Pearltrees, la Perliculture de vos Bookmarks

pearltrees

« It’s rare to look at a bookmarking tool and feel convinced that it’s going to win a design award. »

Tels sont les mots que Dana Oshiro de Readwriteweb US utilisa pour décrire Pearltrees, l’outil de visual bookmarking made in Paris, qui a pour but de nous recommander du contenu en fonction de nos intérêts. Sur l’interface (Flash), chaque page bookmarkée est représentée par une bulle (appelée perle). Les utilisateurs organisent leurs perles en les rassemblant dans des dossiers de perles appelés Pearltrees. Le tout se controle en drag-n-drop. Pour initier le phénomène de découverte de contenu, il suffit de bookmarker des pages qui vous intéressent, et Pearltrees vous fera découvrir les matrices de perles dans lesquelles d’autres utilisateurs ont rangé ces mêmes pages. Pearltrees est une très jolie réalisation technologique et visuelle, mais la startup est confrontée à une mission de taille: Générer de l’intérêt autour de son réseau d’intérêt!

L’adoption de Pearltrees se déroule en trois etapes: Tout d’abord, vous devez installer des outils qui vous permettent de bookmarker facilement. Pour cela, Pearltrees propose une extension Firefox, ou un « Twitter sync », c’est-à-dire que vous connectez votre compte Twitter à Pearltrees, et Pearltrees bookmark automatiquement tous les liens que vous twittez (et il peut aussi twitter toutes les perles que vous générez). Les favoris Delicious peuvent aussi être importés. Les extensions Chrome et IE sont prévues pour très bientôt. Une fois que vous avez bookmarké quelques pages, rendez vous sur votre interface Pealrtrees, et organisez le tout en une arborescence de perles. Félicitations! vous êtes maintenant un « pearler », un éditeur du Web. La fonction première de Pearltrees, c’est d’organiser le contenu numérique qui vous entoure.

A côté de la perle centrale qui vous représente (elle contient votre avatar), il y a une petite bulle bleutée. Lorsque l’on clique dessus, une foule de petites perles représentant des utilisateurs viennent peupler l’interface. Ces utilisateurs partagent des intérêts en commun avec vous, et vous pouvez à partir de là decouvrir leurs colliers de perles. Pour collecter les perles qui vous intéresse, glissez-les dans le dropzone, et à partir de votre home, glissez-les dans les perles de votre choix. Cela signifie que Pearltrees vous met en relation avec d’autres individus (comme un réseau social), mais les connections se concrétisent réellement autour des perles/intérêts que vous avez en commun avec les autres pearlers. La fonction seconde de Pearltrees, c’est de créer des reseaux à centres d’intérêts.

Le big picture de Pearltrees, c’est l’intelligence collective qui émane d’une telle organisation humaine de l’information. Sur Pearltrees, tout est publique. Chaque perle possède son URL. On peut laisser un commentaire sur chacune d’entre elles. On peut aussi savoir qui est connecté à cette perle. On peut embed la perle dans un site Web. Les options de partage sur Twitter/Facebook sont aussi présentes. Je citais la manière d’importer des bookmarks Delicious, mais bientôt, Pearltrees sera compatible avec tous les autres formats de bookmarking, ce qui veut dire que nous pourrons importer et exporter tous nos bookmarks à volonté. L’équipe travaille aussi à la mise en place d’une API afin de faciliter la répétiton de ces opérations.

Parlons tout d’abord mobile: Lorsque l’on voit une telle interface, avec toutes ces perles qui flottent en apesanteur, on a plus envie de manier les perles manuellement plutot qu’à coups de clics. On s’imagine pas mal manier Pearltrees à partir d’un touch screen. Le problème pour le moment, c’est que le site est en Flash, alors que le geek de base roule en iPhone. Petite incompatibilité qui pourrait être résolue avec une application iPhone adaptée aux SDK d’Apple. Autre problème, la taille de l’écran, beaucoup trop réduite pour la gestion d’arborescences de contenus. Ce problème pourrait devenir de plus en plus secondaire avec l’arrivée des iPad et autres magazine-sized touch screens. « Pearler » à partir de ce type d’interface serait probablement à la portée de tous.

