Adieu Starbucks

10 février 2012

adieu starbucks2000 fut l’année d’obtention de mon Bac. 2000 fut aussi l’année de l’obtention de ma carte verte américaine. Cette carte verte me donna le droit de travailler légalement. Direct, j’ai déposé une candidature au Starbucks de la banlieue très suburb dans laquelle je résidais à l’époque. Et direct j’ai été embauché (355755).

Ma relation avec l’employeur Starbucks n’aura pas durer longtemps: 3 mois, peut-être 4. Les horaires étaient plus que pourries, le travail pas vraiment valorisant, et la paie plus que moyenne. Par contre, ma relation avec la marque Starbucks aura perduré bien aù-delà des dates qui nous liaient contractuellement. J’ai toujours été fan du café, de l’ambiance, et de l’omniprésence de Starbucks. Le matin, si j’avais un Starbucks sur le chemin du travail, je m’y arrêtais et j’y achetais une boisson à emporter, plus par automatisme que par besoin. J’étais conscient de ce conditionnement pavlovien mais ça ‘e m’a jamais trop déranger car le café restait à mes yeux un pêché mignon.

Il y a plus d’un an, j’ai commencé à ressentir les effets négatifs de la cafféine. N’étant pas prêt à abandonner la douce saveur d’un café, j’ai décidé de ne boire plus que du déca. Et là, c’est le moment où j’ai vraiment commencé à voir toute la superficialité de Starbucks, de son produit, de ses engagements.

Je suis un buveur de café, coulé à la cafetière, avec un peu de sucre mais rien d’autre. Chez Starbucks, j’ai toujours, toujours acheté les cafés maison (house coffee). Le souci réside dans le fait que Starbucks ne prépare pas de house coffee décafféiné. Seule option: l’américano, boisson qui consiste à mélanger un shot d’espresso avec de l’eau pour ressembler à un café coulé. Par défaut, l’américano est une boisson dégueulasse, mais c’est encore pire quand on le commande à Starbucks.

Pendant un an, j’ai régulièrement acheté des grande americanos décafféinés, une boisson qu’il faut payer un peu moins de 3 euros. Plus de la moitié du temps, mon café était juste abject, dégueulasse, imbuvable. Voyez-vous, aussi talentueux le concept de Starbucks fusse-t-il, la chaîne reste une formule de fast-food adaptée au café: malgré les prix élevés, les employés restent médiocrement rémunérés, et cela se ressent dans la qualité des boissons servies. Voici deux cas de figure qui m’ont régulièrement mis hors de moi depuis que je suis un buveur de déca client chez Starbucks:

  1. Le barista ne prépare qu’un shot ou deux d’espresso décafféiné, au lieu d’en préparer trois: du coup la boisson à 3 euros est un véritable jus de chaussette imbuvable.
  2. Le barista prépare ma boisson et l’appelle au comptoir: « grande américano ». Je demande si il est décafféiné. Long regard incertain pendant lequel je peux lire l’énervement d’avoir à refaire une boisson dans les yeux du barista… « Oui oui, il est décafféiné ».

Ces deux situations se produisent très fréquemment, et c’est extrêmement irritable lorsque le seul intérêt à payer plus chez Starbucks est d’avoir une expérience de qualité. Après un an d’expériences bafouées (je suis tenace), j’ai finalement dit stop à Starbucks. Non pas que je n’y retournerai plus, mais je ne serai plus un junkie de la marque, à prendre un café au passage parce que « le Starbucks est juste là ». Comme quoi, la proximité et le concept ne font pas tout: si le produit est pas bon, ça finit forcément par échouer.