Google coupe les valves de son Map Maker

google map maker

Après la grotte d’Edward Snowden localisée dans la Maison Blanche, et le logo Android pissant sur le logo Apple, Google a décidé de fermer Google Map Maker, son service de publication sur Google Maps.

Après le bad buzz du logo Android urinant sur le logo Apple, Google s’était senti très gêné, formulant des messages d’excuses officiels et garantissant la qualité des données soumises via son Map Maker. La firme de Mountain View décida dans un premier temps de rendre manuelle la vérification des données soumises via Map Maker. Cependant, sous le poids écrasant du volume de contributions de ses utilisateurs, Google a décidé de couper les valves temporairement le temps de trouver une solution :

(traduction de l’anglais) Nous pensons qu’il est plus exact d’affirmer que nous n’avons pas la possibilité de vérifier toutes les contributions au rythme actuel de soumission, nous devons faire une pause.

Mauvaise nouvelle donc pour tous les professionnels vendant des services de local SEO, la soumission de listings à Google Maps étant l’un de leurs principaux outils de production.

Comment Google+ pourrait devenir un leader du web social

google+ changement

Quand Google se lance sur un marché, généralement, les autres acteurs de ce marché tremblent : le leader international et incontesté du Web, dont la domination ressemble à un monopole, possèdent toutes les armes pour écraser ses concurrents. Et pourtant, sur le marché des réseaux sociaux, face à Facebook et Twitter, Google et son réseau social Google+ n’est pas parvenu à s’imposer, voir même à intéresser les consommateurs de ce marché. Comment expliquer la chute d’un produit pourtant bien conçu et poussé par un chef de file du Web ?

L’idée, je l’ai déjà exprimée il y a 2 ans (même si j’ai toujours été sceptique au sujet de Google+), mais je la réitère car ça me porte à cœur. Google+ n’est pas assez :

  1. Différent
  2. Ouvert

Malgré sa conception parfaite (en termes de code et de design), Google+ ne se distingue pas suffisamment de Facebook : On a son réseau d’amis, que l’on peut diviser en sous-groupes, et on diffuse des liens, des photos, des images, des vidéos. On like des contenus, on les partage, on a une profil perso, et on peut créer des pages thématiques. Le tout est tellement proche de Facebook, pourquoi s’embarrasser ?

De l’autre côté, sur Facebook et Twitter, il est possible de se connecter à d’autres réseaux sociaux et donc de faire de nos profils Twitter/Facebook des hubs agrégant les flux de notre activité sur ces autres réseaux, comme le partage de notre parcours de jogging, nos likes Youtube, nos photos Instagram, nos billets de blog… Sur Google+, ce n’est toujours pas possible (enfin sauf avec des manips tordues).

Si Google+ veut survivre, et de mon point de vue, c’est toujours possible, le réseau social doit s’ouvrir et se différencier. Voilà ce que je ferai si j’étais Google+ :

  1. Ouverture read/write des APIs : possibilité de connecter son compte Google+ à ses autres profils sociaux et de cross-poster son activité ;
  2. Abandon du +1 et du share, conception d’un nouveau mode de partage basé sur de l’algo plutôt que sur du comportemental ;
  3. Focus sur la recherche qui comprendrait du coup les contenus d’autres réseaux sociaux auto-partagés sur G+. Google est le géant de la recherche, et a un train de retard sur le web social, il y a là une opportunité de se relancer dans la course ;
  4. Mieux indexer les contenus de G+ dans les résultats de recherche universel ;
  5. Réfléchir à une intégration intelligente et discrète de G+ dans Android, pour systématiser le partage de nos activités (volontairement, bien sûr) ;
  6. Créer des profils perso détachés de ce que l’on connait aujourd’hui : pas besoin de vrai nom, de renseigner son parcours, de fournir sa date de naissance, ses coordonnées de contact, etc… Rester sur une approche less is more à la Twitter ;
  7. Créer des pages qui s’actualisent avec l’activité des autres réseaux sociaux, où il est impossible de poster directement dessus ;

L’objectif de Google+ devrait aujourd’hui être la différenciation. Google a besoin de rester dans le jeu du web social, au risque de devoir se plier aux exigences de ses concurrents et ennemis. Google+ a déjà la notoriété, il lui faut maintenant l’attractivité. Le nouveau attire, le pertinent fidélise. Allez Google !