Parlons aussi référencement naturel: Sur Pearltrees, tout est publique, les perles ont toutes une url, et toutes ces perles représentent elles-mêmes une url ou un groupe d’url. Lorsque les crawlers de moteurs de recherche viennent dans Pearltrees, ils doivent y trouver une mine d’or en termes de contextualité. A l’image de l’utilisateur qui apprend à mieux connaitre un sujet en suivant des perles, le moteur de recherche peut en faire tout autant, afin de renforcer son savoir du Web (et de ses utilisateurs). Au fond, pour un moteur de recherche, Pearltrees n’est autre chose qu’un grand annuaire de pages Web categorisées et interlinkées. Cela ressemble à une opportunité en or pour tout professionnel du référencement naturel, vu que les liens Web sont maléables et contextualisables car associables à des matrices sémantiques. Pour éviter les abus, une perle ne peut pas contenir plus de 100 connections, ceci afin d’éviter les phénomènes de gravité autour des mêmes perles.

Je n’ai pu trouver qu’un type de page de resultats Google où Pearltrees semble assez fort pour le moment, c’est sur les noms de personnes, tels que Patrice Lamothe.

Patrice Lamothe est le co-fondateur et Pdg de Pearltrees. C’est aussi la personne qui a bien voulu me consacrer plus d’une heure à l’explication de son produit. Sur la question de la monétisation, Patrice explique qu’à priori un modèle publicitaire classique serait envisageable, sans exclure toute solution plus créative et appropriée à la spécificité de Pearltrees. Pearltrees a recolté un total de 2.5 millions d’euro auprès d’investisseurs dont les noms n’ont pas été communiqués: La startup peut donc rester zen durant la phase beta de son développement.

Pearltrees se développe au rythme de plusieurs updates par mois, et l’originalité de son approche de bookmarking lui a permis de se construire une bonne base d’utilisateurs (+20 000 à l’heure actuelle). La prochaine addition à la liste de fonctionnalités fera probablement parler quelques blogueurs: Le nouveau widget Pearltrees s’affichera en overlay sur la page Web dans laquelle il sera ouvert. De cette maniere, son insertion sera discrète, mais dès que l’utilisateur désirera interagir avec Pearltrees, une matrice de perles apparaitra pleine page sur fond transparent, nous invitant de la sorte à explorer de nouveaux tunnels d’intérêts sans jamais quitter la page d’accueil.

En 2006, Patrice Lamothe passait son MBA à l’INSEAD, et publia la thèse suivante: Comprendre le changement comme un processus de discussion. En survolant cette thèse, on comprend comment elle a été le declencheur de l’entreprise Pearltrees. Voici la conclusion de cette thèse:

« Unissant règles et arguments, l’approche que nous proposons ne sépare plus les organisations de leur culture, ni les institutions de leur évolution. Ne voyant rien subsister de soi-même, ni structure, ni discours, qui ne soit l’effet entrelacé d’un précédent discours ou d’une précédente structure, elle conçoit la permanence comme une forme particulière du mouvement de construction du réel. Ce renversement effectué, il lui est enfin possible d’articuler, de comparer et donc d’isoler les constantes observables du changement. »

Pour ceux qui se demandent encore à quoi Pearltrees sert, et comment l’outil se positionne dans son environnement compétitif, voici le lien vers une Pearltree qui répond aux deux questions à la fois.

Stupeflix, la compression video rapide que personne ne voit

stupeflix

Stupeflix, c’est la technologie la plus rapide au monde pour générer de la vidéo. Comment ça marche? Réunissez tout bêtement quelques photos, de la musique, et Stupeflix vous crée dans la minute une vidéo prête à être téléchargée ou partagée sur Youtube ou Facebook. D’accord, c’est exactement ce que font des applications telles que RockYou ou Slideshare. Et pourtant, dans son paradigme, Stupeflix est fondamentalement différent, et sa portée pourrait bien fortement impacter le Web.

