wikipedia perfection

Wikipedia, un exemple de perfection socio-technologique

Lorsque l’on créé un site web, développer une communauté représente l’un des principaux challenges qui dépasse les lois de l’informatique et nous fait pénétrer dans la dimension psycho-sociale d’Internet: comment intéresser les individus? Comment leur donner un sentiment d’appartenance à la communauté? Comment organiser les membres de la communauté pour en garantir la préservation? Comment garder les rênes sur la gestion du site avec une communauté qui grandit et réclame des privilèges décisionnels?

La gestion de la communauté

Parvenir à croître une communauté ainsi qu’à la canaliser n’est pas chose facile. Cela s’apparente même à de la science politique, une discipline fort complexe et qui se réinvente constamment au gré de l’actualité. Si le gestionnaire d’un site opère de manière trop autoritaire et n’inclut jamais l’avis de sa communauté dans ses choix de développement, celle-ci se sentira lésée, et cela aura un impact sur le désir de s’investir de ses membres. Si le gestionnaire du site adopte un style trop laisser-faire, alors il y a des chances pour que les débordements se multiplient, et qu’à terme le chaos social fasse fuir les membres. Le gestionnaire doit donc opter pour un modèle démocratique de gestion de sa communauté, c’est-à-dire définir des lois et un système décisionnel composé de responsables communautaires intégrant l’avis de la communauté dans leurs décisions.

L’objectif de la communauté

Selon le projet que porte la communauté, le besoin de structures sociales sera plus ou moins grand: sur Hot or Not, l’utilisateur est limité à un choix dans son interaction avec le site (Hot ou not hot). Sur Reddit, les utilisateurs doivent soumettre des contenus intéressants et voter pour les meilleurs contenus. La communauté est donc en charge de mettre en valeur les contenus qui intéressent le plus les internautes, une tache peu évidente qui requiert une certaine discipline éditoriale. Sur Wikipedia, la tache est infiniment plus complexe: la communauté est en charge de reproduire les principales connaissances de l’humanité de la manière la plus objective possible. Ici, la responsabilité de la communauté est conséquente, car le contenu produit doit être complet et de qualité encyclopédique.

Sur Hot Or Not, seule une action est requise chez les utilisateurs, les risques de débordements restent donc limités. Sur Reddit, les risques sont plus élevés, les utilisateurs pouvant soumettre des contenus indésirables et abuser des algorithmes du site. Sur Wikipédia, les risques sont très élevés, les utilisateurs étant en charge d’écrire la principale source de connaissances sur terre. Plus les risques sont élevés, plus le besoin de créer une couche d’utilisateurs-modérateurs se fera ressentir.

Les obstacles au développement communautaire

Comme évoqué plus haut, le style de management de la communauté peut être une entrave à l’épanouissement de ses membres. Les outils dont jouissent les membres pour construire le contenu détermineront également leur contrôle sur l’évolution du contenu, et donc la sensation de contribuer activement à un projet global. Peu d’outils à disposition de la communauté réduit l’engagement de ses membres. L’importance du projet tel qu’il est perçu par les partis externes à la communauté dynamise également ou non l’effet identitaire d’appartenance au site. Ainsi, la réputation d’un site va fortement influencer le désir de ses membres à s’y investir, et va même aller jusqu’à déterminer la typologie de ses membres.

Je partageais une discussion avec un collègue qui m’expliquait qu’une de ses connaissances possédait une communauté de contributeurs sur son site qu’il avait développé en distribuant des privilèges à certains membres afin d’en faire des modérateurs actifs ainsi que des ambassadeurs. Un système de distribution des tâches et des responsabilités engrange une hiérarchie sociale, une dynamique essentielle dans le développement d’une communauté.

