Le Bookmarking Via Twitter Se Diversifie

twitter bookmark

Dans un récent article sur ce blog, j’évoquais le nom de Packrati, une application qui vous bookmarke automatiquement dans Delicious les liens que vous partagez sur Twitter. Les feedbacks furent plutot positifs.

La semaine dernière, j’ai rencontré l’équipe de Pearltrees dans le but d’écrire un article à propos de leur outil de visual bookmarking. Lors de la présentation de son produit, le pdg Patrice Lamothe m’a présenté le Twitter sync de Pearltrees: Ce petit outil est très pratique car il récupère automatiquement les liens que vous twittez et les place dans votre dropzone qui est situé sur votre interface Pearltrees. Ensuite, il ne vous reste plus qu’a drag-n-drop vos bookmarks pour les insérer dans vos matrices de perles. Vous pouvez aussi twitter automatiquement les perles que vous créez.

pearltrees xavierv

Packrati et le Twitter sync de Pearltrees offrent deux services bien différents: L’un bookmarke sur Delicious, l’autre sur Pearltrees. Oui mais: Pearltrees a pour mission d’être le plus ouvert possible, tous vos bookmarks Pearltrees peuvent s’exporter de plusieurs manières, y compris au format RDF. Ceci signifie que le jour où l’API Pearltrees verra le jour, l’opération de dupliquer vos bookmarks Pearltrees sur Delicious sera extrêmement simple, et probablement faciliter par la création d’une application tierce.

Deux observations: La première, c’est que aussi incroyable que cela puisse paraître, en ayant réduit la taille de nos message sur le Web, il semblerait que Twitter nous ait aussi permis d’en élargir leurs portées: Un seul tweet peut être la source d’une avalanche de backlinks et de retweets, le tout orchestre par des mécanismes de redistribution automatisés et parfaitement white-hat. La deuxième, c’est que la gestion de l’interconnection entre nos profils sociaux devient de plus en plus complexe, et le besoin de Twitter planners se fait de plus en plus ressentir chez les agences et les entreprises.

Pearltrees, la Perliculture de vos Bookmarks

« It’s rare to look at a bookmarking tool and feel convinced that it’s going to win a design award. »

Tels sont les mots que Dana Oshiro de Readwriteweb US utilisa pour décrire Pearltrees, l’outil de visual bookmarking made in Paris, qui a pour but de nous recommander du contenu en fonction de nos intérêts. Sur l’interface (Flash), chaque page bookmarkée est représentée par une bulle (appelée perle). Les utilisateurs organisent leurs perles en les rassemblant dans des dossiers de perles appelés Pearltrees. Le tout se controle en drag-n-drop. Pour initier le phénomène de découverte de contenu, il suffit de bookmarker des pages qui vous intéressent, et Pearltrees vous fera découvrir les matrices de perles dans lesquelles d’autres utilisateurs ont rangé ces mêmes pages. Pearltrees est une très jolie réalisation technologique et visuelle, mais la startup est confrontée à une mission de taille: Générer de l’intérêt autour de son réseau d’intérêt!

L’adoption de Pearltrees se déroule en trois etapes: Tout d’abord, vous devez installer des outils qui vous permettent de bookmarker facilement. Pour cela, Pearltrees propose une extension Firefox, ou un « Twitter sync », c’est-à-dire que vous connectez votre compte Twitter à Pearltrees, et Pearltrees bookmark automatiquement tous les liens que vous twittez (et il peut aussi twitter toutes les perles que vous générez). Les favoris Delicious peuvent aussi être importés. Les extensions Chrome et IE sont prévues pour très bientôt. Une fois que vous avez bookmarké quelques pages, rendez vous sur votre interface Pealrtrees, et organisez le tout en une arborescence de perles. Félicitations! vous êtes maintenant un « pearler », un éditeur du Web. La fonction première de Pearltrees, c’est d’organiser le contenu numérique qui vous entoure.

A côté de la perle centrale qui vous représente (elle contient votre avatar), il y a une petite bulle bleutée. Lorsque l’on clique dessus, une foule de petites perles représentant des utilisateurs viennent peupler l’interface. Ces utilisateurs partagent des intérêts en commun avec vous, et vous pouvez à partir de là decouvrir leurs colliers de perles. Pour collecter les perles qui vous intéresse, glissez-les dans le dropzone, et à partir de votre home, glissez-les dans les perles de votre choix. Cela signifie que Pearltrees vous met en relation avec d’autres individus (comme un réseau social), mais les connections se concrétisent réellement autour des perles/intérêts que vous avez en commun avec les autres pearlers. La fonction seconde de Pearltrees, c’est de créer des reseaux à centres d’intérêts.