Le mécanisme de base de Stupeflix s’illustre sur Stupeflix.tv, un site qui propose de créer sa chaine vidéo. Pour créer une vidéo, il suffit d’entrer quelques mots-clés. En moins d’une minute, Stupeflix récupère du contenu sur Twitter et Flickr et génère un slideshow vidéo bien ficelé qui affiche photos et tweets en rapport avec les mots-clés donnés. Là où Stupeflix se démarque largement de la concurrence, c’est en offrant une vidéo disponible instantanément au format MP4 1280×720, HD 720d (et non juste une vidéo Flash). Cela signifie que cette vidéo est portable, et peut être diffusée sur les chaines câblées et sur nos téléphones portables (contrairement à du Flash). Pourquoi développer une infrastructure vidéo aussi innovante juste pour des slideshows?

Pour répondre à cela, Nicolas Steegmann, un des fondateurs de Stupeflix, m’a sorti son iPhone pour me montrer une vidéo toute particulière: La météo. Oui, juste la météo, avec une carte des États-Unis sur laquelle de petits nuages animés faisaient tomber de la pluie sur bon nombre de capitales américaines. Une voix off accompagnait les prédictions du jour. En bref, la météo comme on la connait, à cette différence près: Ce flash météo avait été monté de toute pièce par une base de données météorologiques et l’API Stupeflix, sans aucune intervention humaine. Vu que la technologie Stupeflix est extrêmement modulable, il est possible d’insérer tout type de contenu dans la vidéo. Dans le cas de la météo, le développeur a intégré une fonction text-to-speech et l’affichage d’icônes animées dans le processus de création vidéo de Stupeflix. L’intérêt ultime de la startup française, c’est de permettre à tout flux de données la possibilite d’être publie instantanément en vidéo. 

Stupeflix se positionne comme une plateforme clé pour tout marketer désireux d’exploiter les vertus de la vidéo en ligne. Alors que des entreprises telles que DemandMedia cassent les prix en vendant de la création vidéo à 30-50 dollars, Stupeflix débarque avec des prix pouvant descendre jusqu’a 20 centimes pièce. Le pouvoir de Stupeflix réside dans l’exploitation du cloud pour accélérer la compression, et dans le fait que le processus de création de contenu audiovisuel est extrêmement économique (un fichier de photos et du texte suffisent). D’excellentes cibles de pénétration de marché sont les secteurs des petites annonces, des annuaires, des guides locaux,  des sites d’ecommerce et des sites de voyage.

La stratégie de développement technologique de Stupeflix est très similaire à celle de Twitter: La startup se focalise sur l’optimisation de sa plateforme, et les développeurs qui croient au succès de la technologie développent eux des applications clientes pour les end-users. Stupeflix a besoin de se faire connaitre auprès des développeurs. Pour ce faire, la startup a recruté Jeff Boudier, ancien de Zilok, en charge de l’évangélisation de la plateforme Stupeflix aux États-Unis. La mission consiste principalement à générer de l’enthousiasme autour de la technologie Stupeflix dans le but d’encourager agences et développeurs à bâtir un écosystème profitable autour de l’API Stupeflix. En toute logique, s’il est aussi possible de se mettre d’accord avec des investisseurs Nord-Americains au passage, Stupeflix ne se privera pas. Historiquement, la startup a toujours trouvé une traction beaucoup  plus importante aux États-Unis qu’en France.

Le revers de la médaille, c’est que rien de tout cela n’est a la portée du non-développeur. Pour nous autres analphabètes du json et autres protocoles very Web 2.0, il y la page Stupeflix intégrée à Dailymotion, Stupeflix.tv et le studio Stupeflix.com. Sur Dailymotion, on peut créer une vidéo en uploadant des photos et une musique, ce qui est somme très générique. Stupeflix.tv permet de générer une vidéo à partir de requêtes Flickr et Twitter, ce qui laisse très peu de contrôle sur le rendu de la vidéo. Le studio Stupeflix.com propose quant à lui l’import de photos, l’édition de texte, et l’ajout de musique. Là aussi, l’expérience ne se démarque pas vraiment de ce que l’on connait déjà. Sur le studio Stupeflix.com, une fois la vidéo créée, l’upload à Youtube ou Facebook est gratuit (dans quel cas la vidéo est extrêmement mal indexée). Le téléchargement est payant, s’élevant jusqu’à 8 euros pour la version HD et white-labellisée. 