Les epic fail

Les histoires d’échecs de développement communautaire sont nombreuses sur le web: Digg s’était fortement appuyé sur la force de certains de ses membres pour se développer. Ces membres avaient acquis un pouvoir tel qu’ils constituaient un contre-pouvoir qui entravait sérieusement les décisions des équipes officiellement dirigeantes. Ne parvenant pas à reprendre le pouvoir, Digg a décidé d’irradier ces membres influents de sa communauté un après l’autre. En agissant de la sorte, Digg s’est coupé une jambe et a perdu son aura de pionnier prometteur de l’ère 2.0.

Twitter a également traversé des embrouilles communautaires. Pour croitre, Twitter avait fait le pari ambitieux d’ouvrir complètement ses APIs aux développeurs indépendants afin qu’ils développent eux-mêmes les fonctionnalités destinées aux utilisateurs. À ses débuts, 80% de l’activité générée sur la plateforme Twitter provenait des applications tierces. Lorsque Twitter eut atteint un certain seuil de développement, les besoins de consolidation et de réappropriation des membres de sa communauté se sont fait ressentir. Twitter a alors abandonné sa politique d’ouverture de ses APIs, coupant ainsi le courant à des dizaines de milliers d’applications tierces qui disparurent du jour au lendemain. Du coup, les développeurs ont déserté l’API par milliers, et l’écosystème des outils Twitter s’est fortement appauvri.

Le point de cassure suite à un désaccord entre un gestionnaire de site et sa communauté est variable: une communauté se retrouve asservie à son site si celui-ci ne connait pas de concurrence sérieuse. Par exemple, sur Facebook, la communauté a souvent exprimé un fort désaccord vis-à-vis de certains axes d’évolution de la plateforme. Cependant, où aller à part Facebook pour retrouver toutes ses connaissances? Facebook tient un monopole sur le marché des réseaux sociaux, tout comme Google sur le marché de la recherche en ligne… Leurs utilisateurs peuvent se plaindre, mais ils peuvent difficilement fuir… D’un autre côté, sur un forum classique, si la communauté se retourne contre les dirigeants, il sera aisé de reproduire un forum identique et faire migrer les membres de la communauté vers ce nouveau site.

Le rayonnement de Wikipédia

De tous les sites qui dominent le web aujourd’hui, Wikipedia est de loin l’exemple par excellence de réussite communautaire:

  1. La communauté Wikipedia est ouverte à tous.
  2. Le site figure dans le top5 des plus fréquentés au monde.
  3. Plusieurs centaines de milliers de membres ont déjà contribué à l’encyclopédie ouverte.
  4. Le site est la principale source de connaissances sur le Web.

Outre ces mesures quantitatives, Wikipédia a atteint une qualité incomparable dans l’histoire du user-generated content: le contenu du site est entièrement produit par ses utilisateurs, de la création des pages à leur modération, en passant par la définition de l’ensemble des règles qui encadrent le processus de création. Wikipédia est presque intégralement le fruit de sa communauté qui a littéralement fait la plateforme.

La communauté est tellement impliquée et soudée que ceux qui le souhaitent peuvent créer leur propre Wikipedia en s’appropriant MediaWiki, le logiciel qui permet de créer et gérer un wiki, et que l’association met à la libre disposition des internautes. Les gestionnaires du site ne s’inquiètent pas de la fuite de leur communauté: Celle-ci est si bien ancrée dans le site qu’il faudrait un tremblement de terre numérique pour la faire fuir.

Pour évoluer de la sorte, l’équipe dirigeante de Wikipedia a décidé de tout faire pour favoriser la croissance d’une communauté pérenne: le coeur dirigeant ne s’est pas formé en entreprise mais en association, pour défendre au maximum un positionnement de neutralité. Les dirigeants de l’association sont cantonnés à gérer la dimension juridique du projet, l’hébergement des données, ainsi que de donner les directives globales de développement de la plateforme. Des administrateurs bénévoles enclenchent le pas pour la mise en place opérationnel et son bon déroulement. Des modérateurs, eux aussi bénévoles, contribuent à la plateforme mais interviennent également sur les situations de mésentente et de conflit. Ces modérateurs sont les ambassadeurs des principes philosophiques de la communauté. Viennent ensuite les contributeurs réguliers, des membres qui s’investissent pour le pur plaisir de faire évoluer le savoir publiquement accessible du site. Enfin, une couche importante de contributeurs occasionnels viennent compléter les connaissances manquantes, souvent de manière anonyme, mais presque toujours sous l’oeil averti des modérateurs et des contributeurs réguliers.

