Floride – la guerre aux avis de consommateurs sur l’immobilier

Immobilier avis de consommateurs

En Floride, l’agence immobilière Windermere Cay vient d’ajouter une nouvelle clause à ses contrats de location dans laquelle un locataire risque jusqu’à $10 000 d’amende si il publie un avis négatif au sujet de son logement ou de ses propriétaires sur les réseaux sociaux, stipulant que le logement constitue une propriété intellectuelle appartenant aux propriétaires. Intitulé le « social media addendum« , cette clause se base sur le fait qu’un nombre croissant d’individus dénigrent volontairement un logement sur internet pour ensuite négocier une baisse du loyer ou des charges auprès du propriétaire, une forme de chantage que le monde de l’immobilier n’est pas prêt d’accepter.

Depuis quelques temps, je travaille personnellement sur le développement d’Immobileaks, un site qui permet justement de publier des avis sur n’importe quel bien immobilier. Bien que le concept du site va être redéfini dans les prochains mois, cette problématique immobilier/avis de consommateurs est très intéressante, et je ne suis pas étonné de voir les agences immobilières prendre les devants pour se protéger contre un phénomène qui pourrait effectivement les toucher en plein cœur.

Locataires, indignez-vous!

Immobileaks indignez-vous

Ces dernières semaines, des cas répétés d’expulsion en période de trêve hivernale de logements n’atteignant pas les 9m2 ont provoqué des réactions d’indignation dans l’opinion publique. Sans parler que les loyers des victimes étaient exorbitants. Face à ce malaise social, le pouvoir politique a répondu en assurant que des solutions allaient être déployées pour tacler le problème.

Seulement, comment faire pour détecter les cas d’abus et y répondre? A priori, aucun outil n’a été développé par le gouvernement pour repérer les locations abusives. La ministre du logement Najat Vallaud-Belkacem a elle-même déclaré au micro de RTL qu’il faut « renforcer le contrôle des pratiques illégales des propriétaires, parce qu’aujourd’hui on les apprend trop tard ». Si certains locataires ne souhaitent pas dénoncer la précarité de leur logement, nous sommes très nombreux en France à nous plaindre de vive voix sur l’état du logement que nous louons. Malheureusement, nos plaintes ne rencontrent que trop peu d’écho.

Et pourtant combien sommes-nous à louer un bien immobilier qui ne respecte pas les normes, la loi, et la dignité humaine de manière générale? Personnellement, j’ai trop rarement vécu dans un appartement sans reproche. Par contre, j’ai été trop souvent locataire d’un bien immobilier qui possédait une ou plusieurs anomalies majeures. C’est pour répondre à ce besoin de dénonciation d’une situation indignante que le site Immobileaks a été créé. Immobileaks permet de laisser un commentaire sur n’importe quel bien immobilier. L’objectif d’Immobileaks est de fournir une plateforme d’expression et de détection des abus locatifs.

Immobileaks est né d’un mal que les propriétaires ont eux-mêmes perpétué sur le marché de l’immobilier, en préférant l’avarie à la dignité de leur prochain. Les propriétaires loueurs de leurs biens ont une énorme responsabilité sociétale, et avec Immobileaks, il leur sera de moins en moins possible d’y échapper.

Immobileaks, le premier site d’avis sur l’immobilier

Le premier site d'avis sur l'immobilier

le premier site d'avis sur l'immobilierJe viens de lancer Immobileaks, le premier site d’avis sur l’immobilier, et je tenais sur mon blog à justifier les raisons du lancement d’un tel produit.

Depuis que je suis parti de chez mes parents, j’ai systématiquement eu des problèmes avec les agences ou propriétaires des appartements que j’ai loués. Tout d’abord à Toulouse, dans mon premier appart, où j’avais rendu l’appart encore plus propre qu’à l’état des lieux d’entrée (AZF était pourtant passé par là) sans pour autant récupérer ma caution, l’agence ayant profité de mon jeune âge pour m’entourlouper sur les termes de restitution de la caution.