D’un côté, la plateforme Stupeflix va indéniablement faire parler d’elle dans le milieu du marketing digital. De l’autre, vu que les outils Stupeflix disponibles en ligne n’ajoutent aucune valeur a l’écosystème du Web, la startup passe à côté d’une opportunité en or: Par exemple, si il était donné à un blogueur de générer une vidéo à partir du flux RSS de son blog, une sorte de rendu audiovisuel de titres de billets et de photos d’articles, nous serions alors probablement des milliers à venir créer la vidéo de notre blog afin de l’insérer au-dessus du pli. Pour Stupeflix, c’est on ne peut plus faisable, et cela générerait un buzz d’enfer. Toute startup a besoin d’utilisateurs pour cerner les bugs et peaufiner ses codes. Stupeflix semble vouloir nous dire que developper une communauté d’utilisateurs n’est pas dans ses intérêts, qu’elle préfère gérer la maladresse de ses premiers pas directement avec ses premiers partenaires commerciaux. En écartant la dimension communauté pour se focaliser sur du B2B, Stupeflix s’apparente plus à un nouveau protocole de compression vidéo en ligne, et moins à un nouvel outil de communication. J’ai peut-être un état d’esprit trop Silicon Valley, mais le nombre d’utilisateurs ainsi que la presse positive sont des arguments centraux dans la valorisation d’une startup, et j’ai un peu de mal à identifier si Stupeflix n’exploite pas cette opportunité par timidité ou par arrogance. 

Pariactu parie sur de nouvelles interactions autour de l’information

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En 2008, la Française des Jeux a généré un chiffre d’affaire de 630 millions d’euros sur les pronostiques sportifs (Côte & Match, Loto Foot,…). En 2009, en votant pour la libéralisation des paris sportifs, le Ministère du Budget comptait reprendre le contrôle sur les autres 2-3 milliards d’euros en paris sportifs et gains de poker générés en ligne et en France, somme qui échappait totalement à son contrôle jusqu’alors. Le Français aime pronostiquer et parier, et c’est dans ce contexte qu’a été créé un site qui vous permet de voter sur l’actualité: Pariactu.com. Pariactu a été lance Mardi dernier, avec à sa tête Mehdi Tahri, et pour parrain une célébrité de l’actualité, Patrick Poivre d’Arvor.

Participer à Pariactu n’est pas très compliqué. Le site se compose d’une série de questions sur lesquelles on peut parier: « Paris Hilton va-t-elle annoncer son mariage avant fin Mars? », « Parmi ces programmes diffusés Lundi prochain, lequel réunira le plus de spectateurs? », « Y’aura-t-il des voitures réservées aux femmes seules, le soir, dans les transports de banlieue en Île-de-France? ». Bref, tout ce qui constitue l’essentiel de l’information en France est là, avec à la une des news prêtes à fluctuer au gré de l’opinion des utilisateurs.

À l’encontre de la tendance qui se veut d’anticiper la libéralisation des paris sportifs et jeux de poker, Pariactu est un jeu gratuit sans obligation d’achat: La devise du site est la NEW$, et chaque joueur part avec une somme initiale de 2 000 NEW$. La mise maximale est de 500 NEW$. Vous pouvez gagner des NEW$ supplémentaires en invitant ou en défiant des amis (via email, Facebook). Pariactu récompense aussi chacune de vos visites avec un bonus de 50 NEW$. Cerise sur le gâteau, Pariactu offre des lots allant jusqu’a 1 000 euros aux plus férus de ses utilisateurs.