Indéniablement, le système de hiérarchie sociale de Wikipedia est le plus évolué de tout le world wide web, étant composé de plusieurs « classes » de membres ayant chacune en charge la gestion d’un organe vital du site.

En termes d’outils, la communauté n’est pas en manque: guide d’utilisation exhaustif, espaces de discussion, syntaxes de mise en forme, ajout de média, gestion des versions, modération et blocage des membres, interfaces de veille, outils d’analyse des contenus, d’analyse des comportements, … Wikipédia possède une infrastructure socio-technologique complexe.

Se moquer de la perfection

Il est donc risible d’entendre les journalistes et autres intellectuels de comptoir critiquer la véracité des informations publiées sur Wikipédia ainsi que les compétences de sa communauté. Tout d’abord, la communauté n’est rien de plus qu’un échantillon de l’humanité, dotée des faiblesses propres au type humain.

Ensuite, l’information produite sur Wikipédia est tellement élaborée qu’elle en est bluffante: le site est parti de zéro, pour arriver aujourd’hui à des dizaines de millions d’articles pour la majorité bien rédigés. Ces articles ne sont pas juste le fruit du travail rédactionnel d’une poignée d’hommes, mais surtout le résultat d’un processus consensuel de la part des membres de la communauté.

Avant de formuler des critiques envers Wikipédia, il faut d’abord être capable d’appréhender les leviers qui permettent son existence. Lorsque l’on analyse la dimension socio-technologique de Wikipedia, cela permet de mieux comprendre en quoi l’encyclopédie ouverte reste un modèle communautaire encore inégalé aujourd’hui.

Robe-Facebook-par-Victor-Faretina

Web in vogue: Robes de soirée aux couleurs des réseaux sociaux

Robe-Facebook-par-Victor-Faretina
Victor Faretina, jeune lycéen italien, vient d’imaginer une ligne de robes de soirée directement inspirées les univers logotypographiques des sites qui marquent notre génération d’internautes: Facebook, Twitter, Google, Wikipedia, Megaupload, MSN, Yahoo!, Deviantart, Tumblr…

Réalisés avec Photoshop, les modèles de robe reprennent les couleurs et les formes des logos les plus connus du Web et proposent pour la première fois une déclinaison vestimentaire élaborée à des marques qui n’ont rien à voir avec la mode vestimentaire. Depuis deux semaines déjà, ces robes de soirée font le tour de la toile. Son créateur, Victor Faretina, est un jeune Italien de 19 ans qui, précise-t-il sur son profil Deviantart, souhaite s’inscrire l’année prochaine dans une école de stylisme. Il est d’ailleurs possible de lui passer des commandes pour une création graphique: 24 euros la robe, et 11 euros l’accessoire. Vu que ce jeune styliste s’est déjà fait un nom sur la toile, ces tarifs représentent une vraie affaire pour les chasseurs de tendances.

Les sites dont les logos ont été dérivés pour créer les robes de soirée doivent apprécier le buzz et l’élégance du pinceau de Victor Faretina, mais ce n’est pas clair si le jeune styliste possède les droits pour commercialiser des oeuvres inspirées de logos protégés.

