Mort de Google Reader, renaissance du lecteur RSS

google reader end

On savait tous que ça allait arriver un jour, mais la nouvelle fit quand même mal: début juillet 2013, Google va fermer Google Reader pour de bon! Pour contextualiser, Google Reader est le meilleur lecteur de flux RSS sur le marché actuellement, et des dizaines de clients existent pour lire ses flux sur des interfaces améliorées. Pourquoi Google Reader ferme-t-il ses portes et quelles sont les alternatives à la hauteur du défunt service?

La fin du RSS

Depuis longtemps, il était clair que Google ne prêtait plus beaucoup attention aux flux RSS: la dernière mise à jour de Google Reader remonte à plusieurs années, Chrome ne lisait pas les flux RSS, et Feedburner n’a également connu aucune amélioration majeure depuis son rachat par Google en 2006 (le programme Adsense for feeds a été interrompu il y a 6 mois).

Le format RSS nécessite un minimum de connaissances techniques pour être utilisé à bon escient, et c’est probablement sur ce point que les internautes ont butté.

Et pourtant, il y a dix ans, alors que les blogs explosèrent sur la toile, le format RSS restait le meilleur moyen pour suivre des blogs en quantité. Le flux RSS a permis à des sites tels que TechCrunch d’afficher son succès grandissant: les compteurs d’abonnés Feedburner étaient l’indicateur le plus fiable pour évaluer la popularité réelle d’un blog.

Google+

Malheureusement, en cours de route, les réseaux sociaux ont explosé, avec des paradigmes de diffusion de l’information plus évolués et plus social. Dans cette course, Google a pris une claque par Facebook qui s’est hissé au rang de compétiteur pour la domination du web. Pris de vitesse, Google a tout essayé: Friendconnect, Buzz, Wave, pour finalement établir Google+ comme le composant social qui serait présent au sein de tous ses produits ou presque.

Mais pour hisser Google+ au rang de Facebook, Google met toutes les chances de son côté, et cela implique faire plancher l’équipe de l’excellent Google Reader sur G+. Google Reader fut à une époque l’un des réseaux sociaux les plus chauds en termes d’actualités: grâce à la défunte fonction « share », les utilisateurs pouvaient se suivre et les curateurs connaissait un certain succès. Une application, Readburner, avait été créée pour repérer tous les sujets les plus partagés sur Google Reader, pour le plus grand bonheur des newscrunchers. Semblable à Digg au niveau du design, Readburner livrait une citation de l’information aussi quali que Techmeme. Readburner a été racheté et fermé par les propriétaires de ReadWriteWeb (aujourd’hui ReadWrite), et la fonction share a été désactivée il y a presque 2 ans pour être remplacée par un bouton +1.

Le choix de remplacer un réseau Google Reader-only par un réseau global Google+ est questionable, mais Google n’a plus le choix, car son modèle de domination est aujourd’hui sévèrement menacé. Google a tué l’un des produits favoris de la communauté technophile internationale, en espérant le remplacer par un produit hybride, à la croisée des inspirations de Twitter et Facebook, un choix qui peut make or brake le succès de la multinationale de demain.

Les alternatives à Google Reader

Et voilà que nous nous retrouvons aujourd’hui des millions d’utilisateurs à errer en quête d’un lecteur de flux RSS qui pourrait égaler l’ergonomie et la puissance de Google Reader. Le défi est de taille sachant que Google n’est lui-même jamais parvenu à monétiser son lecteur de flux RSS, ce qui signifie que Google a perdu de l’argent toutes ces années pour nous offrir son Reader gratuitement. Il est aujourd’hui complètement illogique pour un fournisseur de services en ligne d’offrir un service comparable à Google Reader gratuitement: la seule solution qui existe aujourd’hui pour monétiser un lecteur de flux RSS, c’est de faire payer les utilisateurs.

On trouve cependant sur le marché des produits similaires qui peuvent répondre à la plupart de nos besoins.

