Attack Watch, le bouclier anti-rumeurs d’Obama

Attack watch

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Pendant la campagne 2008 d’Obama, son équipe de communication a lancé fightthesmears.com, un site anti-rumeurs, la propagation des rumeurs étant un sport national durant les périodes électorales aux Etats-Unis. Particulièrement ciblé car favori dans les sondages, la communication d’Obama a eu l’idée d’un site qui réfute les fausses rumeurs, dans l’optique d’éviter de répondre publiquement à toutes les attaques, et peut-être aussi pour pouvoir les tuer dans l’oeuf. Le site a été rebaptisé Attack Watch il y a quelques mois déjà.

Pour rendre cet outil plus efficace, le site diffuse également des alertes, que les internautes peuvent recevoir via leur flux Twitter en suivant le compte @attackwatch, et via email:

« Rejoignez Attack Watch, et parez les rumeurs sur le président avant qu’elles ne commencent. Quand une nouvelle rumeur infondée fait surface, nous vous armerons avec la vérité pour que vous puissiez partager les faits avec vos amis et votre famille. »

Le site permet non seulement de recevoir des alertes anti-rumeurs, mais également de faire remonter une nouvelle rumeur qui commencerait à se propopager. Les équipes de communication collectent les remontées, assignent des priorités et publient des contre-argumentaires pour désamorcer les rumeurs grimpantes avant même qu’elles n’aient eu le temps de se généraliser.

Attack Watch est un nouveau type d’outil d’influence et de lobbying politique, qui s’utilise en dehors des couloirs des parlements, et directement avec les électeurs. Lorsque, en quelques heures, une attaque orchestrée par l’opposition est réfutée par Attack Watch, la confiance des partisans du président est préservée et la manipulation politique échoue. Attack Watch sert aussi en termes d’image, le site communique des valeurs de transparence et de proactivité citoyenne.

Les candidats français sont-ils armés de la même manière pour 2012?

Que reste-t-il du Web 2.0?

J’ai été formé aux outils du Web 2.0 en 2007 à San Francisco. À cette époque, les choses étaient bien différentes: Twitter ne pesait pas plus de 50 000 utilisateurs. Facebook était encore reservé aux étudiants américains et hyper-fermé (quelle ironie!). Le iPhone devait débarquer d’ici sous peu, Digg brillait de mille feux, et le web 2.0 naissant était fracturé en millions de communautés indépendantes qui dépendaient du RSS et de l’email pour communiquer entre elles. Les top users de Twitter n’étaient pas Justin Bieber ou la dernière star à la mode, mais les leaders de l’avènement du Web 2.0, comme Robert Scoble, Kevin Rose, Loic le Meur… Friendfeed dominait la scène technologiquement. Thwirl était l’application pour PC et Mac par excellence pour gérer ses comptes Twitter et Friendfeed. Seesmic était une système de commentaires par vidéo que l’on retrouvait via Disqus et sur Techcrunch. La Crunchbase de Techcrunch n’était pas cette immense base de données de personnes et d’entreprises spécialisées Web, mais une page contenant des noms de startups. Technorati était le principal pôle d’attraction de la blogosphère… Il était simple comme bonjour de créer des bots Twitter qui cartonnaient, d’artificiellement gonflé les compteurs de vues sur les vidéos YouTube, d’automatiser son digging…

Aujourd’hui, Google a lancé Google+ et s’accroche à devenir un réseau social comme Microsoft s’est accroché à devenir un moteur de recherche avec Bing. Pour générer du trafic, plus besoin de référencement naturel: une page Facebook bien likée et un compte Twitter bien followé peuvent faire l’affaire. D’ailleurs, sur beaucoup de sites maintenant , on peut s’inscrire avec un compte Facebook, un constat de la victoire de Facebook sur OpenID. YouTube a fait peau neuve pour asseoir son indéniable domination sur la vidéo en ligne, Viddler a lamentablement échoué, Revver est un vieux navire laissé à l’abandon, Blip.tv tient sur du vent, Vimeo poursuit sa quête autistique vers la vidéo non-commerciale, Dailymotion est tombé entre les mains de l’État français… Zinga, l’éditeur d’applications Facebook, est devenu une multinationale. Toutes les marques, tous les commerces ont une page Facebook, toutes créées sans aucune connaissance des languages informatiques. Les consommateurs aussi se lâchent, et balancent toute leur vie sur le Web, ce qui mène à une infinitude de nouveaux scénarios de conflits que nous n’avions encore jamais imaginés. Digg n’existe presque plus, mais Reddit a gardé sa communauté et son influence. Twitter a levé plusieurs centaines de millions de dollars, a racheté Tweetdeck, s’est établi sur mobile via développement ou acquisition, est devenu le réseau préféré des stars, a joué un rôle central dans les révolutions arabes, est devenu un indice d’opinion publique pendant les périodes èlectorales… Delicious appartient maintenant aux fondateurs de YouTube après avoir moisi quelques années chez Yahoo. Murdoch a vendu Myspace un dixième du prix qu’il l’a acheté. Foursquare a mis le feu aux poudres de la géoloc, alors que Dodgeball s’était pris un gros rateau quelques années plus tôt.

