La télé, la pub, et Twitter

France 2 publicité Twitter 1slf

France 2 publicité Twitter 1slf

J’ai l’habitude de constater au quotidien à quel point Twitter est mal intégré en France: je jette toujours un coup d’oeil sur le smartphone des autres dans le métro et je ne vois jamais une timeline Twitter (Facebook oui, beaucoup). Je fais également attention aux affiches publicitaires et même constat. Pareil dans les commerces, jamais une allusion faite à Twitter alors qu’il commence à y avoir pas mal de promos Facebook. Je suis sûr qu’il y a des pubs diffusées en France qui contiennent une allusion à Twitter (bon à part pour les pubs de smartphones), mais je ne les vois pas.

Jusqu’à aujourd’hui où, posé à la table d’un café, feuilletant La Parisienne (équivalent de Madame Figaro du Parisien), je suis tombé sur cette pub pas aguichante du tout pour une émission de France 2, mais sur laquelle était communiqué le hashtag associé à l’émission. Vu que l’émission a l’air complètement idiote et sans intérêt, je vais éviter de citer son nom. Par contre, l’équipe en charge du marketing de l’émission a le mérite d’aller de l’avant, et cela fait plaisir à voir.

D’autant plus que c’est une idée 1. bonne, et 2. économique d’associer un hashtag à une émission télé, et d’y consacrer 3 cm² sur sa com print. Cela n’engage à rien en termes de community management, et ça permet aux téléspectateurs d’échanger facilement entre eux.

Campagne prévention alcool tue bouche de métro

Campagne anti-alcool au volant

Apparemment, les organismes de prévention de l’alcool au volant ont voulu marqué les esprits en plaçant une voiture déglinguée après un crash dans plusieurs endroits (comme ici au métro Sentier à Paris), entourées d’un ruban de Noël.

L’idée a le mérite d’avoir été concrétisée, mais à part pour un article de blog un peu décalé, je ne vois pas pourquoi l’agence qui a géré cette campagne a principalement ciblé les utilisateurs du métro 🙂

Airtist monétise le téléchargement de musique gratuit

airtist

La musique a souvent été le premier vecteur de changement dans l’évolution des comportements de consommation en ligne: Napster a converti des millions de personnes au principe du téléchargement en ligne. Myspace a converti des dizaines de millions de personnes au principe du réseau social en ligne. Et Apple a converti des centaines de millions de personnes au principe de l’achat de musique en ligne. Le Web s’est construit en partie grâce à la musique car il est le média qui a su le mieux la véhiculer. L’explosion de la distribution musicale par le Web s’est aussi avérée salvatrice pour les créateurs de musique indépendants, le téléchargement ayant détruit les barrières entre le créateur de musique et son consommateur.

Aujourd’hui, si la plupart d’entre nous a plus de 5000 morceaux dans sa playlist et se dit que c’est bénéf parce que c’était gratos (malgré Hadopi), les choses sont moins roses du côté des musiciens indépendants, qui font maintenant face à un public trop habitué au tout gratuit: Comment générer un revenu sur un produit qui a toujours été gratuit sur le Web?

Parlons donc d’Airtist. Airtist existe déjà depuis plusieurs années et propose à ses utilisateurs de télécharger de la musique gratuitement, un processus par lequel un créateur de musique va quand même être rémunéré. Comment Airtist fonctionne-t-il?

airtist

Un modèle publicitaire

La force d’Airtist réside dans son modèle publicitaire qui sert très bien les intérêts économiques de tous les partis impliqués dans la transaction:

1. Le consommateur vient sur Airtist pour faire l’acquisition de musique sans vouloir ouvrir son portefeuille: Celui-ci n’a qu’à trouver un morceau, regarder une publicité plein écran, et télécharger son morceau gratuitement.
2. Le créateur de musique vient sur Airtist pour distribuer son morceau à un prix aligné sur celui du marché actuel (c’est-à-dire 0 euro), mais, très contradictoirement, il cherche aussi à générer un peu d’argent: C’est là où Airtist entre en jeu, en proposant de partager les revenus d’un modèle publicitaire simple et rémunérateur.
3. Le publicitaire va lui venir sur Airtist pour que sa publicité soit « regardée »: Airtist propose donc au publicitaire un ciblage précis des audiences engagées, la diffusion d’un spot plein écran de 20-30 secondes, ainsi que l’opinion du spectateur sur le spot visionné, une étape obligatoire pour lancer le téléchargement du morceau désiré.

Le consommateur de musique télécharge gratuitement, le créateur de musique est rémunéré, et le publicitaire diffuse et obtient des émotions vis-à-vis de la population ciblée. Economiquement parlant, on a un gagnant. Cependant, la dynamique de vente de musique en ligne ne se limite pas à un modèle publicitaire. Poursuivons.