Voir toutes les robes dans la collection Web in Vogue

G+ versus twitter+facebook

Twitter: Publier automatiquement ses tweets sur Google+

G+ versus twitter+facebook

Lancé il y a moins d’un an, le réseau Google+ connaît la courbe de croissance la plus fulgurante de toute l’histoire des réseaux sociaux (c’est aussi le premier réseau social majeur non-lancé en mode startup). Sur Google+, l’innovation technique est au rendez-vous, à un détail près: l’API Google+ est en mode read-only, ce qui signifie qu’une application telle que Tweetdeck ne peut pas vous proposer de publier des actus sur votre compte Google+, car les serveurs Google+ ne sont pas encore configurés pour une telle opération.

C’est bien regrettable car même si les nouvelles possibilités offertes par Google+ sont appréciables, certains d’entre nous ont leurs habitudes avec Twitter, et ne désirent pas particulièrement republier manuellement sur G+ tous leurs tweets. Il existe bien un plugin Chrome qui permet d’automatiser l’envoi de tweets vers Google+, mais ça reste limité à Google Chrome. Heureusement, il existe un petit hack qui permet de contourner cette limitation et de publier automatiquement sur Google+ tous vos tweets (ou juste certains d’entre eux). C’est un procédé qui prend 10 petites minutes à paramétrer, et après vous serez en mode tranquille automatique, à ne plus vous soucier d’afficher un profil Google+ inactif.

Pour réaliser cette opération, vous avez besoin:

  • Comptes Twitter et G+
  • Un compte Ifttt
  • Un compte Google Voice

Paramétrer Google Voice

Avant même de se rendre sur Google Voice, vérifiez que votre compte G+ n’est pas déjà associé à votre compte Google Voice, car l’objectif pour le moment est d’obtenir un message d’erreur de la part de G+ (page settings).

Ensuite, direction Google Voice, où il va vous falloir obtenir l’adresse mail qui vous permettra de publier vos tweets sur G+ via email, la publication par email étant le seul moyen de publier sur G+ sans se rendre sur plus.google.com.

Dans paramètres > Voicemail & Text, cocher l’option « Text Forwarding:Forward text messages to my email: ». S’assurer que l’email paramétré correspond à l’email du compte Google+.

Ensuite, à partir du module d’envoi de SMS (« text »), envoyer un message test au 33669. Cette astuce permet de récupérer l’adresse email secrète qui rend possible la publication sur G+ par email. Un message d’erreur est alors renvoyé par google+: 33669: Google+: Did not understand the request.. Vu que vous avez paramété le call-forwarding to email, vous devriez recevoir dans votre boîte gmail un la même réponse. Important: il faut récupérer l’adresse avec laquelle Google Voice a envoyé cet email. L’adresse email doit ressembler à ceci: 14158545479.33669.4JDNnZN3ST@txt.voice.google.com. On retrouve dans cette adresse votre numéro Google Voice, le numéro pour texter Google+, et un numéro unique pour identifier votre compte.

Il faut maintenant retourner dans les paramètres de son profil Google+ et soumettre son numéro Google Voice pour associer les deux comptes, ce qui permettra à Google+ de reconnaître vos envois.

Vous voilà déjà avec une adresse email bien utile qui permet de publier directement sur G+ à partir d’une boîte email. Il s’agit maintenant d’exploiter cette adresse email pour automatiser l’envoi de tweets vers G+.

IFTTT FTW!

L’outil le plus intuitif, le plus efficace, et le plus hype pour paramétrer l’envoi automatique de tweets vers votre boîte email s’appelle IFTTT (If this then that). Une fois loggé, il faut créer un nouveau task (tâche):

If this > Twitter > New tweet by you (sélectionnez ce qui vous chante ici) > create trigger > then that > Gmail > send an email

Dans le formulaire de création de votre message, entrez votre adresse email magique dans la partie to address, pour subject entrez {{Text}}, et pour body entrez {{Text}} +public. Ne pas oublier de finaliser en appuyant sur create action.

Automate, activé!