Le big picture de Pearltrees, c’est l’intelligence collective qui émane d’une telle organisation humaine de l’information. Sur Pearltrees, tout est publique. Chaque perle possède son URL. On peut laisser un commentaire sur chacune d’entre elles. On peut aussi savoir qui est connecté à cette perle. On peut embed la perle dans un site Web. Les options de partage sur Twitter/Facebook sont aussi présentes. Je citais la manière d’importer des bookmarks Delicious, mais bientôt, Pearltrees sera compatible avec tous les autres formats de bookmarking, ce qui veut dire que nous pourrons importer et exporter tous nos bookmarks à volonté. L’équipe travaille aussi à la mise en place d’une API afin de faciliter la répétiton de ces opérations.

Parlons tout d’abord mobile: Lorsque l’on voit une telle interface, avec toutes ces perles qui flottent en apesanteur, on a plus envie de manier les perles manuellement plutot qu’à coups de clics. On s’imagine pas mal manier Pearltrees à partir d’un touch screen. Le problème pour le moment, c’est que le site est en Flash, alors que le geek de base roule en iPhone. Petite incompatibilité qui pourrait être résolue avec une application iPhone adaptée aux SDK d’Apple. Autre problème, la taille de l’écran, beaucoup trop réduite pour la gestion d’arborescences de contenus. Ce problème pourrait devenir de plus en plus secondaire avec l’arrivée des iPad et autres magazine-sized touch screens. « Pearler » à partir de ce type d’interface serait probablement à la portée de tous.

Parlons aussi référencement naturel: Sur Pearltrees, tout est publique, les perles ont toutes une url, et toutes ces perles représentent elles-mêmes une url ou un groupe d’url. Lorsque les crawlers de moteurs de recherche viennent dans Pearltrees, ils doivent y trouver une mine d’or en termes de contextualité. A l’image de l’utilisateur qui apprend à mieux connaitre un sujet en suivant des perles, le moteur de recherche peut en faire tout autant, afin de renforcer son savoir du Web (et de ses utilisateurs). Au fond, pour un moteur de recherche, Pearltrees n’est autre chose qu’un grand annuaire de pages Web categorisées et interlinkées. Cela ressemble à une opportunité en or pour tout professionnel du référencement naturel, vu que les liens Web sont maléables et contextualisables car associables à des matrices sémantiques. Pour éviter les abus, une perle ne peut pas contenir plus de 100 connections, ceci afin d’éviter les phénomènes de gravité autour des mêmes perles.

Je n’ai pu trouver qu’un type de page de resultats Google où Pearltrees semble assez fort pour le moment, c’est sur les noms de personnes, tels que Patrice Lamothe.

Patrice Lamothe est le co-fondateur et Pdg de Pearltrees. C’est aussi la personne qui a bien voulu me consacrer plus d’une heure à l’explication de son produit. Sur la question de la monétisation, Patrice explique qu’à priori un modèle publicitaire classique serait envisageable, sans exclure toute solution plus créative et appropriée à la spécificité de Pearltrees. Pearltrees a recolté un total de 2.5 millions d’euro auprès d’investisseurs dont les noms n’ont pas été communiqués: La startup peut donc rester zen durant la phase beta de son développement.

Pearltrees se développe au rythme de plusieurs updates par mois, et l’originalité de son approche de bookmarking lui a permis de se construire une bonne base d’utilisateurs (+20 000 à l’heure actuelle). La prochaine addition à la liste de fonctionnalités fera probablement parler quelques blogueurs: Le nouveau widget Pearltrees s’affichera en overlay sur la page Web dans laquelle il sera ouvert. De cette maniere, son insertion sera discrète, mais dès que l’utilisateur désirera interagir avec Pearltrees, une matrice de perles apparaitra pleine page sur fond transparent, nous invitant de la sorte à explorer de nouveaux tunnels d’intérêts sans jamais quitter la page d’accueil.

En 2006, Patrice Lamothe passait son MBA à l’INSEAD, et publia la thèse suivante: Comprendre le changement comme un processus de discussion. En survolant cette thèse, on comprend comment elle a été le declencheur de l’entreprise Pearltrees. Voici la conclusion de cette thèse:

« Unissant règles et arguments, l’approche que nous proposons ne sépare plus les organisations de leur culture, ni les institutions de leur évolution. Ne voyant rien subsister de soi-même, ni structure, ni discours, qui ne soit l’effet entrelacé d’un précédent discours ou d’une précédente structure, elle conçoit la permanence comme une forme particulière du mouvement de construction du réel. Ce renversement effectué, il lui est enfin possible d’articuler, de comparer et donc d’isoler les constantes observables du changement. »

Pour ceux qui se demandent encore à quoi Pearltrees sert, et comment l’outil se positionne dans son environnement compétitif, voici le lien vers une Pearltree qui répond aux deux questions à la fois.