Feed Demon

Pour les besoins professionnels, Feed Demon est un bon outil. Développé par l’équipe de Newsgator, Feed Demon est un logiciel qui s’installe sur Windows. Il est possible d’importer un fichier OPML, de classer ses flux dans des dossiers, de les tagger, de faire des recherches dans l’ensemble des flux mis en cache, ainsi que des statistiques sur la consommation des flux par l’utilisateur. Feed Demon propose également une fonctionnalité absente chez Google Reader: un système d’alerte qui tracke et répertorie tous les articles contenant des mots-clé prédéfinis, afin de rajouter une couche d’analyse dans sa veille…

Vu que Feed Demon n’est pas web-based, vos flux ne sont pas hébergés en ligne et donc pas accessibles depuis n’importe quel appareil. Il n’existe donc pas d’accès internet à vos flux, ni d’application mobile pour lire ses flux dans le métro… C’est là la grosse faiblesse de Feed Demon qui ne peut tourner que sur une seule machine.

Cependant, pour se consoler de ce shortcoming, il existe quelques fonctionnalités de partage des contenus facilement détournables, donc avec un peu d’imagination, Feed Demon se trouve être un outil sympa à manipuler.

Feed Demon existe en freemium, avec une version gratuite qui couvre la majorité des fonctionnalités nécessaires à une bonne veille.

Feedly

À l’heure actuelle, Feedly n’est ni plus ni moins un client Google Reader. Cela signifie que le jour où Google Reader fermera ses portes, Feedly n’aura plus de serveurs dans lesquels aller chercher vos flux, et rien ne garantit aujourd’hui que l’équipe de Feedly va développer à temps toute la solution back-end pour remplacer Google Reader, bien qu’elle s’est engagée à le faire en temps et en heure.

The Old Reader

Voilà une bonne alternative à Google Reader. The Old Reader est un lecteur de flux RSS basé en ligne très similaire à Google Reader en termes de fonctionnalités et d’ergonomie. Il permet l’upload d’OPML, le rangement par dossier, et surprenante surprise, un réseau social interne existe pour que les utilisateurs puissent partager entre eux les contenus qui les intéressent.

Cependant, le service ne s’attendait probablement pas à la fermeture annoncée de Google Reader et donc à l’afflux de nouveaux utilisateurs, car cela fait plusieurs jours que mon upload d’OPML est bloqué. Je suis en file d’attente avec 2121 utilisateurs devant moi qui attendent l’import de leur OPML.

Netvibes

Netvibes est indéniablement l’un des grands acteurs historique dans l’évolution des flux RSS. Le service permet de s’inscrire à autant de flux qu’on le désire, d’insérer des flux Twitter, de paramétrer des recherches sur un bouquet de flux, avec des options de partage avancées.

N’étant pas un grand fan de Netvibes (je n’accroche pas du tout avec son ergonomie), je ne vais pas trop m’étendre sur le sujet, mais le service est costaud et reliable.

Un nouveau marché du lecteur RSS

500 000 utilisateurs ont fait l’exode de Google Reader à Feedly au 17 mars 2013, un chiffre communiqué par la startup elle-même. Google Reader comptait effectivement des millions d’utilisateurs (aucun chiffre officiel n’a été communiqué, mais l’utilisation de Google Reader est plus que largement répandue chez les communautés technophiles). Cela signifie que les acteurs sur le marché, tels que ceux cités ci-dessus, font aujourd’hui face à la plus grosse opportunité de leur existence: le leader du marché a décidé par lui-même de se retirer, abandonnant ses millions d’utilisateurs à la portée de ses concurrents.

Cependant, quel modèle de monétisation choisir? Si Google Reader a échoué avec une base de plusieurs millions d’utilisateurs et les moyens colossaux de le Google corporation, des acteurs avec moins de ressources et de moyens vont-ils y trouver leur compte? La monétisation des flux avec de la publicité fut un échec pour Adsense for feeds. Les modèles de monétisation en freemium tels que celui de Feed Demon ne garantisse pas des revenus qui peuvent supporter plusieurs millions d’utilisateurs en mode free. Netvibes offre des solutions payantes pour les entreprises mais cela n’a pas permis à la boite de faire décoller ses revenus (Netvibes a été racheté en 2012 par Dassault System pour 20 millions d’euros). TheOldReader est complètement gratuit, ce qui limite énormément son potentiel de développement. Aucun lecteur de flux RSS ne connait aujourd’hui un épanouissement économique marquant. La disparition de Google Reader va-t-elle donc changer la donne sur le marché des lecteurs de flux RSS?

Google shoote ses flux RSS

google starwars

google starwars

Google+ fut le plus gros projet (côté front) que Google a entrepris jusqu’ici, l’intégration du produit ayant provoqué la refonte de presque tous les autres. Conçu pour concurrencer Twitter et Facebook, Google+ se concentre sur les nouvelles technologies du Web et abandonne au passage le RSS. On observe ça et là que des boutons RSS disparaissent, sans que les équipes techniques de Google ne préviennent leurs utilisateurs au préalable. Qu’en est-il? Le leader du Web est-il en train de tuer l’atom?