Mehdi Tahri a déjà quelques plans en tête pour rentabiliser sa plateforme de paris en ligne. Dans un premier temps, Pariactu est disponible en marque blanche. Tout titre de presse peut donc intégrer la technologie Pariactu à son site afin d’approfondir l’interaction avec son contenu et mieux fidéliser son audience. Voici ci-dessous l’exemple d’NRJ qui a cree NRJwin, un site Pariactu brandé NRJ. La mise en place d’un Pariactu cutomisé est très abordable, et Pariactu propose un modèle de partage des revenus publicitaires avec ses partenaires. Sur Pariactu.com, depuis son lancement, 15 à 20% des visiteurs se sont inscrits au service pour participer aux paris, des chiffres de conversion qui peuvent faire baver pas mal de titre de presse en ligne.

nrjwin

Pariactu apporte aussi un brin d’innovation sur le marché en proposant de parier via texto. Le concept est simple: Chaque utilisateur peut s’inscrire pour recevoir par texto des paris dont les gains se traduisent en euro (et non en NEW$). Chaque texto renvoyé à Pariactu est surtaxé, et Pariactu récupère une partie de ce bénéfice.

Finalement, Mehdi Tahri identifie un autre canal de revenu non-exploité pour le moment: Aux côtés de chaque pari se trouve un lien vers un article de presse qui traite du sujet du pari en question, ce qui permet à tout joueur d’affiner sa connaissance d’un fait avant de voter. Si Pariactu.com gagne en popularité, ces liens commenceront à prendre une certaine importance, et Mehdi Tahri n’exclut pas que le choix de la source d’information pourrait se faire de manière financière, et non juste arbitraire. À suivre…

À premier abord, lorsque l’on pense à un système de vote sur l’actualité, Digg vient à l’esprit. Via son système de vote, Digg a créé une source d’information où le bruit est organiquement réduit par l’opinion collective. Si Pariactu parvient à développer une forte communauté d’utilisateurs, le même phénomène d’intelligence collective pourrait se produire. Cependant, Pariactu se base sur la dynamique toute particulière du pari pour créer une participation collective: bluff, contrôle des côtes, noyage, toute stratégie est bonne quand une récompense est à la clé. À travers le prisme du jeu, le reflet de l’actualité se déforme pour adopter les formes du gain, perdant ainsi son essence purement informationnelle.

Je ne catégoriserais donc pas Pariactu.com comme un site d’actualité, mais plutôt un site de divertissement autour de l’actualité. Dans l’écosystème du Web, Pariactu se positionne comme une simple composante sociale nichable au sein de tout site d’actualité cherchant des effets de levier pour faire d’une audience une communauté. Son activité principale se concentrera autour de sa marque blanche. L’agilité de sa plateforme sera un facteur déterminant dans la croissance de son chiffre d’affaires (de toute évidence, tous les titres de presse ne voudront pas intégrer Pariactu de la même manière). Pour le moment, l’objectif de Pariactu est de montrer aux titres de presse que son système de pari permet d’accroitre l’activité sur le site, ce qui se traduit pour le marketeur en potentiel source de revenus complémentaires.

Silentale, un conte qui pourrait faire du bruit

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Il y a quelques mois, Readwriteweb a couvert le lancement de Silentale, un service qui vous permet d’agréger et d’archiver toutes vos conversations en ligne. En plus des fonctionnalités de backup et de recherche universelle, Silentale analyse aussi vos contacts et merge les doublons. Par exemple, si votre collègue de travail se nomme @mimi sur Twitter et midupond sur LinkedIn, Silentale va comprendre qu’il s’agit de la même personne, et va donc merger vos discussions sur Twitter et LinkedIn dans le même fil de conversation. En d’autres termes, nous dispatchons nos conversations en ligne, et Silentale nous les repatche automatiquement.

