le fait que sur 100 prospects, 65 ont été contactés pour la première fois sur Twitter, et 80 ont donné un accord d’achat via email, mais peut être que ces 60 sur ces 80 ont donné leur accord d’achat via email uniquement après avoir connecté et communiqué via LinkedIn… En storant nos données, Silentale s’offre le potentiel de mieux organiser nos communications, mais aussi de mieux nous faire comprendre les dynamiques interactionnelles en jeu dans nos communications numériques. Indéniablement, beaucoup de personnes paieraient pour ce genre de service.

Dismoioù : hyperpersonnel = hyperlocal + hypersocial

Créée en 2007 à Paris,  la startup Dismoiou s’est donnée pour mission de vous recommander les lieux que vous aimerez découvrir. Sur iPhone, le compteur de téléchargement de l’application Dismoiou a dépassé la barre des 500 000. Fin Décembre 2009, le fondateur d’Entreparticuliers.com a investi 550 000 euros dans la startup afin de consolider sa présence en France et envisager son déploiement à l’international. En couplant son moteur de recommandation personnalisé avec sa composante mobile, Dismoiou s’est retrouvé l’un des seuls acteurs français à cartonner dans la nouvelle tendance du Web geolocalisé. Cette tendance s’est déjà bien affirmée dans certains pays, ou des applications concurrentes à Dismoiou déploient déjà des réseaux massifs d’utilisateurs. Un choc de titans est à prévoir lorsque cette tendance prendra plus d’ampleur, et il est bon de se demander quel poids Dismoiou fait dans la balance.

Pour générer informatiquement des recommandations personnalisées, Dismoiou part du principe suivant: hyperpersonnel = hyperlocal + hypersocial. Ça parait compliqué mais au fait, c’est hypersimple!

Durant votre inscription au service, Dismoiou apprend à vous connaitre en vous faisant noter des commerces du quartier ou vous résidez (donc que vous connaissez probablement). Dismoiou vous demande ensuite de connecter votre compte à Facebook pour retrouver vos amis qui possèdent déjà un compte. A cette étape du processus, Dimsoiou est prêt à vous recommander des lieux que vous aimerez probablement. Plus vous utiliserez Dismoiou, plus le système vous connaitra et vous recommandera ce que vous aimez.

Dismoiou est un moteur de recherche. Les résultats de recherche incluent dans leur algorithme vos préférences, celles de vos amis, celles d’autres personnes sur le réseau Dismoiou, ainsi que l’endroit ou vous êtes. C’est à l’issue d’un savant calcul de probabilités que Dismoiou recommande des lieux en ligne avec vos attentes. Chaque lieu possède une page dédiée contenant informations et opinions de consommateurs. Vous pouvez partager votre opinion en cliquant le smiley face approprié, ou en écrivant un commentaire.  Vous pouvez également cocher une case « je veux tester » afin de bookmarker vos envies. Le propriétaire d’un lieu peut facilement s’identifier à Dismoiou afin de prendre le contrôle de sa page.

L’objectif de Dismoiou n’est pas de remplacer les pages jaunes, mais plutôt d’apporter un service à forte valeur ajoutée lors de vos déplacements: Via son application iPhone, vous pouvez vous connecter au service on the go, et découvrir en quelques secondes une liste d’endroits recommandés tout particulièrement pour vous. L’option Twitter est intégrée à l’application, ce qui permet de tweeter directement le lieu ou l’on se trouve.

En plus du contrôle de leur page, les propriétaires de lieu peuvent aussi faire de la publicité dans l’ensemble du réseau Dismoiou (Web et mobile) via la distribution de coupons de réduction. Lorsque vous ouvrez Dismoiou sur votre mobile, en plus de recommandations personnalisées, Dismoiou vous propose des plans reduc’. Si vous désirez en profiter, présentez simplement votre téléphone affichant le bon de réduction, et le tour est joué. Si vous ne faites pas partie de la foule smartphone, vous pouvez imprimer le bon de réduction a partir du site Web, et le présenter sur papier au commerçant. Dismoiou a mis en place un système qui permet de vérifier l’utilisation d’un bon de réduction par un utilisateur, et offre ainsi aux professionnels un modèle de paiement PPA (pay per acquisition).

Aujourd’hui, 500 professionnels utilisent déjà Dismoiou. La startup n’a pas encore deployé les grands moyens pour multiplier ce chiffre. L’équipe concentre ses énergies de startup sur le développement d’un bon produit avant d’ouvrir le chapitre force de vente. Cependant, la pression monte pour Dismoiou : On commence à voir arriver en France des applications mobiles qui pourraient bien lui voler la vedette.

Foursquare représente  une menace: Grâce à sa composante gaming, Foursquare a bâti un vaste réseau d’utilisateurs qui se check-in partout où ils vont, et cela va faire quelques mois déjà que son déploiement international a commencé. Yelp représente aussi une ombre sur le tableau: Présent à Londres mais pas encore à Paris, la boîte californienne est connue pour la puissance de son déploiement commercial. Qype n’est pas encore à la page au niveau mobile, mais la force de sa marque en France peut lui permettre de vite réagir aux changements du marché. Pour son déploiement international, Dismoiou a d’ors-et-déjà créé TellMeWhere, la version anglophone du site français. Il suffit aujourd’hui d’un push marketing pour faire monter les taux d’adoption de TellMeWhere à l’étranger.

Ce qui garantit à Dismoiou de rester dans la course pour le moment, c’est ce qu’il y a sous le capot: Sa base de données d’adresses est alimentée par Google Local Search, et sa base de données utilisateurs est enrichie par Facebook Connect. Les créateurs de la startup (Romain Ehrhard et Gilles Barbier, photo) viennent de Mappy et du monde du GPS. Dans l’univers du Web, formuler une recommandation personnalisée reste encore un art plus qu’une science, et il faut reconnaitre que dans ce domaine, Dismoiou manie très bien le pinceau. Alors, si vous vous posiez des questions sur le potentiel de Dismoiou vis-à-vis de la concurrence internationale, à la vue de ces données, la startup fait le poids au niveau technologique : Architecture agile, ergonomie intuitive, et une équipe talentueuse. Cependant, l’argumentaire commercial n’est pas encore mature, ce qui fait défaut à Dismoiou qui se doit certes de peaufiner sa plateforme, mais qui se doit aussi de bâtir ses remparts pour anticiper l’arrivée des envahisseurs.