Dismoioù : hyperpersonnel = hyperlocal + hypersocial

2 février 2010
Dismoioù : hyperpersonnel = hyperlocal + hypersocial

Créée en 2007 à Paris,  la startup Dismoiou s’est donnée pour mission de vous recommander les lieux que vous aimerez découvrir. Sur iPhone, le compteur de téléchargement de l’application Dismoiou a dépassé la barre des 500 000. Fin Décembre 2009, le fondateur d’Entreparticuliers.com a investi 550 000 euros dans la startup afin de consolider sa présence en France et envisager son déploiement à l’international. En couplant son moteur de recommandation personnalisé avec sa composante mobile, Dismoiou s’est retrouvé l’un des seuls acteurs français à cartonner dans la nouvelle tendance du Web geolocalisé. Cette tendance s’est déjà bien affirmée dans certains pays, ou des applications concurrentes à Dismoiou déploient déjà des réseaux massifs d’utilisateurs. Un choc de titans est à prévoir lorsque cette tendance prendra plus d’ampleur, et il est bon de se demander quel poids Dismoiou fait dans la balance.

Pour générer informatiquement des recommandations personnalisées, Dismoiou part du principe suivant: hyperpersonnel = hyperlocal + hypersocial. Ça parait compliqué mais au fait, c’est hypersimple!

Durant votre inscription au service, Dismoiou apprend à vous connaitre en vous faisant noter des commerces du quartier ou vous résidez (donc que vous connaissez probablement). Dismoiou vous demande ensuite de connecter votre compte à Facebook pour retrouver vos amis qui possèdent déjà un compte. A cette étape du processus, Dimsoiou est prêt à vous recommander des lieux que vous aimerez probablement. Plus vous utiliserez Dismoiou, plus le système vous connaitra et vous recommandera ce que vous aimez.

Dismoiou est un moteur de recherche. Les résultats de recherche incluent dans leur algorithme vos préférences, celles de vos amis, celles d’autres personnes sur le réseau Dismoiou, ainsi que l’endroit ou vous êtes. C’est à l’issue d’un savant calcul de probabilités que Dismoiou recommande des lieux en ligne avec vos attentes. Chaque lieu possède une page dédiée contenant informations et opinions de consommateurs. Vous pouvez partager votre opinion en cliquant le smiley face approprié, ou en écrivant un commentaire.  Vous pouvez également cocher une case « je veux tester » afin de bookmarker vos envies. Le propriétaire d’un lieu peut facilement s’identifier à Dismoiou afin de prendre le contrôle de sa page.

L’objectif de Dismoiou n’est pas de remplacer les pages jaunes, mais plutôt d’apporter un service à forte valeur ajoutée lors de vos déplacements: Via son application iPhone, vous pouvez vous connecter au service on the go, et découvrir en quelques secondes une liste d’endroits recommandés tout particulièrement pour vous. L’option Twitter est intégrée à l’application, ce qui permet de tweeter directement le lieu ou l’on se trouve.

En plus du contrôle de leur page, les propriétaires de lieu peuvent aussi faire de la publicité dans l’ensemble du réseau Dismoiou (Web et mobile) via la distribution de coupons de réduction. Lorsque vous ouvrez Dismoiou sur votre mobile, en plus de recommandations personnalisées, Dismoiou vous propose des plans reduc’. Si vous désirez en profiter, présentez simplement votre téléphone affichant le bon de réduction, et le tour est joué. Si vous ne faites pas partie de la foule smartphone, vous pouvez imprimer le bon de réduction a partir du site Web, et le présenter sur papier au commerçant. Dismoiou a mis en place un système qui permet de vérifier l’utilisation d’un bon de réduction par un utilisateur, et offre ainsi aux professionnels un modèle de paiement PPA (pay per acquisition).

Aujourd’hui, 500 professionnels utilisent déjà Dismoiou. La startup n’a pas encore deployé les grands moyens pour multiplier ce chiffre. L’équipe concentre ses énergies de startup sur le développement d’un bon produit avant d’ouvrir le chapitre force de vente. Cependant, la pression monte pour Dismoiou : On commence à voir arriver en France des applications mobiles qui pourraient bien lui voler la vedette.

Foursquare représente  une menace: Grâce à sa composante gaming, Foursquare a bâti un vaste réseau d’utilisateurs qui se check-in partout où ils vont, et cela va faire quelques mois déjà que son déploiement international a commencé. Yelp représente aussi une ombre sur le tableau: Présent à Londres mais pas encore à Paris, la boîte californienne est connue pour la puissance de son déploiement commercial. Qype n’est pas encore à la page au niveau mobile, mais la force de sa marque en France peut lui permettre de vite réagir aux changements du marché. Pour son déploiement international, Dismoiou a d’ors-et-déjà créé TellMeWhere, la version anglophone du site français. Il suffit aujourd’hui d’un push marketing pour faire monter les taux d’adoption de TellMeWhere à l’étranger.

Ce qui garantit à Dismoiou de rester dans la course pour le moment, c’est ce qu’il y a sous le capot: Sa base de données d’adresses est alimentée par Google Local Search, et sa base de données utilisateurs est enrichie par Facebook Connect. Les créateurs de la startup (Romain Ehrhard et Gilles Barbier, photo) viennent de Mappy et du monde du GPS. Dans l’univers du Web, formuler une recommandation personnalisée reste encore un art plus qu’une science, et il faut reconnaitre que dans ce domaine, Dismoiou manie très bien le pinceau. Alors, si vous vous posiez des questions sur le potentiel de Dismoiou vis-à-vis de la concurrence internationale, à la vue de ces données, la startup fait le poids au niveau technologique : Architecture agile, ergonomie intuitive, et une équipe talentueuse. Cependant, l’argumentaire commercial n’est pas encore mature, ce qui fait défaut à Dismoiou qui se doit certes de peaufiner sa plateforme, mais qui se doit aussi de bâtir ses remparts pour anticiper l’arrivée des envahisseurs.