Sécurité – envoyer des emails spoofés depuis la console d’admin Google Apps

sécurité google

Des spécialistes de la sécurité informatique ont mis en lumière une faille dans la console d’administration de Google Apps qui permet temporairement d’envoyer des emails avec n’importe quel nom de domaine sans en avoir vérifier la propriété. Les chercheurs en sécurité Patrik Fehrenbach et Behrouz Sadeghipour ont démontré être capables, sans avoir à écrire une seule ligne de code, d’envoyer des emails avec des adresses @ytimg.com et @gstatic.com à partir de de la console de gestion Google Apps, sans que l’email soit identifié comme frauduleux par Google.

La faille est « par design », c’est-à-dire qu’elle est inhérente aux fonctionnalités que la console d’administration de Google Apps met à disposition de ses utilisateurs. Les deux chercheurs à l’origine de la trouvaille ont été rémunérés $500 pour avoir déclarer la faille.

La faille de Recaptcha

Recaptcha, vous connaissez? C’est le système anti-spam que l’on trouve en bas des formulaires en ligne qui garantissent que c’est bien un humain qui est derrière l’envoi d’information. Recaptcha vous affiche des lettres/chiffres tordus ou disposés de manière non-linéaires, et vous demande de recopier ce que vous voyez. Recaptcha n’est pas le seul à fournir ce genre de solution antispam, mais il est le seul à y avoir vu un intérêt sémantique et lucratif. Cependant, son système a une faille que le logiciel ne peut malheureusement pas guérir…

Recaptcha, le crowdsourcing de la reconnaissance de symboles

Recaptcha est né au milieu d’une masse incalculable d’outils proposant exactement la même solution. Son USP? L’idée de Recaptcha est d’intégrer dans la suite de lettres/chiffres à recopier exactement des symboles que même une application OCR n’est pas capable d’interpréter. Par exemple, dans une suite de 10 chiffres/lettres, 2 voir 3 des ces éléments seront inconnus de Recaptcha.

Quel intérêt? De cette manière, Recaptcha stocke en base tous les chiffres/lettres identifiés par les utilisateurs et permet ainsi d’enrichir la technologie OCR de manière générale. Il y a fort à parier que les chiffres/lettres inconnus de Recaptcha sont soumis à plusieurs utilisateurs pour croiser les réponses et garantir l’exactitude de la donnée fournie.

Google achète et l’adapte à ses besoins

Recaptcha a été racheté par Google en 2009. L’intérêt de Google est claire: il peut utiliser Recaptcha pour déchiffrer tout contenu que ses spiders auraient du mal à analyser, principalement les scans de journaux, de livres, ou tout pdf de qualité moyenne. Avec Recaptcha, Google enrichit son pouvoir d’analyse et d’indexation.

recapcha exempleMais Google ne s’arrête pas là: l’un de ses produits pose un problème auquel Recaptcha peut répondre: Google Maps. En effet, avec Streetview, Google Maps enregistre une capture de toutes les façades de tous les immeubles ou maisons. Les ingénieurs de Google Maps ont eu l’idée ingénieuse d’utiliser Recaptcha pour que les utilisateurs identifient eux-mêmes les numéros devant chaque façade. En effet, il est de plus en plus fréquent que Recaptcha affiche une série de 5-6 chiffres/lettres, suivie d’une photo d’un numéro de rue à déchiffrer. De cette manière, ce sont les utilisateurs de Recaptcha qui renseignent Google Maps sur le numéro de chaque rue, une valeur ajoutée qui permet à Google d’économiser en technos de reconnaissance, ou en petites mains qui analysent chaque numéro de rue un-à-un.