Agréger l’ensemble de nos discussions numériques sous un même toit est une idée qui a traversé l’esprit de plus d’une personne. Il convient donc de prêter un peu plus d’attention au réel potentiel de croissance de Silentale. Je suis allé m’entretenir avec son PDG, Laurent Fiéral-Pierssens, afin de pousser un peu plus loin la réflexion sur son entreprise.

En termes de confidentialité, il est bien précisé sur le site que ce qui se passe sur Silentale reste sur Silentale. Les connexions d’accès aux différents services de communication (email, Twitter…) se font via OAuth, ce qui nous évite de partager nos identifiants avec Silentale. Techniquement, une fois que toutes nos communications ont pris pour résidence secondaire Silentale, elles sont tout aussi sécurisées que sur Gmail ou Linkedin. Cependant, pour l’utilisateur non-technique, il faut plus qu’un OAuth (terme qu’il ne comprend pas) pour apaiser les peurs liées au partage de données confidentielles en ligne.

Pour illustrer cette problématique, je me permettrai de rapporter des propos que j’ai échangé avec Freddy Mini de Netvibes. Je lui avais demande ce qu’il pensait de PageOnce, le service qui vous donne accès a toutes vos activités financières sur une seule page: facture d’électricité, de téléphone, de carte de crédit, points ciel, compte bancaire… Le PDG de Netvibes applaudissait la réalisation technologique du produit (dont le concept d’utilisation est proche de celui de Netvibes), mais son two-cents était qu’un service nécessitant un partage de confidentialité ne peut provenir que d’une marque forte, en laquelle les utilisateurs ont confiance avant même de tester le service (comme Netvibes ;).

Avec Silentale, il n’est pas question de partage de compte bancaire, mais il est possible que des infos tout aussi sensibles trainent sur un email ou un texto. Ceci démontre effectivement que Silentale fait face a une problématique de marque centrale a son développement…

Silentale a développé un système de permutation qui permet de repérer une même identité derrière différents profils sociaux. Au niveau de la concurrence, plusieurs autres applications apportent leurs solutions au problème, dont Xobni. Xobni est une application pour Outlook qui, tout comme Silentale, identifie les différents profils sociaux de vos interlocuteurs, et vous offrent une vision plus globale sur vos communications. Xobni a 3 millions d’utilisateurs (pour 100 millions d’utilisateurs Outlook), ce qui valide l’existence d’un marché demandeur. Laurent Fieral-Pierssens explique que l’énorme différenciateur entre Xobni et Silentale, c’est que son entreprise héberge ses données dans le cloud, ce qui multiplie exponentiellement le potentiel d’exploitation de ces données. Je me suis donc permis de contacter Matt Brezina, PDG de Xobni, en lui demandant si son entreprise avait préparé sa migration dans le cloud, et il m’a répondu « we haven’t announced yet » (bluff?). Leur première application mobile (pour Blackberry) est en alpha depuis presque un an.

Il se peut effectivement que Xobni n’entre jamais en compétition frontale avec Silentale, mais cet exemple illustre fort bien comment, dans ce marché en particulier, un produit indirectement concurrent représente tout de même une menace directe. C’est presque sûr que Xobni a migré vers le cloud puisque la plupart des spécialistes pouvaient anticiper que Microsoft les bougerait un jour de leur petit Outlook douillé…

Silentale met à disposition des développeurs une interface programmable (API) qui leur permet de développer des applications alimentées par les données de Silentale. Afin de lancer la mécanique, Silentale a développé deux extensions Firefox. Une des applications Firefox permet de reconnaitre vos contacts derrière n’importe quel profil social (LinkedIn, Plaxo, Friendfeed, Facebook, Salesforce…) sur lequel vous naviguez. Une fois le contact identifié, ses données s’affichent dans la sidebar du navigateur, suivi des dernières communications que vous avez eu avec cette personne. Cette extension est un bel exemple du potentiel derrière Silentale.

Une application mobile tourne en alpha sur les iPhone des membres de l’équipe Silentale, mais il n’y a pas de date de lancement officiel. La composante mobile est critique pour Silentale, car c’est celle-ci même qui va permettre d’intercepter et de storer nos sms (et probablement plus).