Félicitations, vous venez d’automatiser l’envoi de tweets vers G+. Vous pouvez maintenant remettre les mains dans vos poches et retrouver la sereinité des 140 caractères max. Comme vous pouvez le constater sur mon profil Google Plus, tout marche à merveille, sans souci d’affichage ou de bug obscure.

Profitez de ce petit hack pour lancer votre compte Google+ sans attendre. L’API Google+ n’est pas vouée à rester fermée, et même l’équipe de Google ne cache pas qu’un mode read/write sera disponible dans les mois qui viennent. Cependant, les lois du Web social sont impitoyables, une attente de quelques mois peut se transformer en années-lumière de retard. Bâtir une communauté prend du temps et ne doit pas être remis à demain.

A noter qu’avec cette astuce, ce ne sont pas juste les tweets mais n’importe quelle activité qui peut être publiée automatiquement sur Google+: checkins, bookmarks, likes… Pouvoir jouer dès aujourd’hui avec des options qui ne seront disponibles que demain sur Google+ permet de prendre une avance certaine sur la concurrence, ainsi que de mieux cerner à quoi pourrait ressembler le prisme Twitter-Facebook-Google+ de demain.

web 20

Que reste-t-il du Web 2.0?

J’ai été formé aux outils du Web 2.0 en 2007 à San Francisco. À cette époque, les choses étaient bien différentes: Twitter ne pesait pas plus de 50 000 utilisateurs. Facebook était encore reservé aux étudiants américains et hyper-fermé (quelle ironie!). Le iPhone devait débarquer d’ici sous peu, Digg brillait de mille feux, et le web 2.0 naissant était fracturé en millions de communautés indépendantes qui dépendaient du RSS et de l’email pour communiquer entre elles. Les top users de Twitter n’étaient pas Justin Bieber ou la dernière star à la mode, mais les leaders de l’avènement du Web 2.0, comme Robert Scoble, Kevin Rose, Loic le Meur… Friendfeed dominait la scène technologiquement. Thwirl était l’application pour PC et Mac par excellence pour gérer ses comptes Twitter et Friendfeed. Seesmic était une système de commentaires par vidéo que l’on retrouvait via Disqus et sur Techcrunch. La Crunchbase de Techcrunch n’était pas cette immense base de données de personnes et d’entreprises spécialisées Web, mais une page contenant des noms de startups. Technorati était le principal pôle d’attraction de la blogosphère… Il était simple comme bonjour de créer des bots Twitter qui cartonnaient, d’artificiellement gonflé les compteurs de vues sur les vidéos YouTube, d’automatiser son digging…

Aujourd’hui, Google a lancé Google+ et s’accroche à devenir un réseau social comme Microsoft s’est accroché à devenir un moteur de recherche avec Bing. Pour générer du trafic, plus besoin de référencement naturel: une page Facebook bien likée et un compte Twitter bien followé peuvent faire l’affaire. D’ailleurs, sur beaucoup de sites maintenant , on peut s’inscrire avec un compte Facebook, un constat de la victoire de Facebook sur OpenID. YouTube a fait peau neuve pour asseoir son indéniable domination sur la vidéo en ligne, Viddler a lamentablement échoué, Revver est un vieux navire laissé à l’abandon, Blip.tv tient sur du vent, Vimeo poursuit sa quête autistique vers la vidéo non-commerciale, Dailymotion est tombé entre les mains de l’État français… Zinga, l’éditeur d’applications Facebook, est devenu une multinationale. Toutes les marques, tous les commerces ont une page Facebook, toutes créées sans aucune connaissance des languages informatiques. Les consommateurs aussi se lâchent, et balancent toute leur vie sur le Web, ce qui mène à une infinitude de nouveaux scénarios de conflits que nous n’avions encore jamais imaginés. Digg n’existe presque plus, mais Reddit a gardé sa communauté et son influence. Twitter a levé plusieurs centaines de millions de dollars, a racheté Tweetdeck, s’est établi sur mobile via développement ou acquisition, est devenu le réseau préféré des stars, a joué un rôle central dans les révolutions arabes, est devenu un indice d’opinion publique pendant les périodes èlectorales… Delicious appartient maintenant aux fondateurs de YouTube après avoir moisi quelques années chez Yahoo. Murdoch a vendu Myspace un dixième du prix qu’il l’a acheté. Foursquare a mis le feu aux poudres de la géoloc, alors que Dodgeball s’était pris un gros rateau quelques années plus tôt.