Multi-Account Tip: Bâtir Plusieurs Communautés Rapidement

multiaccount

Dans ma profession, je suis amené à manager beaucoup de comptes Twitter, à tel point que je deviens graduellement un artiste du Automated Social Media Marketing. L’une des choses la plus frustrante dans le multi-account management, c’est qu’il n’est pas toujours évident de trouver des listings d’utilisateurs de twitter sur une page multiaccount-enabled. Il est crucial dans le lancement d’un compte Twitter de cibler des personnes avec qui les interactions seront riches et constructives, mais lorsque l’on gère plusieurs comptes, c’est un réel gain de temps de construire différentes communautés è partir de la même interface.

Pour ce faire, il y a probablement mille et une manière d’opérer, et je vous invite ainsi à partager la votre dans les commentaires. Voici comment je m’y prends: Tout d’abord, vous devez avoir un compte Twitter parent (le votre par exemple). L’intérêt de ce compte parent est de créer des listes d’utilisateurs selon des catégories. Twitter à sa SUL, mais vous pouvez aussi vous diriger vers des sites tel que Wefollow pour trouver des listings d’utilisateurs par catégorie. Créez des listes telle que « tourisme », « surf », « RP-china » and so on.

Une fois vos listes créées, dirigez-vous vers Hootsuite. L’application Hootsuite est multiaccount-supported. Entrez les identifiants de tous vos comptes secondaires . Une fois tous les profils enregistrés, clickez sur « People », et dans le menu « display lists from », selectionnez votre compte parent. Sélectionnez ensuite une de vos listes et tous les utilisateurs inclus dans cette liste sont maintenant suivables par n’impoorte lequel de vos profils secondaires.

Malheureusement, on ne peut pas « follow all » car cela serait contraire aux récentes TOS de Twitter. Cette technique n’a rien de blackhatesque, et elle permet juste à certains marketers de twitter de faire les choses un peu plus proprement de ce que l’on a vu par le passé.

Campagne Anti-Pub Dans Métro Parisien (19/03/2010 – Métro Invalides)

Ce matin, comme tous les matins, j’ai fait un changement au métro Invalides pour déposer mon fils à la crèche (il a +2 ans). Au tournant d’un couloir, je suis tombé sur une première anti-pub, puis sur une deuxième, une troisième, et pour me rendre compte qu’une dizaine d’encarts publicitaires de la station Invalides avait été hackés.

J’applaudis une telle opération de rebellion puérile, donc j’ai pris des photos afin d’immortaliser cette petite intrusion dans le quotidien saturé de publicités des Parisiens:

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Stupeflix, la compression video rapide que personne ne voit

Stupeflix, c’est la technologie la plus rapide au monde pour générer de la vidéo. Comment ça marche? Réunissez tout bêtement quelques photos, de la musique, et Stupeflix vous crée dans la minute une vidéo prête à être téléchargée ou partagée sur Youtube ou Facebook. D’accord, c’est exactement ce que font des applications telles que RockYou ou Slideshare. Et pourtant, dans son paradigme, Stupeflix est fondamentalement différent, et sa portée pourrait bien fortement impacter le Web.

Le mécanisme de base de Stupeflix s’illustre sur Stupeflix.tv, un site qui propose de créer sa chaine vidéo. Pour créer une vidéo, il suffit d’entrer quelques mots-clés. En moins d’une minute, Stupeflix récupère du contenu sur Twitter et Flickr et génère un slideshow vidéo bien ficelé qui affiche photos et tweets en rapport avec les mots-clés donnés. Là où Stupeflix se démarque largement de la concurrence, c’est en offrant une vidéo disponible instantanément au format MP4 1280×720, HD 720d (et non juste une vidéo Flash). Cela signifie que cette vidéo est portable, et peut être diffusée sur les chaines câblées et sur nos téléphones portables (contrairement à du Flash). Pourquoi développer une infrastructure vidéo aussi innovante juste pour des slideshows?