L’API Silentale est le relais d’échange le plus stratégique de la startup. Comme j’argumentais plus haut, Silentale fait face à une problématique de marque liée au partage de données confidentielles. Une solution à cela consiste à aller chercher des partenariats avec des grands fournisseurs de service déjà bien établi, et offrir d’intégrer Silentale à leurs solutions de communication. Pour garantir la mise en place de partenariats stratégiques, Laurent Fiéral-Pierssens a mis sur pied une équipe d’experts qui ont tous occupés des rôles directionnels au sein d’entreprises telles que Netscape, AOL ou Yahoo. Une telle stratégie s’inscrit dans la durée, et pour tenir, Silentale va avoir besoin de cash. En termes d’investissements, tout ce que le PDG de Silentale a voulu me confier est que le lancement de Silentale est financé par des business angels européens et nord-américains, et que l’entreprise est à l’œuvre pour organiser une nouvelle levée de fonds.

Il est aujourd’hui impossible de pronostiquer ce que l’avenir réserve pour Silentale. Son succès dépendra de sa flexibilité à répondre aux besoins et aux menaces du marché, aux types de partenariats que la startup réussira à concrétiser, ainsi qu’à la mise en évidence d’une plus-value dans l’écosystème du Web qui ne pourra être attribuable à personne d’autre que Silentale. Par exemple, avec les données hébergés chez Silentale, un commercial pourrait analyser le rôle qu’occupe chaque outil de communication dans son processus de vente. Silentale pourrait mettre en évidence le fait que sur 100 prospects, 65 ont été contactés pour la première fois sur Twitter, et 80 ont donné un accord d’achat via email, mais peut être que ces 60 sur ces 80 ont donné leur accord d’achat via email uniquement après avoir connecté et communiqué via LinkedIn… En storant nos données, Silentale s’offre le potentiel de mieux organiser nos communications, mais aussi de mieux nous faire comprendre les dynamiques interactionnelles en jeu dans nos communications numériques. Indéniablement, beaucoup de personnes paieraient pour ce genre de service.

Dismoioù : hyperpersonnel = hyperlocal + hypersocial

dismoiou

Créée en 2007 à Paris,  la startup Dismoiou s’est donnée pour mission de vous recommander les lieux que vous aimerez découvrir. Sur iPhone, le compteur de téléchargement de l’application Dismoiou a dépassé la barre des 500 000. Fin Décembre 2009, le fondateur d’Entreparticuliers.com a investi 550 000 euros dans la startup afin de consolider sa présence en France et envisager son déploiement à l’international. En couplant son moteur de recommandation personnalisé avec sa composante mobile, Dismoiou s’est retrouvé l’un des seuls acteurs français à cartonner dans la nouvelle tendance du Web geolocalisé. Cette tendance s’est déjà bien affirmée dans certains pays, ou des applications concurrentes à Dismoiou déploient déjà des réseaux massifs d’utilisateurs. Un choc de titans est à prévoir lorsque cette tendance prendra plus d’ampleur, et il est bon de se demander quel poids Dismoiou fait dans la balance.

Pour générer informatiquement des recommandations personnalisées, Dismoiou part du principe suivant: hyperpersonnel = hyperlocal + hypersocial. Ça parait compliqué mais au fait, c’est hypersimple!

Durant votre inscription au service, Dismoiou apprend à vous connaitre en vous faisant noter des commerces du quartier ou vous résidez (donc que vous connaissez probablement). Dismoiou vous demande ensuite de connecter votre compte à Facebook pour retrouver vos amis qui possèdent déjà un compte. A cette étape du processus, Dimsoiou est prêt à vous recommander des lieux que vous aimerez probablement. Plus vous utiliserez Dismoiou, plus le système vous connaitra et vous recommandera ce que vous aimez.

