L’algorithme du moteur de recherche de Twitter évolue

twitter search toptweets

Nous savons que l’algorithme du moteur de recherche de Twitter est voué à évoluer d’une manière probablement aussi complexe que celui de Google. Cependant, aujourd’hui, à part quelques operations de filtrage et d’épurage, les pages de résultats de recherche Twitter ne sont qu’une liste déroulée dans l’ordre chronologique des tweets contenant les mots-clés recherchés.

Tout à l’heure, en faisant la recherche I you fun (demandez pas, c’est purement professsionnel :), je suis tombé sur la page de résultats de recherche que vous pouvez voir juste au-dessus. En première position se trouve un tweet de Justin Bieber, avec un compteur qui affiche clairement 700 tweets. Juste en dessous, on retrouve une liste normale de tweets classés dans l’ordre chronologique.

Je ne sais de quand date cette nouveauté dans le moteur de recherche Twitter, mais c’est certainement extrêmement récent (ou alors je suis aveugle).

Dans tous les cas, ce petit compteur marque le début d’une nouvelle ère dans le moteur de recherche Twitter. Enfin, celui-ci se défait de sa forme initiale – celle de Summize – afin d’offrir une plus grande expérience de découverte et d’interaction à ses utilisateurs.

En termes de technologie de recherche, Twitter a tout à inventer: En effet, aggréger et analyser des SMS par millions, et surtout suggérer en résultat de recherche des tweets qui ont été publiés dans la seconde, c’est plutôt nouveau. Cette premier avancée semble un peu légère : Justin Bieber a 700 retweets, donc il a la première place des résultats. A un moment, je me suis demandé si ce n’était pas un tweet sponsorisé tellement c’était bizarre. Mais j’imagine que comme Google, Twitter doit partir du début et faire évoluer son moteur de recherche au gré de divers tests AB.

Quelqu’un a-t-il plus d’infos sur ce constat?

Les Utilisateurs Foursquare Crachent sur les Marques

En décrochant finalement un peu de buzz en France, Twitter a du coup ouvert la porte de l’attention nationale sur Foursquare. La toute jeune startup qui monte en flèche commence à connaitre une courbe de croissance intéressante dans le pays du fromage et de la baguette.

Il faut dire que son business model est intéressant: via son système de checkin, Foursquare identifie les consommateurs à un endroit donné, ce qui permet la création d’une chaine de communication directe et instantanee entre un commerce et ses clients.

Cela va faire un moment que Foursquare teste différents schémas de commercialisation de son offre avec les commerçants. Jusque là, les retours sont plutôt positifs. Seulement voilà, je ne sais pas comment les autres cultures adoptent le service Foursquare, mais en France, celui-ci semble être très utile pour balancer divers critiques sur le lieu fréquenté.

Critiques foursquare

L’image ci-dessus a été capturée sur Foursquare, à partir de la page appartenant au Starbucks St Lazare (dont je suis le maire :). La plupart des commentaires ne mettent pas vraiment en valeur l’endroit:<

– WC tojours sales ici…
– trop de monde – pas très propre
– Les scones sont excellents, l’americano est dégueulasse par contre…

Franchement, je serais Starbucks, je ne serais pas du tout intéressé à designer une opération marketing pour faire un push sur ce réseau social. De toute évidence, les personnes satisfaites par le commerce ne s’expriment pas (le « Equipe dynamique et efficace pour un site a forte activite! (Non je ne travaille pas ici)« , c’est de moi), la marque est donc vouée à se faire tailler et rien d’autre.

Quand je vois ce que je viens de décrire, je deviens très pessimiste vis-à-vis du potentiel de développement commercial de Foursquare… A savoir que Starbucks possède un énorme budget Social Media et expérimente beaucoup sur ce terrain-là!

Evadoc, le Me-Too Français du Partage de Documents en Ligne

PDF et DOC sont encore la norme des supports utilisés pour partager des idées sur un ordinateur. Souvent, ce type de documents est voué au partage entre quelques personnes, ou aux membres d’un organigramme, mais cela va rarement plus loin. Pour prolonger l’accessibilité d’un document dans la sphère publique, plusieurs solutions existent en ligne telles que Scribd, Docstoc, Docshare, le Webex de Adobe, et j’en passe. Aujourd’hui, nous avons un nouvel acteur dans l’espace du partage de documents en ligne: Evadoc.

A l’origine, Evadoc est un projet d’école mene par trois étudiants de l’ESSEC, Louis-Marie de Langlois, Jean-Baptiste Coudriou et Geoffroy de Boisbaudry. L’objectif principal est d’offrir une solution de partage de documents en ligne exclusivement franco-francaise. Pour Evadoc, les Francais n’utilisent pas assez les sites de partage de documents en ligne car ceux-ci ne sont pas traduits dans leur langue. C’est sur cette opportunité qu’Evadoc compte capitaliser.