Un besoin de viralité

Cédric Hamon est le directeur de CinqCinq Production, un label de musique indépendant basé à Toulouse. Je lui ai demandé quelles étaient ses attentes prioritaires vis-à-vis d’un service de distribution pour artistes indépendants:

« La difficulté majeure est la même en ligne qu’en magasin: la visibilité. Même si théoriquement il y a de la place pour tout le monde les plus visibles sont toujours ceux qui bénéficient des meilleurs plans promo donc souvent du plus de moyen. L’intervention de « l’avis du consomateur » change un peu la donne mais un peu seulement… »

En d’autres termes, le créateur de musique indépendant recherche avant tout des outils de viralité plus performants. La base de la viralité en ligne, c’est une communauté engagée et possédant les moyens de partager ce qu’elle ressent. A ce niveau-là, Airtist ne remplit pas toutes les conditions requises, ce qui fragilise la santé de son modèle économique:

Le site est un old-Myspace-like avec quelques outils de création de profil et de gestion de communauté. Le site n’offre aucune solution de viralité via Facebook, Myspace, pas d’application mobile et aucune intégration à d’autres plateformes spécialisées distribution musicale. Je n’ai pas trouvé de clips vidéo non plus. Il y a bien des widgets, oui, mais on ne peut pas dire que ce soit l’outil viral dernier cri. On aurait aussi pu imaginer un système d’affiliation pour booster les téléchargements, mais non. Pourtant, la concurrence est là.

En plus de ce petit manque d’innovation et de modernisme côté utilisateur, ce dernier se retrouve à devoir sauter dans des arceaux pour obtenir son morceau de musique, dont voici le processus de téléchargement gratuit détaillé ci-dessous:

1. Cliquer sur download;
2. Choisir son annonceur;
3. Regarder la pub de 20-30 secondes (avec la souris sur la page de la pub, sinon celle-ci ne tourne pas);
4. Dire si la pub nous a plu (à ce moment-là, la landing page de l’annonceur apparaît déjà à travers une iframe);
5. Que l’on aime ou pas, on est automatiquement redirigé sur la landing page de l’annonceur;
6. Finalement, la fenêtre de téléchargement du morceau gratuit apparaît.

Au final, le consommateur de musique va payer énormément de son temps, de son attention et de son humeur à venir compléter sa bibliothèque de sons chez Airtist.

Airtist possède donc un modèle publicitaire séduisant, mais trop peu d’arguments communautaires pour engager ses utilisateurs dans des relations à long-terme. Si la techno publicitaire d’Airtist pouvait s’intégrer facilement à d’autres sites de téléchargement de musique plus calé au niveau communautaire, alors la startup tiendrait le bon fil…

Twitter nous pond quelque chose d’énorme

twitter pond enorme

twitter pond enorme

Après deux jours de buzz intensif, Twitter a finalement annoncé le lancement d’une application officielle Twitter pour Blackberry. Dans une avalanche de news, on apprend 24 heures plus tard que Twitter a fait l’acquisition de Tweetie, l’application Twitter sur iPhone. Tweetie va être intégré aux infrastructures de Twitter, l’application sera renommée Twitter , et elle deviendra gratuite.

Cette vague d’achat reflète le lancement d’un plan de monétisation plus intensif pour Twitter Corp . En venant se positionner sur le marché RIM et iPhone, Twitter s’ouvre de nouveaux canaux de revenue potentiel : Encarts pub ou user data sont les deux options auxquelles je pense. En possédant des communautés d’utilisateurs mobile, Twitter pourra également se payer le luxe d’experimenter de nouvelles fonctionalités type check-in.

Cette vague d’achat se déroule une semaine avant la première conférence pour développeurs Twitter, Chirp. Tout développeur hier client de la plateforme Twitter se retrouve aujourd’hui en compétition frontale avec leur maison-mère, du moins sur iPhone et Blackberry. Il est fort probable que seules les applications officielles Twitter seront suggérées aux utilisateurs, ce qui peut fortement détèriorer l’attention que les utilisateurs donnent aux applications tierce.

Un autre détail à cette situation est qu’aucune application Android n’a été acquise ce week-end. Le choix d’applications Twitter dans le marché Android est sympa, mais rien de rock-solid comme Tweetie. Android en soi-même est une plateforme tellement fracturée qu’aucune application ne peut vraiment parvenir à une stabilité parfaite. Je me demande aussi si le fait que Google soit derrière Android n’est pas quelque chose qui gêne Twitter…

Finalement, la rumeur dans le milieu de développeurs Twitter est que Twitter Corp va annoncer durant la conférence Chirp le lancement d’une API dédiée uniquement aux tweets publicitaires : Tout réseau publicitaire générant un revenu via une offre Twitter devra passer par cette API et payer la douane.

En pleine ébulition, voila la formule que j’utiliserai pour définir cette phase de changement à laquelle nous assistons : Au lieu de conserver une stratégie centralisée plateforme, Twitter a sauté dans le marché de son éco-système, probablement dans le but de 1. Développer une relation plus directe avec les utilisateurs mobile, et 2. Mettre en route une pompe à sous qui va justifier les +$150 millions investis dans l’entreprise.

Campagne Anti-Pub Dans Métro Parisien (19/03/2010 – Métro Invalides)

Antipub métro 5

Ce matin, comme tous les matins, j’ai fait un changement au métro Invalides pour déposer mon fils à la crèche (il a +2 ans). Au tournant d’un couloir, je suis tombé sur une première anti-pub, puis sur une deuxième, une troisième, et pour me rendre compte qu’une dizaine d’encarts publicitaires de la station Invalides avait été hackés.

J’applaudis une telle opération de rebellion puérile, donc j’ai pris des photos afin d’immortaliser cette petite intrusion dans le quotidien saturé de publicités des Parisiens:

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