Ces changements étaient imprévisibles, voir improbables, et pourtant telle est la réalité du marché du Web aujourd’hui. Structurellement, le Web 2.0 s’est centralisé autour des plateformes sociales qui ont su s’adapter aux nouvelles tendances. Myspace illustre bien le fait qu’une grosse boîte avec du buzz et de l’argent peut se planter et mourir. Rien n’est jamais joué sur le marché du Web, un environnement qui s’apparente énormément à un jeu d’Othello: le volume importe peu, tout se joue dans le positionnement stratégique et la gestion du risque.

[photo] En 2012, ne votez pas blanc

Ne votez pas blanc - Patrick Lozès

Ne votez pas blanc - Patrick Lozès

Petit message d’un candidat quelque peu inconnu (Patrick Lozès) de rappel aux citoyens de s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre 2011: Ne votez pas blanc! Ha ha, très drôle, vu que le candidat en question est noir. Rigolo, merci!

L’export dans Google Reader rétrovolue

google reader export

google reader export

Google Reader reste un excellent RSS reader aujourd’hui, mais il manque toujours cruellement de fonctionnalités de gestion de contenu et de partage (Ifttt offre de nouvelles possibilités à ce niveau-là). Bonne nouvelle: contre toute attente, l’équipe du product development chez Google Reader n’est pas morte car elle vient d’ajouter quelques options d’export bienvenues. Il est maintenant possible de charger son flux d’articles shared, starred, liked, les notes, les commentaires… au format JSON. Il m’avait pourtant semblé que les fonctionnalités de share, comment et note avait disparu pour être remplacées par Google Plus (ces fonctionnalités n’apparaissent plus dans l’interface utilisateur), donc c’est un pas en avant dans le passé, mais bon tout est bon à prendre chez Google Reader.

Le gouvernement américain veut museler Twitter

hsmpress obama nyt

hsmpress obama nyt

Ces derniers jours, nous avons assisté aux premiers coups de massue que Twitter s’est pris sut le crâne: Aussi indépendant que le service souhaite rester, il ne peut demeurer un service ouvert à tous et pour tous. Le gouvernement américain ne supporte plus que des groupes islamistes proches de la mouvance djihadiste utilisent Twitter pour déployer leur « propagande » et « convertir » des occidentaux. En d’autres termes, Twitter est la nouvelle cible de la guerre aux sorcières de l’ère Ben Laden.

L’enjeu ici est de taille, surtout pour le moral et le devenir de Twitter. Twitter a toujours été le réseau ouvert, technologiquement d’un côté, mais moralement aussi, tolérant que toute opinion s’exprime, et délégant le devoir de censure à ses utilisateurs. Cet aspect d’ouverture fut un des principaux facteurs qui fit de Twitter une fast-growing startup.

Le réseau Twitter est unique, et sa liberté d’utilisation en fait le réseau le plus riche en information en temps réelle. Si le gouvernement américain venait à brider cette liberté, cela signerait la fin de Twitter comme nous le connaissons. Beaucoup d’informateurs risqueraient de quitter le réseau, comme:

  • Les journalistes et philosophes controversés
  • Wikileaks, Anonymous
  • Les représentants des pays ennemis aux États-Unis
  • Les politiciens et groupes politiques extrêmistes
  • Les taupes et autres informateurs anonymes

Lorsque la censure s’installe, la censure s’étale. Si le gouvernement parvient à censurer des comptes, il pourra probablement se procurer dans un futur proche toutes les informations liées à un utilisateur tel que son email, ses coordonnées géographiques, et autant d’informations que Twitter est capable de récolter sur tous ses utilisateurs. Face à cette insécurité de la protection des données personnelles, les whistleblowers et autres informateurs de premier rang quitteront Twitter de peur que le FBI ne débarque à leur porte.

C’est à se demander si l’entrée du prince Al-Walid dans le capital de Twitter à ce moment bien précis du jeu est juste un hasard…