Pour répondre à cela, Nicolas Steegmann, un des fondateurs de Stupeflix, m’a sorti son iPhone pour me montrer une vidéo toute particulière: La météo. Oui, juste la météo, avec une carte des États-Unis sur laquelle de petits nuages animés faisaient tomber de la pluie sur bon nombre de capitales américaines. Une voix off accompagnait les prédictions du jour. En bref, la météo comme on la connait, à cette différence près: Ce flash météo avait été monté de toute pièce par une base de données météorologiques et l’API Stupeflix, sans aucune intervention humaine. Vu que la technologie Stupeflix est extrêmement modulable, il est possible d’insérer tout type de contenu dans la vidéo. Dans le cas de la météo, le développeur a intégré une fonction text-to-speech et l’affichage d’icônes animées dans le processus de création vidéo de Stupeflix. L’intérêt ultime de la startup française, c’est de permettre à tout flux de données la possibilite d’être publie instantanément en vidéo. 

Stupeflix se positionne comme une plateforme clé pour tout marketer désireux d’exploiter les vertus de la vidéo en ligne. Alors que des entreprises telles que DemandMedia cassent les prix en vendant de la création vidéo à 30-50 dollars, Stupeflix débarque avec des prix pouvant descendre jusqu’a 20 centimes pièce. Le pouvoir de Stupeflix réside dans l’exploitation du cloud pour accélérer la compression, et dans le fait que le processus de création de contenu audiovisuel est extrêmement économique (un fichier de photos et du texte suffisent). D’excellentes cibles de pénétration de marché sont les secteurs des petites annonces, des annuaires, des guides locaux,  des sites d’ecommerce et des sites de voyage.

La stratégie de développement technologique de Stupeflix est très similaire à celle de Twitter: La startup se focalise sur l’optimisation de sa plateforme, et les développeurs qui croient au succès de la technologie développent eux des applications clientes pour les end-users. Stupeflix a besoin de se faire connaitre auprès des développeurs. Pour ce faire, la startup a recruté Jeff Boudier, ancien de Zilok, en charge de l’évangélisation de la plateforme Stupeflix aux États-Unis. La mission consiste principalement à générer de l’enthousiasme autour de la technologie Stupeflix dans le but d’encourager agences et développeurs à bâtir un écosystème profitable autour de l’API Stupeflix. En toute logique, s’il est aussi possible de se mettre d’accord avec des investisseurs Nord-Americains au passage, Stupeflix ne se privera pas. Historiquement, la startup a toujours trouvé une traction beaucoup  plus importante aux États-Unis qu’en France.

Le revers de la médaille, c’est que rien de tout cela n’est a la portée du non-développeur. Pour nous autres analphabètes du json et autres protocoles very Web 2.0, il y la page Stupeflix intégrée à Dailymotion, Stupeflix.tv et le studio Stupeflix.com. Sur Dailymotion, on peut créer une vidéo en uploadant des photos et une musique, ce qui est somme très générique. Stupeflix.tv permet de générer une vidéo à partir de requêtes Flickr et Twitter, ce qui laisse très peu de contrôle sur le rendu de la vidéo. Le studio Stupeflix.com propose quant à lui l’import de photos, l’édition de texte, et l’ajout de musique. Là aussi, l’expérience ne se démarque pas vraiment de ce que l’on connait déjà. Sur le studio Stupeflix.com, une fois la vidéo créée, l’upload à Youtube ou Facebook est gratuit (dans quel cas la vidéo est extrêmement mal indexée). Le téléchargement est payant, s’élevant jusqu’à 8 euros pour la version HD et white-labellisée. 

D’un côté, la plateforme Stupeflix va indéniablement faire parler d’elle dans le milieu du marketing digital. De l’autre, vu que les outils Stupeflix disponibles en ligne n’ajoutent aucune valeur a l’écosystème du Web, la startup passe à côté d’une opportunité en or: Par exemple, si il était donné à un blogueur de générer une vidéo à partir du flux RSS de son blog, une sorte de rendu audiovisuel de titres de billets et de photos d’articles, nous serions alors probablement des milliers à venir créer la vidéo de notre blog afin de l’insérer au-dessus du pli. Pour Stupeflix, c’est on ne peut plus faisable, et cela générerait un buzz d’enfer. Toute startup a besoin d’utilisateurs pour cerner les bugs et peaufiner ses codes. Stupeflix semble vouloir nous dire que developper une communauté d’utilisateurs n’est pas dans ses intérêts, qu’elle préfère gérer la maladresse de ses premiers pas directement avec ses premiers partenaires commerciaux. En écartant la dimension communauté pour se focaliser sur du B2B, Stupeflix s’apparente plus à un nouveau protocole de compression vidéo en ligne, et moins à un nouvel outil de communication. J’ai peut-être un état d’esprit trop Silicon Valley, mais le nombre d’utilisateurs ainsi que la presse positive sont des arguments centraux dans la valorisation d’une startup, et j’ai un peu de mal à identifier si Stupeflix n’exploite pas cette opportunité par timidité ou par arrogance.