Diversifier l’activité de son entreprise dès le début

Il y a 10 ans, alors que je sortais tout juste de l’école, j’ai créé ma première entreprise. Côtoyant des entrepreneurs du milieu internet, je m’étais positionné comme professionnel de la communication sur le web 2.0. Bien que le créneau était porteur, l’entreprise n’a pas décollé. Cet échec, je l’attribue à une multitude de facteurs :

  • Inexpérience face au monde des affaires
  • Inexpérience dans l’administration d’une entreprise
  • Faible réseau professionnel
  • Instabilité familiale
  • Précarité financière
  • Activité peu diversifiée

Depuis, j’ai ajusté mes soucis familiaux, financiers, et je me suis plus familiarisé au monde des affaires et de l’entreprise de manière générale. J’ai également élargi mon réseau professionnel.

En ce qui concerne l’administration d’une entreprise, je me suis rendu compte que ça ne m’intéresse pas du tout, et que si je relançais une entreprise, il me faudrait de quoi payer des fournisseurs de services administratifs et légaux de confiance.

D’ailleurs, en contemplant l’idée de la création d’une nouvelle entreprise, je suis particulièrement intéressé par la manière de diversifier mon activité dès le début. Pourtant, beaucoup d’entrepreneurs ayant connu le succès diront que pour faire décoller son projet, il faut se concentrer sur une chose et l’exécuter à la perfection. Se diversifier serait comme éparpiller son esprit et ses ressources, réduisant les chances de réussite de chaque projet entrepris.

Mon expérience ne m’a pas enseigné exactement la même chose. Tout miser sur un produit a été la cause de mon premier échec. Tout d’abord, le service que je proposais était plutôt long à vendre (communication aux entreprises) mais je dépendais des revenus de l’entreprise pour vivre. Du coup, je mettais des grands coups d’accélérateurs, je travaillais d’arrache-pied pour faire connaître mon entreprise, mais je ne parvenais pas à casser le mur du temps qui me faisait face.

Avec le recul, je peux dire que j’ai inutilement consommé BEAUCOUP d’énergie pour rien. Cette énergie aurait dû être consommée pour d’autres projets qui auraient apporté les quelques revenus supplémentaires dont une entreprise a besoin pour vivre les premiers mois. D’autres projets auraient pu susciter plus d’intérêt que celui que je développais. J’ai abondamment arrosé une seule graine alors que j’aurai dû en arroser modérément plusieurs.

Je ne compte pas faire des croissants le matin et vendre des chauffages l’après-midi (encore que… écouter ce podcast). Des synergies doivent exister entre les projets entrepris pour centraliser leurs ressources, voir les fusionner si besoin est. Si certains projets ne prennent pas et ne suivent plus la logique de développement de l’entreprise, poubelle !

Ce n’est peut-être pas le conseil que l’on donne aux étudiants en école de commerce, mais je trouve l’entrepreneuriat beaucoup plus satisfaisant lorsque l’on peut s’aérer l’esprit en passant d’un projet à un autre.

Mybloglog et la disparition des communautés de blogueurs

À l’époque de l’avènement des blogs, les communautés de blogueurs cartonnaient. Mybloglog était le leader sur le marché. Le site offrait un widget qui permettait d’identifier les autres membres de la communauté qui venaient de visiter son blog, et surtout l’on pouvait soumettre le flux RSS de son blog afin de partager les nouveaux articles automatiquement avec la communauté. Technorati faisait aussi fureur, le site offrait un système de ranking des blogs, et cela permettait pour les professionnels de la comm online d’identifier les blogueurs influents.

En fait, il existait pléthore de communautés de blogueurs, et les rejoindre faisait partie des démarches SEO pour optimiser son blog et sa visibilité. Certains proposaient même de troquer du trafic : Je fais des points en visitant les blogs des autres membres de la communauté, et en échange les autres membres de la communauté visite mon blog à hauteur des points que j’ai accumulés. Certains services proposaient également un widget qui se positionnait à la fin des articles, et qui suggérait des contenus d’autres blogs en échange d’envoyer du trafic vers mon propre blog à hauteur du trafic que je donnais.

Après que Yahoo! ait racheté et tué Mybloglog, il semblerait que la mode des communautés de blogueurs se soit évaporée. Les sites qui se disent communautés de blogueurs aujourd’hui ne sont en fait que des plateformes de publication de billets. Le contenu n’est plus sur notre blog, mais sur la plateforme communautaire. Ainsi, on ne peut plus faire de revenus pubs, et les retombées SEO sont hyper-limitées. Ces sites tentent d’attirer des rédacteurs en leur proposant de mettre en avant leur expertise, ce qui est beaucoup moins intéressant.