Vint ensuite le deuxième appartement toulousain dans lequel l’électricité fut coupée en plein mois de janvier car suite à des travaux l’année d’avant, la porte de l’immeuble avait changé de rue et EDF était incapable de localiser mon appartement. Du coup bougie, eau froide et salade pendant 3 semaines en plein froid hivernal. Également, l’appartement était ridiculement étroit, un manque de confort que l’on découvre au fur et à mesure d’y habiter.

À 23 ans, j’ai emménagé à Paris en collocation dans un appartement proche de la porte de Clignancourt (40 bis rue Championnet). L’appartement était bourré de défauts: fenêtres mal-isolées, factures de gaz exorbitantes car chauffage au gaz, plomberie défaillante et un propriétaire qui insistait pour la faire réparer par des polonais bricoleurs mais adeptes du système D, voisins agressifs, murs qui suent de l’humidité en hiver, et un racisme manifeste du propriétaire envers les noirs.

Encore à Paris, j’emménage par la force des choses dans un micro-appartement avec ma femme et mon fils (38 rue de Babylone). Les propriétaires, des femmes bourgeoises et aigries du 7e, cultivaient l’antipathie et refusaient de nous faire nos quittances de loyer (nous avons appris par la suite que l’appart n’avait pas été déclaré comme loué). Dans la cage d’escaliers, le vélo de mon fils a été volé, et une personne s’était également introduite dans notre appartement pour y voler la tirelire bien remplie de mon fils. Sans parler de la voisine du dessus qui marchait toujours en talons et sa fille qui faisait des teufs régulières avec ses potes ado, à s’égosiller en chantant des génériques de dessins-animés des années 80.

Le dernier appartement dans lequel je suis actuellement (33 avenue de Ségur) compte parmi ses défauts: une énorme tâche d’humidité due à un carrelage mal posé dans la salle de bains, un chauffe-eau qui a lâché 4 mois après mon emménagement, tout une chambre où les prises ne marchent pas, un évier qui repose sur le frigo et qui tombe lorsque l’on retire le frigo pour nettoyer derrière, la fenêtre des toilettes qui prend l’humidité et ne s’ouvre plus (ou ne se ferme plus) en hiver, et une menuiserie complètement bancale (qui fait d’ailleurs le charme de l’appartement à première vue), et nouveauté de la semaine, les toilettes de la voisine du dessus qui fuient, ce qui provoque un étang (d’eau, je tiens à vous rassurer) sur le sol des toilettes.

Pour toutes ces raisons, et parce que je travaille dans le web au quotidien, j’ai ressenti le besoin de créer un site sur lequel je pouvais exposer au public ces défauts dans l’espoir de faire réagir les agences et propriétaires, ou sinon de prévenir les futurs locataires des défauts que le propriétaire/agence se gardera bien de communiquer au moment de la signature du bail.

Enter Immobileaks, le premier site d’avis sur l’immobilier, dont le principe répond à ce besoin des usagers de biens immobiliers qui se retrouvent trompés ou abusés et qui recherchent un moyen pour partager leurs mauvaises expériences dans le but de contre-attaquer ces abus, ainsi que pour mettre en garde les futurs résidents du logement en question.

Le site est en phase de lancement, et je suis principalement à la recherche de personnes traversant une phase difficile concernant leur logement et partageant la vision d’un marché immobilier plus transparent pour ses usagers. Pour laisser un avis sur un logement en particulier, rendez-vous sur immobileaks.com, et dans la barre de recherche, tapez l’adresse du logement en question. Une fois sur la page de votre adresse, remplissez le formulaire associé. Tous les commentaires sur Immobileaks restent anonymes pour protéger nos lanceurs d’alerte. Tous les contenus inappropriés ou faisant atteinte à la vie privée d’individus sont systématiquement effacés. L’objectif d’Immobileaks est de devenir une source d’info incontournable pour tous les futurs acquéreurs (location ou achat) de biens immobiliers.

La route sera longue mais la détermination et les idées ne manquent pas. Les choses ne se feront pas seules: sans votre aide et l’aide de tous ceux qui veulent changer la donne sur le marché de l’immobilier, Immobileaks ne restera qu’un bête annuaire d’adresses. Mais dès que les usagers de l’immobilier le verront comme un puissant outil de communication, la magie commencera alors à faire son effet. Faire entrer l’immobilier dans l’ère du numérique, c’est exactement ça la mission d’Immobileaks.