Dismoiou est un moteur de recherche. Les résultats de recherche incluent dans leur algorithme vos préférences, celles de vos amis, celles d’autres personnes sur le réseau Dismoiou, ainsi que l’endroit ou vous êtes. C’est à l’issue d’un savant calcul de probabilités que Dismoiou recommande des lieux en ligne avec vos attentes. Chaque lieu possède une page dédiée contenant informations et opinions de consommateurs. Vous pouvez partager votre opinion en cliquant le smiley face approprié, ou en écrivant un commentaire.  Vous pouvez également cocher une case « je veux tester » afin de bookmarker vos envies. Le propriétaire d’un lieu peut facilement s’identifier à Dismoiou afin de prendre le contrôle de sa page.

L’objectif de Dismoiou n’est pas de remplacer les pages jaunes, mais plutôt d’apporter un service à forte valeur ajoutée lors de vos déplacements: Via son application iPhone, vous pouvez vous connecter au service on the go, et découvrir en quelques secondes une liste d’endroits recommandés tout particulièrement pour vous. L’option Twitter est intégrée à l’application, ce qui permet de tweeter directement le lieu ou l’on se trouve.

En plus du contrôle de leur page, les propriétaires de lieu peuvent aussi faire de la publicité dans l’ensemble du réseau Dismoiou (Web et mobile) via la distribution de coupons de réduction. Lorsque vous ouvrez Dismoiou sur votre mobile, en plus de recommandations personnalisées, Dismoiou vous propose des plans reduc’. Si vous désirez en profiter, présentez simplement votre téléphone affichant le bon de réduction, et le tour est joué. Si vous ne faites pas partie de la foule smartphone, vous pouvez imprimer le bon de réduction a partir du site Web, et le présenter sur papier au commerçant. Dismoiou a mis en place un système qui permet de vérifier l’utilisation d’un bon de réduction par un utilisateur, et offre ainsi aux professionnels un modèle de paiement PPA (pay per acquisition).

Aujourd’hui, 500 professionnels utilisent déjà Dismoiou. La startup n’a pas encore deployé les grands moyens pour multiplier ce chiffre. L’équipe concentre ses énergies de startup sur le développement d’un bon produit avant d’ouvrir le chapitre force de vente. Cependant, la pression monte pour Dismoiou : On commence à voir arriver en France des applications mobiles qui pourraient bien lui voler la vedette.

Foursquare représente  une menace: Grâce à sa composante gaming, Foursquare a bâti un vaste réseau d’utilisateurs qui se check-in partout où ils vont, et cela va faire quelques mois déjà que son déploiement international a commencé. Yelp représente aussi une ombre sur le tableau: Présent à Londres mais pas encore à Paris, la boîte californienne est connue pour la puissance de son déploiement commercial. Qype n’est pas encore à la page au niveau mobile, mais la force de sa marque en France peut lui permettre de vite réagir aux changements du marché. Pour son déploiement international, Dismoiou a d’ors-et-déjà créé TellMeWhere, la version anglophone du site français. Il suffit aujourd’hui d’un push marketing pour faire monter les taux d’adoption de TellMeWhere à l’étranger.

Ce qui garantit à Dismoiou de rester dans la course pour le moment, c’est ce qu’il y a sous le capot: Sa base de données d’adresses est alimentée par Google Local Search, et sa base de données utilisateurs est enrichie par Facebook Connect. Les créateurs de la startup (Romain Ehrhard et Gilles Barbier, photo) viennent de Mappy et du monde du GPS. Dans l’univers du Web, formuler une recommandation personnalisée reste encore un art plus qu’une science, et il faut reconnaitre que dans ce domaine, Dismoiou manie très bien le pinceau. Alors, si vous vous posiez des questions sur le potentiel de Dismoiou vis-à-vis de la concurrence internationale, à la vue de ces données, la startup fait le poids au niveau technologique : Architecture agile, ergonomie intuitive, et une équipe talentueuse. Cependant, l’argumentaire commercial n’est pas encore mature, ce qui fait défaut à Dismoiou qui se doit certes de peaufiner sa plateforme, mais qui se doit aussi de bâtir ses remparts pour anticiper l’arrivée des envahisseurs.