Ces changements étaient imprévisibles, voir improbables, et pourtant telle est la réalité du marché du Web aujourd’hui. Structurellement, le Web 2.0 s’est centralisé autour des plateformes sociales qui ont su s’adapter aux nouvelles tendances. Myspace illustre bien le fait qu’une grosse boîte avec du buzz et de l’argent peut se planter et mourir. Rien n’est jamais joué sur le marché du Web, un environnement qui s’apparente énormément à un jeu d’Othello: le volume importe peu, tout se joue dans le positionnement stratégique et la gestion du risque.

wikipedia discussion eleclerc

Merci d’utiliser 1) un cerveau, 2) Google

wikipedia discussion eleclerc

Trouvé sur Wikipédia, dans la partie discussion de l’article E.Leclerc:

Demande de réponse

Monsieur je voudrais avoir une réponse a ma question qui est la suivante je voudrais savoir pourquoi je n’est pas le droit d’avoir le scanéo et ma famille aussi ni a pas le droit nous somme clients chez leclerc depuis très longtemps et cette question je les poser au leclerc de ma ville qui eux ne veule pas me donner de réponse.J’aimerai si vous le vouliez bien avoir une réponse a ma question je vous remerçi Cordialement

Bonjour. Ici, c’est un article encyclopédique, pas le site officiel. Merci d’utiliser 1) un cerveau, 2) Google. Draky (d) 31 mai 2011 à 16:02 (CEST)

Trop fort!

twitter google

Twitter dans l’algorithme Google

twitter google

Nous le savons déjà depuis un moment que Google a accès au firehose de Twitter, et à intégrer des suggestions de tweets sur certaines de ses pages de résultat. On entend dire que l’utilisation d’un hashtag est une forme d’optimisation d’un tweet pour les moteurs de recherche (si un flux de tweets est habituellement suggéré dans la requête ciblée).
Cependant, je me suis toujours demandé quelle valeur Google accorde-t-il à ce noeud de liens que sont chaque page Web trouvée sur Twitter.com dans le processus de ranking de contenu Web.

Aujourd’hui, j’ai finalement eu un semblant de réponse. En effet, je venais de uploader une vidéo sur le Web, et j’attendais patiemment que le lien de cette vidéo vienne se caler en première place sur une requête bien spécifique. En moins de 15 minutes, mission accomplie, mais voilà que le premier lien qui fait surface n’est pas celui que j’attendais:

http://www.dailymotion.com/3?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter 5 (tronché)

Dans son élan, Google ne m’a pas juste donné ma vidéo en première page, mais aussi de quelle manière il l’avait trouvé (ce lien a disparu très vite pour laisser place au lien sans utm).

En faisant une recherche sur Twitter, j’ai remarqué qu’un bot avait scrapé ma vidéo dans la foulée de mon upload, et un tweet reprenant les mots clés de ma vidéo ainsi que le lien (vers la version scrapée) a été posté. C’est le seul tweet qui ait partagé ce lien vers la vidéo. De toute évidence, Google l’a repéré, mais il n’a pas eu le temps de me nettoyer l’URL avant de me la communiquer.

Il est évident que Google pioche dans la banque de données temps réel de Twitter pour participer à l’indexation de ce contenu chaud. Ce qui est plus intrigant, c’est de savoir comment l’algorithme de Google pondère un lien Twitter: Quelle est sa valeur réelle? Dans quel contexte un tweet est-il le plus intéressant pour Google? Quel poids occupe la source du tweet dans la valorisation de celui-ci? Quelle valeur prend le lien quand il est tweeté? Retweeté? Spammé?