Le me-too de Scribd

Geoffroy de Boisbaudry nous a affirmé que Scribd et Evadoc étaient exactement pareil, un vrai me-too, à la différence près de la langue. Une telle affirmation méritait d’être vérifiée, donc je propose ici de comparer Scribd et Evadoc, afin de valider ou invalider les propos de l’équipe fondatrice.

1. L’upload:
Scribd et Evadoc permettent l’upload de plusieurs documents en même temps. Les temps de chargement sont les mêmes. Avec Evadoc, il faut attendre la fin de tous les uploads avant de pouvoir éditer les titre/description/catégorie/tags et de partager les documents avec d’autres personnes. Avec Scribd, comme avec Youtube, l’ajout des titre/description/catégorie/tags se fait en même temps que l’upload, un sacré gain de temps dans un contexte de multi upload.

2. La page d’accueil:
La page d’accueil d’Evadoc est assez rudimentaire, avec des couleurs fades et peu attractives. Scribd et Evadoc proposent une catégorie « lu en ce moment ». Evadoc propose aussi une catégorie « les plus populaires » alors que Scribd déniche des documents d’entreprise ou à caractère nouveau et intéressant.

3. La decouverte de documents:
Sur Scribd, on peut s’inscrire a l’activité d’autres utilisateurs (tels que Barack Obama), explorer des documents par catégorie, découvrir les « trending » documents, ou encore découvrir des sujets évoqués au sein de documents. Sur Evadoc, on peut explorer les documents par catégorie ou en s’inscrivant à divers groupes.

4. Le document social:
Scribd est complètement intégré avec Facebook et Twitter. On peut d’ailleurs s’inscrire sur Scribd avec ses identifiants Facebook. Toute l’activité d’un utilisateur sur Scribd peut être auto-partagée sur ses comptes Facebook et Twitter. Evadoc possède des fonctions similaires de partage, mais aucune intégration type Facebook.

5. Lecteur de document Flash:
Voila un aspect sur lequel Evadoc entre en competition frontale avec Scribd: son lecteur de documents est plus léger, donc plus portable, que celui de Scribd. Cependant, tout comme Scribd, le lecteur de documents d’Evadoc en Flash, et donc non compatibles avec l’iPhone.

Du nouveau

De toute évidence, on ne peut pas reprocher à Evadoc de n’en être qu’à l’aube de son aventure, il est donc normal que la startup ait quelques trains de retard sur les leaders du marché. Cependant, la petite boîte court, et va annoncé cette semaine plusieurs changements clés à sa v1:

Différents flux RSS pour les nouveaux documents, pour chaque catégorie ou global
Possibilité de « suivre » un membre : équivalent d’un abonnement aux documents que poste une personne (follow)
Plus de personnalisation des pages d’un membre : couleurs, avatar, etc.
Utilisation des licences Creative Commons pour les publications des membres
Refonte graphique

Avec son approche franco-francaise, Evadoc cible les milieux universitaires ou administratifs effectivement demandeurs de solutions simples pour mettre certains documents publiques a la disposition de tous. Evadoc est loin du stade de la monetisation, mais si l’equipe devait miser sur un poulain, ca serait sur le developpement d’une plateforme de vente de documents. Oodoc a deploye ce type de business model et il semblerait que cela leur reussi plutot bien.

Le risque de l’opportunisme

A la base, Evadoc a vu le jour grace à la motivation exceptionnelle d’une poignée d’étudiants, le site compte aujourd’hui plus de 5 000 créations de compte. Cependant, en s’exposant de plus en plus, Evadoc doit aussi montrer que son modèle est fiable. D’autant plus que jusqu’à présent, Evadoc ne fait preuve d’aucune ambition de différentiation technologique, et préfère se concentrer sur une stratégie me-too but in French. Cette focalisation sur la langue (et non sur l’innovation technologique) est risquée, et on en vient à se demander ce qu’il adviendrait si un leader du partage de documents en ligne décidait d’attaquer agressivement le marché francophone.

Pour répondre à cette question, je me suis tourné vers Trip Adler, co-fondateur et CEO de Scribd, pour savoir de quelle manière un leader du partage de documents en ligne appréhende cette multiplication de la compétition étrangère. Voici son commentaire

We’re excited that there is so much movement in the space. Competition leads to better products which ultimately makes the Internet better. Scribd’s document reader currently supports over 100 languages (including French), and we plan to internationalize all the text on the website.