Certes les réseaux sociaux ont pris le relais pour relayer les articles de blog sur la toile. Certes un lien publié sur Twitter bénéficiera de plus de (potentiel de) visibilité. Cependant, impossible avec les réseaux sociaux de faire un ranking des meilleurs blogs dans une catégorie donnée. Impossible d’identifier les blogueurs qui partagent les mêmes centres d’intérêts (enfin ça demande des efforts, et on ne sait jamais si on a tout exploré ou non). De plus, avec les réseaux sociaux, la discussion a quitté les espaces de commentaires et s’est éclatée sur la multitude de réseaux sur lesquels les liens sont partagés.

Cette remarque concerne également les sites dits Digg-like (link-sharing) : Où est passée la multitude de sites Digg-like qui animaient autrefois le web ? Reddit subsiste en anglais, mais ne pèse pas grand chose pour le petit blogueur français. Le fondateur de Youtube a racheté Delicious (une autre communauté tuée par Yahoo!) mais n’est pas parvenu à le relancer.

Bien que les évolutions du web de l’information soient satisfaisantes, je ne comprends pas pourquoi il n’existe pas de nouveau Mybloglog, une communauté spécifiquement dédiée au blogging, au partage de contenu, et à la découverte d’autres blogueurs. Pas de business model ? Je suis sûr qu’avec les nouveaux modèles de monétisation, et la forte démocratisation qu’a connu le web ces dernières années, ce genre de sites pourrait faire fureur et ranimer l’envie d’avoir son propre blog.

Le web se meurt

(Ceci est un billet d’humeur)

Lorsque le web est arrivé sur nos écrans d’ordi, c’était un vent de liberté qui souffla dans nos foyers. A la fin des années 90, alors en pleine adolescence, je découvrais les chatrooms de Yahoo, les premiers moteurs de recherche, l’email (avec Juno gratuit). Les connexions étaient lentes (surtout avec le 56K), mais il s’agissait d’un univers vierge et porteur de nouvelles possibilités. Aurevoir démineur et solitaire !

Début 2000, je passais mes soirées de weekend à jouer à Unreal Tournament en réseau en écoutant des nouveaux sons téléchargés sur Napster que je n’aurai jamais pensé à acheter en magasin. Là je commençais à vivre un vrai changement !

Puis vers 2005, Friendster, Myspace, puis Facebook ont ajouté une nouvelle dimension à l’outil, plus social ce coup-ci. On dépendait toujours d’un ordinateur pour se connecter, mais on était en contact avec sa liste d’amis, pour partager des photos et s’inviter aux soirées.

Le dernier souffle fut l’arrivée des smartphones, qui simplifia tout et rendit tout accessible. Du coup, alors que le web était encore une affaire de jeunes ou de geeks, il est devenu le principal média par lequel nous faisions tout. Les moins geeks d’entre nous sont devenus les plus accrocs à leur téléphone, renversant complètement la tendance des premiers jours. C’était l’ère du tout, partout, tout le temps.

Du coup, sans vouloir y croire jusqu’à la dernière seconde, nous sommes entrés dans l’ère du big brother, où nous partageons volontairement notre vie avec le Système que nos gouvernements administrent de mieux en mieux.

Seulement voilà, j’en viens à me fatiguer du web en général. Je dépends toujours du medium pour le travail, mais il ne me fait plus vibrer. Il n’y a plus d’innovation majeure. Le e-commerce est le même depuis 10 ans. Les moteurs de recherche aussi. Sans parler de Wikipédia qui semble n’avoir jamais changé de design depuis sa création. Facebook a avalé toutes les technos sociales pour devenir la plateforme officielle de l’ennui. Chaque nouvelle startup annoncée comme le game-changer n’est rien de plus qu’une nouvelle fonctionnalité dans ce grand web qui vieillit. La logique de marché qui domine le web l’a rendu inerte. Je recherche désespérément le divertissement avec 9gag et Netflix. Surtout, le web n’a rien arrangé : mon voisin est toujours cet inconnu avec qui j’échange un bonjour ou une discussion stérile de temps en temps alors que nous avons tellement en commun, les inégalités sociales sont toujours aussi fortes, et les guerres sont toujours le principal moteur de nos économies. Qu’avons-nous donc achevé avec ces bijoux de technologie que nous avons tous entre nos mains ?

Le web se meurt doucement mais sûrement. Au passage, nous avons abandonné tous nos savoirs-faires, toutes nos connaissances, parce qu’il suffit de les googler pour y accéder. Une coupure d’électricité et nous voilà tous retombés à l’âge de pierre. Je pense cependant qu’une nouvelle technologie va se développer, qui prendra en compte les risques inhérents au web pour les contourner. Une nouvelle technologie qui sera intrinsèquement conçue pour pallier aux problèmes les plus fondamentaux de nos sociétés. Une nouvelle technologie qui nous rendra plus fort, et vis-à-vis de laquelle nous pourrons rester indépendants. Du moins je l’espère.