Dans le cas que je viens de citer, voilà ce que j’en conclurais: Pour le moment, Google accorde beaucoup de valeur à un tweet, car il suggèrera son lien dans la minute si il le faut. Pour le contexte, je me demande si ce n’est pas le fait que le contenu d’origine était une vidéo qui a fait sursauté Google (Google est très friand de vidéos quand elles sont bien sucrées :). Il semberait que pour le moment, la source du tweet ne pèse pas une plume dans la balance, car ici c’est clairement un spambot qui a balancé ma vidéo via Twitterfeed.

Sur certains types de requêtes, il semblerait que Google soit partant pour accorder une grande importance au contenu chaud. J’espère que nous n’en arriverons pas au point où ce type de requête pourrait varier des dizaines de fois dans la journée, au gré des tweets et retweets des spambots.

google chrome gare montparnasse

Google Chrome Envahit Paris

Depuis 2010, Google Chrome fait sa com dans les lieux publics parisiens. De toute évidence, Google veut que tout le monde sache que Chrome est un navigateur Web qui ne crash (hem) jamais.

Alors que Google est connu en ligne pour ses petits encarts publicitaires discrets, la multinationale américaine va bientôt être plus connue pour ses grosses affiches envahissantes. Pour preuve la photo ci-dessus capturée dans la gare Montparnasse cette semaine.

Avec ca, si Chrome ne gagne pas vite en adoption, c’est vraiment que l’affichage ne sert à rien dans la guerre du Web.

google chrome publicite

Chrome Fait Du Metro-Branding à Paris

C’est fait, j’ai finalement vu une pub Chrome à Paris. Je lisais à droite et à gauche que ces pubs tournaient déjà en Europe, mais je n’en avais encore jamais vu à Paris.

Cette poussée aggressive de Google dans le marché du navigateur fait parler sur le Web. Comme il est précisé sur ce blog, en Octobre 2009, Chrome avait 2.9% de part de marché, contre 62% pour Internet Explorer, 28.4% pour Firefox, et 4.3% pour Safari. Cependant, il ne faut pas négliger ce petit deal entre la fondation Mozilla (Firefox) et Google: Pour $57 millions, Google s’est acheté la page par défaut du navigateur Firefox jusqu’en 2011. Ce qui veut dire que 28.4% du marché est à 1 click de télécharger Chrome chaque fois qu’il ouvre Firefox (ou presque).

Donc cette opération de branding est sympa mais je vois ça comme de la poudre aux yeux. Tout d’abord, si vous vous rappelez bien, lorsque Google a lancé ses campagnes d’affichage Google Apps aux Etats-Unis, c’était en Aout 2009, un mois apres avoir retiré l’étiquette ‘beta’ de tous ses principaux produits.

Cependant, on remarquera dans le cas de Chrome que le produit est toujours en version ‘beta:

google chrome beta

Certes les produits Google Apps s’achètent, alors que Chrome est gratuit. Cependant, il ne le sera probablement pas toujours avec l’arrivée de Chrome OS. Ce qui confirme l’idée que pour l’instant, Google ne fait que du branding autour de Chrome, afin de préparer le terrain pour un operating system qui sera publicisé probablement beaucoup plus en puissance.

google pirate

Yelp! Google Rachete Le Web!

google pirate

Rumeur de la journée: Google va acheter Yelp, ce qui n’est pas vraiment une surprise lorsque l’on considère les actions sur lesquelles Google inc s’est concentré ces derniers mois. Depuis mi-2009, Google s’intéresse aux avis de consommateurs en ligne car Google offre maintenant des services à tous les commerçants.