17 Commentaires »

  1. mersin emlak 11 mai 2011 at 18 h 14 min -

    Service trop compliqué et surtout trop en avance sur les besoins…

  2. Gilet lesté 7 février 2011 at 15 h 22 min -

    Oui, je pense qu’il s’agit d’un service un peu trop en avance sur son temps. Le marché n’est pas encore mûr.

  3. trucs astuces iphone 10 février 2010 at 12 h 07 min -

    comme dit mike, il faut s’accrocher au service pour vraiment commencer à utiliser toutes possibilités de DMO. Je pense aussi que le service devient trop compliqué au bout d’un moment et qu’il est facile de décroché…

  4. Sergio 3 février 2010 at 23 h 29 min -

    N’oubliez pas Nomao qui cartonne sur l’AppStore (150’000 téléchargements en 2 semaines après son lancement) et qui, fort de son audience Web et de sa techno de recherche, se développe très sérieusement.

    Nomao est, je le rappelle, un vrai moteur de recherche local comme Google Maps qui interprète la requête utilisateur entre le Quoi et le Où (contrairement à des cityguides comme Yelp, Dismoioù et autres Qype) avec l’avantage bien sûr de proposer des résultats en fonction des goûts de l’utilisateur.
    ;-)

  5. Romain Cherchi 3 février 2010 at 19 h 36 min -

    Si on veut créer des leaders mondiaux, il faut déjà une forte compétition sur le territoire national. Un peu comme les fabricants chaussures en Italie.

  6. Romain Cherchi 3 février 2010 at 19 h 34 min -

    Chaque gorille pour soit et en avant !

  7. Gilles 3 février 2010 at 9 h 44 min -

    Intéressant !

  8. Phil Jeudy 2 février 2010 at 18 h 37 min -

    @sylvain tu as raison mais jouer dans le vide ca dure un temps !
    @mike tu l’as utilise longtemps ?
    @romain l’objectif n’est pas la conpetition mais bien de trouver la voie du mass market, et on peut effectivement compter sur lr French Panache pour ca, une specialite bien Francaise…

  9. Romain Cherchi 2 février 2010 at 11 h 08 min -

    Effectivement, ils ont bien redresseé la barre depuis l’été 2009. Il faudrait plus de startup comme ça en France. Cependant, ce marché en B2C est très séduisant mais aussi très compliqué à monétiser (si les clients finaux sont les commerçants). Même avec beaucoup de moyens, c’est difficile d’être connu localement sur l’ensemble du territoire parisien, français ou européen et encore plus de vendre à des clients qui n’ont pas le temps de s’intéresser à Internet. Y a t’il une stratégie commune à adopter pour les acteurs du local search en France (Dismoioù, Nomao, Geodruid, Justacoté) face aux acteurs internationaux comme Yelp, Qype et les nouveaux comme Foursquare et Gowalla ?

  10. mike 2 février 2010 at 10 h 42 min -

    Service trop compliqué et surtout trop en avance sur les besoins.

  11. Sylvain 2 février 2010 at 10 h 38 min -

    J’ai bien peur que la grosse valeur ajoutée de 4square soit justement sa dimension hyper-ludique, presque jeux de rôle.

  12. Phil Jeudy 2 février 2010 at 10 h 35 min -

    FourSquare n’est pas une menace pour TMW. C’est clairement vers Yelp qu’il faut chercher le concurrent aux US et trouver la solution a la problematique de croitre de l’autre cote de l’Atlantique. Et il ne suffit pas d’un push marketing, c’est mal pconnaitre la problematique d’acquisition.

  13. kossdav 2 février 2010 at 9 h 41 min -

    Big up à Gilles et Romain, ainsi qu’à la team de Dimoioù (dont je faisais partie) ! :-)

    C’est fou ce que le bataille est rude… DMO est typique du genre de service qui a le cul entre deux chaise dans la mesure où il jongle entre le fait de pousser un usage (recommande les lieux que tu aimes à tes potes, tout ça tout ça…) tout en restant une sorte de couteaux suisse de la recherche locale.

    J’ai toujours pensé que l’usage précède le service, mais des technos comme les SMS ou Twitter sont là pour nous prouver qu’un outil sans usage peut parfois faire l’objet d’une appropriation de masse…

    Donc au final DMO rame (et depuis un moment déjà) pour construire un outil/service tout un se demandant à quoi il sert. Certaines réponses commencent à pointer leur nez et peut-être qu’au final il faut juste du temps… Peut-être aussi que Gilles et Romain (et la team !) ont eu le génie de pressentir quelque chose de beaucoup plus profond juste un tout petit peu trop tôt (ce qui leur aura permis d’être là avant tout le monde, mais aussi de devoir tenir plus longtemps que tout le monde).

    Perso je n’y crois pas encore totalement, mais les choses ont l’air de bien évoluer et cet article est un signe du fait que le petit milieu du Web commence à sentir que DMO peut créer de la valeur. Reste à convaincre le « grand » public des internautes maintenant…

    Encore une fois chapeau pour le courage et le travail accompli messieurs !