Google My Maps

A l’époque, il était possible de s’inscrire aux modifications d’une carte Google My Maps (service de création de cartes par Google) par RSS: typiquement, dès qu’on ajoutait des marqueurs sur sa carte, ça générait de nouvelles actualités dans le flux RSS. Je suis retourné il y a quelques jours sur mon compte My Maps avec l’espoir de réaliser un petit hack sympa avec le flux d’une carte et un WordPress, seulement pour me rendre compte que les flux avaient disparu. L’export en KML est toujours là, mais plus de flux RSS. Il se trouve que Google a éteint cette fonctionnalité en douce en avril 2011, pensant que personne n’allait remarquer. Après un mois d’attente, voici ce que Google a finalement annoncé:

This is actually not a bug. Due to low usage, the decision had been made to deprecate the feature. Apologies for not reaching out to you all sooner about the change.

I’ve passed along this thread to the product team, to show your enthusiasm for this particular feature in case they reconsider this change down the road. So a big thank you to everyone for speaking up in this thread.

A few of you have mentioned workarounds — i.e., using the KML output and converting it to GeoRSS using a variety of methods — and these should work just fine.

Google Reader

Autre exemple en date: Google Reader a subi courant novembre 2011 le changement de design que Google a opéré sur une majorité de ses produits. Le changement le plus remarqué fut la disparition de l’option « share » qui permettait aux utilisateurs de facilement créer un flux RSS de lectures à partager. Néanmoins, les utilisateurs furent moins nombreux à remarquer qu’une autre fonctionnalité avait aussi disparu: avec Google Reader, il était possible de créer des catégories de flux RSS (folders) ET d’en obtenir un flux RSS sortant en allant dans les options et en cochant la case « share publicly ». En d’autres termes, on pouvait créer toutes sortes de nouveaux flux RSS avec Google Reader, et cette fonctionnalité n’existe plus aujourd’hui.

Google Plus

Bien sûr tous ces changements, nous les devons au besoin de Google de nous faire adopter Google+. Twitter et d’autres le font aussi. Le problème avec les flux RSS, c’est qu’ils ne sont pas très social-friendly: il faut connaître les lecteurs RSS pour les lire, et la plupart des lecteurs n’offrent pas de fonctionnalités de partage avancées. Google préfère aujourd’hui que votre lecteur de flux RSS soit votre compte Google+, et que votre bouton d’inscription à un nouveau flux soit le « add to circle » de Google+, ce qui n’est pas dénué de bon sens.

D’autres indices de cette tendance:

  1. Google Search n’a jamais proposé de flux RSS pour ses recherches universelles
  2. Youtube a toujours été très discret avec ses flux RSS
  3. Google Spreadsheets a imposé une limite en novembre 2011 sur le nombre de flux RSS que l’on peut importer dans une grille (IMPORTFEED)
  4. La fonction de suivi par flux RSS d’une grille Google Spreadsheets semble également se faire de plus en plus timide
  5. Des flux RSS pour les profils Google+ existent, mais ils ne sont pas mis en avant, leur utilisation n’est pas suggérée.
  6. Feedburner n’a plus évolué depuis 2005 (année de rachat par Google), si ce n’est l’intégration avec Adsense

L’inscription par flux RSS n’est clairement plus la grande priorité de Google pour connecter les internautes avec le Web: Le social web a eu le dernier mot, le subscribe by RSS va mourir, remplacé par les share/RT/follow/like/add to circle/… qui symbolisent l’écrasement complet de la version 1.0 du Web par la version 2.0.

L’export dans Google Reader rétrovolue

google reader export

google reader export

Google Reader reste un excellent RSS reader aujourd’hui, mais il manque toujours cruellement de fonctionnalités de gestion de contenu et de partage (Ifttt offre de nouvelles possibilités à ce niveau-là). Bonne nouvelle: contre toute attente, l’équipe du product development chez Google Reader n’est pas morte car elle vient d’ajouter quelques options d’export bienvenues. Il est maintenant possible de charger son flux d’articles shared, starred, liked, les notes, les commentaires… au format JSON. Il m’avait pourtant semblé que les fonctionnalités de share, comment et note avait disparu pour être remplacées par Google Plus (ces fonctionnalités n’apparaissent plus dans l’interface utilisateur), donc c’est un pas en avant dans le passé, mais bon tout est bon à prendre chez Google Reader.