Tout a commencé le 24 Septembre quand Google a annoncé ses Place Pages pour les commerçants. Directos, tout le monde s’est tourné vers Yelp avec de la pitié sur le visage. Cependant, Yelp ne tremblait pas encore vraiment des genoux car ils possédaient toujours les avis de leurs millions d’utilisateurs pour apporter une valeur sans précédent à leur service. Google n’a pas d’avis d’utilisateurs (ou du moins pas assez). Cependant, Google avait aussi annoncé que les Place Pages ne seraient visibles qu’à travers Google Maps, ce qui n’était rien d’autre qu’un petit mytho digne d’une grosse boite ou d’un politicien. Ces pages étaient bel et bien indexées et trouvables sur le Web.

Donc tout d’un coup, le poids plume Yelp se retrouve sur le ring contre le mastodon Google, ce qui annonce un KO sûr! Pour défendre ses terres, Yelp a renforcé sa communication aupres des commerçants afin de réaffirmer la position de Yelp comme le fournisseur d’avis d’internautes.

Pour s’approprier les armes de Yelp, Google devait trouver un moyen de mesurer l’importance de chaque commerce indexé dans ses banques de données. Google a alors développé le PlaceRank, un algorithme qui évalue l’importance d’un commerce selon le PageRank de cette entreprise, l’apport en user-generated info trouvé sur le Web, ainsi que ce qu’en disent les sources crédibles sur le Web.

Vu qu’un algorithme ne peut pas vraiment concurrencer contre des avis réels de consommateurs, Google a annoncé l’ajout de « ce que les gens en disent » sur leurs Place Pages. Au fait, Google chourave tous les avis d’utilisateurs qu’il trouve en ligne, et alimente ses Place Pages avec.

google reviews

Combien de petits sites d’avis de consommateurs vont se casser la figure autour de cette grande escroquerie? Peu importe la qualité de l’avis de leurs utilisateurs, Google viendra se servir comme si c’était open-bar et alimentera ses propres pages avec. Soit vous êtes une marque assez forte qui arrive à préserver son audience (comme Zagat j’imagine), ou alors il vous faut un plan de sortie avant que ça devienne trop évident que Google est en train de s’approprier le Web, et s’en sert pour servir de l’info hyperlocale aux propriétaires d’Audi A8.

En outro, voici une petite réflexion de Lawrence Coburn, createur de RateItAll, un site dédié aux avis de consommateurs:

The question is not, « What does Google’s move towards being a destination mean for Yelp? » The question is, « What does this mean for the Web? »

Google has become a dominant company by being the most powerful online middleman in history, sitting between the searcher and the destination website. It appears that they may be starting to wonder what would happen if they became the destination.

eric schmidt twitter

Eric Schmidt, CEO de Google, Sur Twitter: eschmidt0

eric schmidt twitter

Techcrunch vient tout juste de repérer que le CEO de Google, Eric Schmidt, vient d’ouvrir un nouveau compte Twitter sous le blase eschmidt0.

Ceci est un remarquable changement lorsque l’on considère qu’il y a tout juste quelques mois, Eric Schmidt affirmait ouvertement que Twitter était « L’email du pauvre« . Ensuite, des rumeurs ont couru sur le désir de la part de GOOG d’acquérir Twitter pour un milliard de dollars. Cependant, le prix sur l’étiquette Twitter a poussé Google à calmer sa pulsion d’achat de startups.

Apparemment, son compte va lui permettre de participer activement à la communication de l’entreprise autour de ses petits problèmes récurrents de business. En effet, son deuxieme tweet fut le suivant:

WSJ op-ed on newpapers and online news; thanks to the WSJ for publishing ! http://bit.ly/895j8L

J’interprète ce tweet comme un clin d’œil aux déboires entre GOOG et Murdoch sur l’ouverture de l’information aux moteurs de recherche. eschmidt0 devrait être un compte Twitter intéressant à suivre!

UPDATE: Changement de nom dans la foulée: @EricSchmidt!