En d’autres termes, Scribd compte bien proposer une version complètement française de son site. Ceci signifie qu’Evadoc va devoir plancher sur une réflexion de différenciation au niveau technologique, car être Français n’est pas un argument différentiateur suffisant. En se cherchant une originalité technologique, Evadoc ferait bien de se chercher un slogan original, car « le Youtube des documents » a déjà été utilisé par… Scribd.

Alerte! Facebook Surveille Vos Connections IP de Très Près!

Il y a quelques semaines, Gmail faisait buzzer les lifehackers du Web en annonçant un système d’alerte pour tout accès suspicieux à votre boite email préférée. A première vue, l’annonce est rassurante car elle garantit une sécurité supplémentaire. Cependant, les Webeux n’ont pas manqué de remarquer que chez Google nos données personnelles sont donc bien storées et analysées sans que nous en ayons un contrôle dessus.

En fait, Gmail utilise un système similaire à ceux mis en place par Visa ou Mastercard: Ces entreprises stockent vos actes de consommation dans leurs bases de données, et repèrent les répétitions, ie habitudes, par lieu, montant, catégorie, rythme de dépense… Google se limite simplement à la localisation de l’IP (Gmail n’est pas accessible derrière via proxy), et connait vos va-et-vient. Google repère ainsi tout emplacement de connection inhabituel, et vous envoie une alerte.

Hé bien, comme vous pouvez le constater au-dessus, c’est la même pour Facebook. En me connectant ce matin, Facebook m’a soumis à un processus de verification de compte, m’alertant que mon compte avait été accedé via un lieu inhabituel: Captcha et date de naissance ont permis de dévérouiller l’accès à mon compte.

Ceci signifie que tout comme Gmail, Facebook enregistre vos données personnelles. Techniquement, Facebook ne les utilise que pour garantir votre protection en ligne. Cependant, avec Facebook, une épée de Damoclès lévite en permanence au-dessus de vos vies privées, donc ne soyez pas étonnés le jour où vous entendrez que Facebook a vendu vos IP (adresses de connection associées à votre nom) à des partenaires commerciaux pour que ceux-ci puissent mieux vous identifier en ligne.

Twitter nous pond quelque chose d’énorme

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Après deux jours de buzz intensif, Twitter a finalement annoncé le lancement d’une application officielle Twitter pour Blackberry. Dans une avalanche de news, on apprend 24 heures plus tard que Twitter a fait l’acquisition de Tweetie, l’application Twitter sur iPhone. Tweetie va être intégré aux infrastructures de Twitter, l’application sera renommée Twitter , et elle deviendra gratuite.

Cette vague d’achat reflète le lancement d’un plan de monétisation plus intensif pour Twitter Corp . En venant se positionner sur le marché RIM et iPhone, Twitter s’ouvre de nouveaux canaux de revenue potentiel : Encarts pub ou user data sont les deux options auxquelles je pense. En possédant des communautés d’utilisateurs mobile, Twitter pourra également se payer le luxe d’experimenter de nouvelles fonctionalités type check-in.

Cette vague d’achat se déroule une semaine avant la première conférence pour développeurs Twitter, Chirp. Tout développeur hier client de la plateforme Twitter se retrouve aujourd’hui en compétition frontale avec leur maison-mère, du moins sur iPhone et Blackberry. Il est fort probable que seules les applications officielles Twitter seront suggérées aux utilisateurs, ce qui peut fortement détèriorer l’attention que les utilisateurs donnent aux applications tierce.

Un autre détail à cette situation est qu’aucune application Android n’a été acquise ce week-end. Le choix d’applications Twitter dans le marché Android est sympa, mais rien de rock-solid comme Tweetie. Android en soi-même est une plateforme tellement fracturée qu’aucune application ne peut vraiment parvenir à une stabilité parfaite. Je me demande aussi si le fait que Google soit derrière Android n’est pas quelque chose qui gêne Twitter…

Finalement, la rumeur dans le milieu de développeurs Twitter est que Twitter Corp va annoncer durant la conférence Chirp le lancement d’une API dédiée uniquement aux tweets publicitaires : Tout réseau publicitaire générant un revenu via une offre Twitter devra passer par cette API et payer la douane.

En pleine ébulition, voila la formule que j’utiliserai pour définir cette phase de changement à laquelle nous assistons : Au lieu de conserver une stratégie centralisée plateforme, Twitter a sauté dans le marché de son éco-système, probablement dans le but de 1. Développer une relation plus directe avec les utilisateurs mobile, et 2. Mettre en route une pompe à sous qui va justifier les +$150 millions investis dans l’entreprise.