A quelle heure tweeter?

twitter coucou

twitter coucou

Début avril, on a suivi la sortie de Tweriod, une application qui vous permet de savoir à quelles heures vos followers sont en ligne, captifs, et prêts à consommer vos tweets. Les graphes offerts sont intéressants mais laissent un peu pantois:

Tweriod graphe

Tweriod recommendations

La semaine dernière, nous avons aussi assisté à l’arrivée de Timely.is, un outil qui va encore plus loin en vous offrant de choisir pour vous les meilleures heures pour publier vos tweets. En gros, avec Timely, on ne choisit plus quand nous publions nos tweets: Nous les programmons, et Timely détecte les heures de plus grande affluence de followers et publie nos tweets à ces instants précis.

Tweriod comme Timely s’applique à observer le comportement de vos followers pour déterminer les heures de pointe. Comment? La méthodologie consiste, dans les grandes lignes, à scruter les heures de publication des derniers tweets de vos followers, pour déterminer l’heure où vos followers sont les plus actifs. Ceci dit, quand on y pense, avec la méthodologie offerte par Tweriod et Timely, les heures d’affluence sont également les heures où vos tweets sont le plus en concurrence avec ceux des autres, vu que c’est l’heure où ces applications ont déterminé que c’était le créneau où vos followers tweetaient le plus. En alignant son tweet sur ceux des autres, on risque au final de noyer celui-ci dans l’affluence des heures de pointe en dilluant son importance dans la masse.

D’autres méthodes, plus manuelles certes, permettent d’évaluer les bonnes heures pour tweeter en se basant sur les heures d’engagement avec vos tweets. Voici l’une de ces méthodes:

Cet article propose une solution tout à fait originale et élémentairement bien pensée pour vous faire une idée des créneaux horaire de forte audience autour de vos tweets (et de ceux de n’importe qui soit dit en passant). Voici la démarche à suivre pour identifier ces heures de prime time, et optimiser en aval les retombées de chacun de vos tweets:

Dans un premier temps, à partir du moteur de recherche de Twitter, tapez la requête RT @votrepseudo, dans notre cas ici RT @TwtRdar:

Recherche twitter retweets

A partir de la page de résultats, copier l’adresse du flux RSS de cette page, et abonnez-vous à ce flux à partir de votre compte Google Reader:

RSS RTs google reader

La mauvaise nouvelle, comme vous pouvez le constater, c’est que pour le moment, le flux est nouveau, donc l’heure de publication des derniers RTs affichent l’heure d’inscription au flux RSS. Cela veut dire qu’il va falloir laisser mariner ce flux dans votre Google Reader pendant une semaine ou deux, et continuer à tweeter comme vous le faîtes d’habitude. A la suite de ce procédé, et de l’attente requise, retournez sur la page du flux RSS dans Google Reader, et cliquez sur « Show details ». Cette fonctionnalité vous permet de visualiser le nombre de publications dans votre flux RSS par heures, jours, et sur les 30 derniers jours. Voici une capture volée de l’article original du rendu de ce procédé (auteur: @cspenn), il faut se concentrer sur les colonnes bleues:

Et voilà, tout de suite, on voit mieux quels jours, mais aussi quelles heures, garantissent un engagement optimal avec vos tweets. Cette méthode requiert bien évidemment qu’un minimum de 15-20 RTs vous soient adressés par semaine, sinon il n’y aura pas de données à analyser. Cependant, comme je disais en intro, cette technique peut s’appliquer pour n’importe quel pseudo Twitter, donc si vous êtes particulièrement fan de la manière de tweeter de tel ou tel twittos, trackez leurs RT @pseudo dans votre RSS Reader, et inspirez-vous en!

L’auteur du billet à l’origine de cette méthode met cependant en garde les twittos concernant les interprétations hâtives de ce genre de données, qui ne sont à interpréter qu’en termes de tendances, et non de phénomènes invariables. Il poursuit d’ailleurs son discours etn proposant d’autres techniques de mesure d’audience, en modulant les opérateurs de recherche, et en distinguant conversation et conversion. Lecture fortement recommandée!

PS: L’application Whentotweet avait l’air intéressante mais elle ne marche pas 🙁