Tout cela pour en venir au fait: si vous avez un Recaptcha avec trois numéros sur une plaque qui ressemble à une plaque de numéro de rue, vous pouvez entrer n’importe quel numéro car Recaptcha n’a aucune idée des chiffres qu’il vient de vous soumettre. Cela rend tout de suite la solution recaptcha beaucoup moins séduisante pour sécuriser un site…

Disparition non-remarquée d’iGoogle

rip igoogle

Je viens de remarquer un message de service sur iGoogle prévenant ses utilisateurs de l’interruption du service en novembre 2013. Après une rapide recherche sur Google, je me suis rendu compte que l’annonce date de juin 2012, mais vu que, tel le commun des mortels, iGoogle sort complètement de mes centres d’intérêt, ja n’avais pas vu passé la nouvelle.

Cette disparition s’inscrit dans 2 logiques: la première qui veut que Google recentre ses ressources autour de ses produits star et ferme les autres (RIP Google Reader). La deuxième selon laquelle les interfaces customisables à la Netvibes n’auront jamais vraiment percé.

Google ne veut plus être un fourre-tout

En évaluant les investissements colossaux en termes de temps et de stratégie pour faire de Google+ la star ascendante des réseaux sociaux, Google a compris qu’il fallait mieux canaliser ses forces de développement et se défaire des produits qui ne constituent pas un enjeu stratégique majeur. Certains de leurs choix, comme l’abandon des produits centrés autour du format RSS sont questionnables, mais d’autres tels que iGoogle sont complètement compréhensibles.

Lancé en mai 2005 (quelques mois avant Netvibes), iGoogle n’a jamais vraiment percé dans la mouvance 2.0. Alors que Google voulait que tous ses utilisateurs en fassent la page d’accueil de leurs navigateurs, la firme de Mountain View n’a jamais osé mettre iGoogle en page d’accueil de Google.com, ni en accueil de n’importe lequel de ses produits. iGoogle vivait donc en marge des produits Google, et aucune modification majeure n’a jamais été vraiment constatée (à part une refonte en 2008). Bref, iGoogle n’a jamais été que l’un des multiples reflets de la volonté de Google de truster le buzz, aussi volatile soit-il…

Dashboards personnalisables et puis s’en vont

Certes, dès 2005, le dashboard personnalisable a connu un bel essor. Netvibes s’est posé comme l’un des précurseurs dans cette arène avec sa vaste sélection de modules. À cette époque, les curateurs y trouvent leur compte: Netvibes semble être le parfait tableau de bord pour maîtriser un volume plus élevé d’information (Netvibes a été lancé un mois avant Google Reader). Ses modules sont paramétrables et modulables, et ses onglets permettent de créer plusieurs espaces de veille thématisés (je ne suis pas certain que les onglets étaient là dès le lancement du service).

En 2005, un autre service similaire avait fait son apparition: Pageflakes. Les utilisateurs pouvaient créer des onglets publiques et animer ce qu’ils appelaient des Pagecasts. Le concept du dashboard personnalisable était poussé à son paroxysme. Pageflakes a tenu 7 ans avant d’éteindre définitivement son site en 2012.

Cependant, aucun de ces outils n’aura survécu à la vague 2.0, Netvibes étant de son côté en train de s’éteindre paisiblement dans les bras du groupe Dassault Systèmes. Peut-être que ces outils auraient du copier les onglets de Tweetdeck, Hootsuite, ou intégrer Skype, ou jouer le jeu de Digg, Reddit… Rien de tel n’a été entrepris.

Donc RIP iGoogle et les dashboards personnalisables. Si certains ont des regrets, il reste encore Netvibes, même si je doute que le produit va continuer de beaucoup évoluer. Et bizarrement (ou pas), alors que plus rien ne pourrait laisser croire que les dashboards personalisables pouvaient intéresser qui que ce soit, Yahoo lance My Yahoo pour se récupérer la demi-douzaine d’utilisateurs qui y croient encore (bien joué Marissa Mayer).